
Les conférences de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945) réunissent les Trois Grands — Churchill/Attlee, Roosevelt/Truman et Staline — pour redessiner la carte du monde d'après-guerre. Ces rencontres décisives mènent à la création de l'ONU, à la division de l'Allemagne et plantent les germes de la Guerre froide.
Au début de l'année 1945, la victoire alliée en Europe est certaine mais pas encore acquise. L'Armée rouge avance irrésistiblement depuis l'est, ayant libéré la Pologne, la Roumanie et la Hongrie, tandis que les forces anglo-américaines franchissent le Rhin à l'ouest. La question n'est plus de savoir si l'Allemagne sera vaincue, mais comment le monde d'après-guerre sera organisé. Les Trois Grands — Franklin Roosevelt, Winston Churchill et Joseph Staline — se sont déjà rencontrés à Téhéran en novembre 1943, mais les enjeux sont désormais infiniment plus concrets. Roosevelt est affaibli par la maladie et mourra deux mois après Yalta. Churchill, lucide sur la menace soviétique, manque de poids face aux réalités militaires sur le terrain : l'Armée rouge occupe physiquement l'Europe de l'Est. Staline, en position de force, entend bien obtenir une zone tampon de pays satellites entre l'URSS et l'Occident, tirant les leçons des deux invasions dévastatrices subies par la Russie en trente ans.
La conférence de Yalta se tient du 4 au 11 février 1945 dans le palais de Livadia en Crimée. Les Trois Grands s'accordent sur plusieurs points majeurs : l'Allemagne sera divisée en zones d'occupation, un tribunal international jugera les criminels de guerre nazis, l'URSS s'engage à entrer en guerre contre le Japon dans les trois mois suivant la capitulation allemande, et une conférence fondatrice des Nations Unies se tiendra à San Francisco en avril 1945. La « Déclaration sur l'Europe libérée » promet des élections libres dans les pays libérés — une promesse que Staline n'honorera jamais. La question polonaise est la plus épineuse : les frontières sont redessinées vers l'ouest aux dépens de l'Allemagne, et un gouvernement d'unité nationale est promis. À Potsdam, du 17 juillet au 2 août 1945, la donne a changé : Roosevelt est mort, remplacé par Truman qui se montre plus ferme avec Staline. Churchill est remplacé en cours de conférence par Clement Attlee après la victoire travailliste aux élections britanniques. Les accords de Potsdam confirment la division de l'Allemagne en quatre zones, fixent les réparations de guerre et établissent le principe de la dénazification.
Les conséquences des conférences de Yalta et Potsdam façonnent l'ordre mondial pour les quarante-cinq années suivantes. La division de l'Allemagne en zones d'occupation mène à la création de deux États allemands en 1949 : la République fédérale d'Allemagne (RFA) à l'ouest et la République démocratique allemande (RDA) à l'est. Berlin, enclavée en zone soviétique, est elle-même divisée, préfigurant le Mur de 1961. Les Nations Unies, fondées à San Francisco en juin 1945 avec le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité négocié à Yalta, deviennent le pilier de la diplomatie internationale. En Europe de l'Est, Staline installe progressivement des régimes communistes en Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie et Bulgarie, violant l'esprit sinon la lettre des accords de Yalta. Les transferts de population décidés à Potsdam entraînent l'expulsion de 12 à 14 millions d'Allemands d'Europe de l'Est, l'un des plus grands déplacements forcés de l'histoire. Les procès de Nuremberg, prévus à Yalta, établissent le principe révolutionnaire de la responsabilité pénale individuelle pour crimes contre l'humanité.
L'analyse historique des conférences de Yalta et Potsdam reste l'un des sujets les plus débattus de l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale. Les critiques accusent Roosevelt d'avoir « vendu » l'Europe de l'Est à Staline par naïveté ou faiblesse physique. Ses défenseurs rétorquent que l'Armée rouge occupait déjà ces territoires et qu'aucune concession diplomatique n'aurait changé les intentions soviétiques sans une confrontation militaire que personne ne souhaitait. Churchill, souvent présenté comme le plus lucide des Trois, avait lui-même négocié l'« accord des pourcentages » avec Staline en octobre 1944, divisant cyniquement l'Europe du Sud-Est en sphères d'influence. À Potsdam, Truman dispose d'un atout que Roosevelt n'avait pas : la bombe atomique, testée avec succès la veille de l'ouverture de la conférence. Cette arme nouvelle modifie subtilement les rapports de force mais ne résout pas la question fondamentale : comment coexister avec une superpuissance soviétique expansionniste. Le authentique héritage des deux conférences est la bipolarisation du monde qui en découle, un ordre à la fois dangereux et paradoxalement stable qui ne s'effondrera qu'avec le Mur de Berlin en 1989.
Les archives des conférences de Yalta et Potsdam sont abondamment documentées par les trois puissances participantes. Les « Foreign Relations of the United States » (FRUS) publient les procès-verbaux détaillés des sessions plénières et des réunions bilatérales du côté américain. Les archives britanniques du Cabinet Office et du Foreign Office, déclassifiées progressivement, offrent la perspective de Churchill et de la délégation britannique. Les archives soviétiques, partiellement ouvertes après 1991, révèlent la stratégie de négociation de Staline et de Molotov. Parmi les ouvrages de référence, « Diplomacy » d'Henry Kissinger analyse les conférences dans le contexte plus large de l'équilibre des puissances. « Yalta: The Price of Peace » de S. M. Plokhy (2010) offre une analyse détaillée et équilibrée de la conférence de Crimée. Les mémoires de Churchill (« Triumph and Tragedy ») et ceux de Truman présentent les perspectives personnelles des dirigeants occidentaux. Les travaux de l'historien russe Vladimir Pechatnov, utilisant les archives soviétiques, éclairent les calculs de Staline. Le musée de la conférence de Potsdam au Cecilienhof conserve les lieux historiques et une exposition permanente sur les négociations.
La conférence de Yalta s'est tenue du 4 au 11 février 1945 au palais de Livadia en Crimée avec Roosevelt, Churchill et Staline. La conférence de Potsdam a eu lieu du 17 juillet au 2 août 1945 au Cecilienhof près de Berlin. Churchill a été remplacé en cours de conférence par Clement Attlee après la victoire travailliste, et Roosevelt était décédé en avril : son successeur Harry Truman le représentait.
À Yalta, les Trois Grands ont décidé de diviser l'Allemagne en zones d'occupation, de créer un tribunal international pour juger les criminels de guerre nazis (les futurs procès de Nuremberg), et de fonder l'ONU à San Francisco en avril 1945. Staline s'est engagé à déclarer la guerre au Japon dans les trois mois suivant la capitulation allemande. La « Déclaration sur l'Europe libérée » promettait des élections libres — une promesse que Staline n'a pas respectée.
Roosevelt, affaibli par la maladie à Yalta (il mourrait le 12 avril 1945), a fait des concessions sur la Pologne et l'Europe de l'Est. Les frontières polonaises ont été redéfinies sans consultation du gouvernement polonais en exil. Les défenseurs de Roosevelt répondent que l'Armée rouge occupait déjà ces territoires et qu'aucune concession diplomatique n'aurait pu changer les intentions soviétiques sans déclencher un nouveau conflit que personne ne souhaitait.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

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Attaque de Pearl Harbor
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Le Jour J — Débarquement en Normandie
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Capitulation de l'Allemagne
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