
Les Procès de Nuremberg constituent le premier tribunal militaire international de l'histoire, jugeant les principaux dirigeants nazis pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes contre la paix. Douze accusés sont condamnés à mort, établissant le principe fondamental que les individus sont responsables de leurs actes même lorsqu'ils obéissent à des ordres supérieurs.
L'idée de juger les dirigeants nazis émerge progressivement au cours de la guerre. Dès 1942, les gouvernements alliés créent la Commission des Nations unies pour les crimes de guerre. La Déclaration de Moscou d'octobre 1943, signée par Roosevelt, Churchill et Staline, annonce que les criminels de guerre seront jugés dans les pays où ils ont commis leurs crimes, tandis que les « grands criminels » dont les actes n'ont pas de localisation géographique précise seront jugés par un tribunal international. Churchill préfère initialement l'exécution sommaire des principaux dirigeants nazis, mais les Américains et les Soviétiques insistent sur un procès formel. Le secrétaire à la Guerre américain Henry Stimson et le procureur Robert H. Jackson plaident pour un procès qui établirait un précédent juridique historique. La Charte de Londres, signée le 8 août 1945 par les quatre puissances alliées (États-Unis, Royaume-Uni, URSS, France), crée le Tribunal Militaire International et définit quatre chefs d'accusation : complot, crimes contre la paix, crimes de guerre et crimes contre l'humanité — cette dernière catégorie étant une innovation juridique majeure. Nuremberg est choisie comme lieu du procès pour sa valeur symbolique (ville des grands rassemblements nazis) et parce que son Palais de Justice est l'un des rares bâtiments encore debout en Allemagne.
Le procès s'ouvre le 20 novembre 1945 devant un tribunal composé de quatre juges titulaires et quatre suppléants représentant les quatre puissances alliées. Le juge britannique Geoffrey Lawrence préside les audiences. Vingt-quatre accusés sont inculpés, représentant les sphères politique, militaire, économique et idéologique du régime nazi. Parmi les plus notables : Hermann Göring (numéro deux du Reich), Rudolf Hess (adjoint d'Hitler), Joachim von Ribbentrop (ministre des Affaires étrangères), Albert Speer (ministre de l'Armement), Wilhelm Keitel et Alfred Jodl (chefs militaires). Le procureur en chef américain Robert H. Jackson prononce un réquisitoire d'ouverture magistral, déclarant que « le vrai plaignant à la barre de ce tribunal est la Civilisation ». L'accusation s'appuie sur une montagne de preuves documentaires — les nazis ayant méticuleusement archivé leurs propres crimes. Les films des camps de concentration, projetés dans la salle d'audience, choquent le monde entier. Le procès dure 218 jours de séances, au cours desquels 236 témoins sont entendus et 300 000 déclarations sous serment sont recueillies. Les stratégies de défense varient : certains accusés plaident l'ignorance, d'autres invoquent l'obéissance aux ordres supérieurs, Göring défend le régime avec arrogance, tandis que Speer admet une responsabilité partielle. Le 1er octobre 1946, le tribunal rend son verdict : douze condamnations à mort par pendaison, trois acquittements, trois condamnations à la prison à vie et quatre peines de prison.
Les exécutions ont lieu le 16 octobre 1946 dans le gymnase de la prison de Nuremberg. Dix des douze condamnés à mort sont pendus ; Göring se suicide en avalant une capsule de cyanure quelques heures avant son exécution, et Martin Bormann est condamné par contumace (son corps ne sera identifié qu'en 1972). Les corps sont incinérés et les cendres dispersées dans l'Isar pour empêcher toute création de lieu de pèlerinage nazi. Les Procès de Nuremberg sont suivis de douze procès subséquents (les Procès de Nuremberg ultérieurs, 1946-1949) jugeant des médecins (procès des médecins), des juristes, des industriels (Krupp, IG Farben), des officiers (Einsatzgruppen) et des hauts fonctionnaires. Ces procès établissent le « Code de Nuremberg » sur l'éthique médicale, interdisant les expérimentations sur des sujets humains sans consentement. Les principes de Nuremberg, adoptés par la Commission du droit international de l'ONU en 1950, établissent que les crimes internationaux engagent la responsabilité individuelle et que l'obéissance aux ordres ne constitue pas une défense valable. Ces principes fondent le droit pénal international moderne et mènent à la création du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (1993), pour le Rwanda (1994), et finalement de la Cour pénale internationale permanente de La Haye (2002).
Les Procès de Nuremberg représentent un moment fondateur du droit international, mais ils ne sont pas exempts de critiques. La principale objection est celle de la « justice des vainqueurs » : les juges et procureurs représentent exclusivement les puissances victorieuses, et certains crimes comparables commis par les Alliés — les bombardements de zone sur les villes allemandes, les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, le massacre de Katyn par les Soviétiques — ne sont pas examinés. La présence d'un juge soviétique est particulièrement problématique, l'URSS de Staline ayant commis des crimes de masse comparables à ceux jugés. Le principe de non-rétroactivité du droit est également contesté : les accusés sont jugés pour des crimes — notamment les « crimes contre l'humanité » — qui n'étaient pas définis juridiquement au moment de leur commission. Les défenseurs des procès répondent que les actes jugés étaient clairement contraires au droit international existant (conventions de La Haye et de Genève) et aux principes fondamentaux de la conscience humaine. Le juge Jackson admet que « la mesure dans laquelle ces nations s'en remettent au droit de la raison et non au droit de la force déterminera si nous aurons la paix ». Malgré ces imperfections, Nuremberg établit le précédent essentiel que les dirigeants politiques et militaires ne sont pas au-dessus du droit international, un principe qui continue de façonner l'ordre juridique mondial.
Les Procès de Nuremberg sont parmi les événements les mieux documentés de l'histoire. Les transcriptions intégrales du procès, publiées en 42 volumes sous le titre « Trial of the Major War Criminals before the International Military Tribunal », sont accessibles en ligne. Le journal du psychologue américain Gustave Gilbert, qui s'entretenait quotidiennement avec les accusés, offre un aperçu singulier de leur psychologie (« Nuremberg Diary », 1947). Les mémoires du procureur Telford Taylor (« The Anatomy of the Nuremberg Trials ») constituent une référence juridique incontournable. Le film documentaire « Les Derniers Jours de Nuremberg » et les archives filmées du procès préservent un témoignage visuel extraordinaire. Le Mémorial de Nuremberg, inauguré dans le Palais de Justice même où se tinrent les procès, accueille 100 000 visiteurs par an. Les archives de l'Université de Harvard et du Musée de l'Holocauste à Washington conservent des collections majeures. L'ouvrage de l'historienne française Annette Wieviorka (« Le Procès de Nuremberg ») et celui de Joseph Persico (« Nuremberg: Infamy on Trial ») offrent des synthèses accessibles et rigoureuses. Les archives nationales américaines ont numérisé des milliers de documents originaux du procès.
Les procès de Nuremberg se déroulèrent du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946 devant le Tribunal Militaire International. Vingt-quatre dirigeants nazis furent inculpés ; le tribunal prononça douze condamnations à mort par pendaison, dont celles de Hermann Göring et Joachim von Ribbentrop, trois condamnations à la prison à vie, quatre peines de prison et trois acquittements.
Les procès de Nuremberg établirent que les individus sont personnellement responsables de leurs actes même lorsqu'ils obéissent à des ordres supérieurs. Les Principes de Nuremberg, adoptés par la Commission du droit international de l'ONU en 1950, fondèrent le droit pénal international moderne et menèrent à la création de la Cour pénale internationale de La Haye en 2002.
Nuremberg fut choisie pour sa valeur symbolique : c'était la ville des grands rassemblements nazis où le régime avait mis en scène sa puissance. Son Palais de Justice était l'un des rares bâtiments encore debout en Allemagne. Juger les crimes du régime dans la ville même de ses célébrations donnait au tribunal une portée politique et morale supplémentaire.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

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