
La Conférence de Téhéran est la première rencontre des trois grands dirigeants alliés — Roosevelt, Churchill et Staline — durant la Seconde Guerre mondiale. C'est lors de cette conférence que la décision cruciale de lancer l'opération Overlord (le Jour J) est confirmée, fixant le débarquement en Normandie pour mai 1944.
Fin 1943, la guerre a atteint un tournant décisif. Les Soviétiques ont remporté la bataille de Stalingrad (février 1943) et la bataille de Koursk (juillet 1943), reprenant définitivement l'initiative sur le front de l'Est. En Méditerranée, les Alliés ont débarqué en Sicile (juillet 1943) et en Italie (septembre 1943), contraignant Mussolini à la chute. Dans le Pacifique, les Américains progressent lentement d'île en île. Cependant, Staline exige depuis 1942 l'ouverture d'un « second front » en Europe occidentale pour soulager l'immense pression sur l'Armée rouge. Churchill, échaudé par le désastre de Gallipoli en 1915, préfère une stratégie périphérique — attaquer l'Axe par les Balkans et la Méditerranée plutôt qu'un assaut frontal à travers la Manche. Roosevelt, plus pragmatique, comprend que la coopération avec Staline est essentielle pour l'après-guerre. Les tensions entre les trois Alliés sont considérables : Staline soupçonne les Anglo-Saxons de retarder délibérément le second front pour laisser les Soviétiques s'épuiser contre les Allemands. La rencontre de Téhéran, après des mois de négociations sur le lieu, est choisie car c'est le point le plus occidental où Staline accepte de se rendre, invoquant la nécessité de rester en contact avec le Stavka.
La conférence se déroule du 28 novembre au 1er décembre 1943 dans l'ambassade soviétique à Téhéran, Roosevelt ayant accepté l'offre de Staline d'y résider pour des raisons de sécurité — une décision qui permet aussi aux Soviétiques d'espionner les conversations du président américain. Les discussions portent sur trois sujets majeurs. D'abord, l'opération Overlord : Staline insiste pour une date ferme, Churchill tergiverse en proposant des opérations en Méditerranée orientale, mais Roosevelt tranche en faveur de Staline. Overlord est confirmé pour mai 1944, avec un débarquement simultané dans le sud de la France (opération Dragoon). En contrepartie, Staline promet une offensive soviétique massive coordonnée avec Overlord pour empêcher les Allemands de transférer des divisions vers l'ouest. En second lieu, le sort de l'Allemagne d'après-guerre : Roosevelt propose de démembrer l'Allemagne en cinq États autonomes, tandis que Staline et Churchill discutent de zones d'occupation. Le plan Morgenthau de désindustrialisation de l'Allemagne est évoqué. De plus, Staline s'engage à déclarer la guerre au Japon après la défaite de l'Allemagne, une promesse cruciale pour les Américains. La question polonaise est abordée : Staline impose le déplacement de la frontière polonaise vers l'ouest, compensant les territoires orientaux annexés par l'URSS par des territoires allemands.
La Conférence de Téhéran produit des résultats militaires et politiques majeurs. Sur le plan militaire, la confirmation d'Overlord pour mai 1944 met fin à des mois d'incertitude stratégique. Le général Eisenhower est nommé commandant suprême des forces alliées en Europe pour diriger l'opération. L'engagement soviétique de lancer une offensive coordonnée se concrétise par l'opération Bagration (juin 1944), qui détruit le Groupe d'armées Centre allemand et constitue la plus grande défaite militaire de l'histoire de l'Allemagne. La promesse soviétique de déclarer la guerre au Japon se réalise le 8 août 1945, contribuant à la capitulation japonaise. Sur le plan politique, Téhéran dessine les contours de l'ordre mondial d'après-guerre. La proposition de Roosevelt pour une organisation internationale de maintien de la paix — qui deviendra l'ONU — reçoit l'appui de Staline. Cependant, les accords de Téhéran contiennent aussi les germes de la Guerre froide : le sacrifice de la Pologne (déplacement des frontières sans consultation du gouvernement polonais en exil), la division de l'Europe en sphères d'influence et la dynamique personnelle entre les trois dirigeants révèlent les tensions qui éclateront après la victoire. Roosevelt, convaincu de pouvoir « gérer » Staline par la diplomatie personnelle, sous-estime la détermination soviétique à dominer l'Europe de l'Est.
La Conférence de Téhéran est la première des trois grandes conférences alliées (Téhéran, Yalta, Potsdam) qui façonnent le monde d'après-guerre. Elle révèle la dynamique complexe entre les « Trois Grands ». Roosevelt joue un jeu dangereux : il se distancie délibérément de Churchill pour gagner la confiance de Staline, allant jusqu'à se moquer publiquement du Premier ministre britannique lors des dîners. Churchill, conscient que la Grande-Bretagne perd de l'influence face aux deux superpuissances émergentes, tente de préserver les intérêts impériaux britanniques en Méditerranée et dans les Balkans. Staline, le plus expérimenté des trois en matière de Realpolitik, obtient presque tout ce qu'il veut : un second front en France plutôt que dans les Balkans (ce qui lui laisse le champ libre en Europe de l'Est), la reconnaissance implicite d'une sphère d'influence soviétique à l'est, et le déplacement des frontières polonaises. La célèbre phrase de Churchill — « Je me retrouvais assis entre un grand ours russe avec ses griffes étendues d'un côté et un grand buffle américain de l'autre » — résume bien sa position inconfortable. Téhéran marque le moment où l'alliance anglo-américaine cède la place à un monde bipolaire dominé par les États-Unis et l'URSS. Les décisions prises dans la chaleur de la guerre façonnent la géopolitique mondiale pour les cinquante années suivantes.
Les sources sur la Conférence de Téhéran comprennent les procès-verbaux officiels des séances plénières et des réunions bilatérales, publiés dans la série « Foreign Relations of the United States » (FRUS) du Département d'État américain. Les archives britanniques du Cabinet Office et du Foreign Office, déclassifiées progressivement, offrent la perspective de Churchill et d'Eden. Les archives soviétiques, partiellement ouvertes après 1991, révèlent les objectifs et les tactiques de Staline. Les mémoires des participants sont essentielles : Churchill consacre un volume entier à la conférence dans « Closing the Ring » (1951), Roosevelt n'a pas laissé de mémoires mais ses papiers personnels sont conservés à la bibliothèque présidentielle de Hyde Park, et les notes de Charles Bohlen, interprète de Roosevelt, sont une source directe précieuse. Parmi les ouvrages de référence, « Summits » de David Reynolds et « Roosevelt and Stalin » de Susan Butler analysent les dynamiques personnelles entre les dirigeants. L'ouvrage de Keith Eubank (« Summit at Tehran ») offre une reconstitution détaillée jour par jour. Les photographies officielles de la conférence, notamment le célèbre portrait des trois dirigeants assis côte à côte sur le perron de l'ambassade soviétique, sont parmi les images les plus iconiques de la Seconde Guerre mondiale.
La Conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943) a confirmé le lancement de l'opération Overlord pour mai 1944, accompagnée d'un débarquement simultané dans le sud de la France (opération Dragoon). Staline a obtenu cette décision en exigeant une date ferme pour le second front occidental. En échange, l'URSS s'est engagée à lancer une offensive coordonnée pour empêcher l'Allemagne de transférer ses divisions vers l'ouest.
Les Trois Grands étaient Franklin D. Roosevelt (États-Unis), Winston Churchill (Royaume-Uni) et Joseph Staline (URSS). Téhéran a été choisi car c'était le point le plus occidental où Staline acceptait de se rendre, invoquant la nécessité de rester en contact avec le Stavka (commandement soviétique). Roosevelt a accepté de résider à l'ambassade soviétique, ce qui permettait aux Soviétiques d'écouter ses conversations.
Oui. À Téhéran, Staline a obtenu un second front en France plutôt que dans les Balkans, lui laissant les mains libres en Europe de l'Est. La question polonaise a été réglée par un déplacement des frontières sans consultation du gouvernement polonais en exil. Roosevelt s'est rapproché de Staline en se distançant de Churchill, sous-estimant la détermination soviétique à dominer l'Europe de l'Est. Ces décisions ont préfiguré la division du continent pour les cinquante années suivantes.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Invasion de la Pologne
L'invasion de la Pologne par l'Allemagne nazie le 1er septembre 1939 déclenche la Seconde Guerre mondiale. En à peine cinq semaines, les forces allemandes et soviétiques écrasent l'armée polonaise, appliquant pour la première fois à grande échelle la doctrine de la Blitzkrieg.

Attaque de Pearl Harbor
L'attaque surprise japonaise contre la base navale américaine de Pearl Harbor le 7 décembre 1941 provoque l'entrée en guerre des États-Unis. Cet événement transforme un conflit essentiellement européen en une concret guerre mondiale et scelle à terme le sort des puissances de l'Axe.

Le Jour J — Débarquement en Normandie
Le 6 juin 1944, la plus grande opération amphibie de l'histoire débarque 156 000 soldats alliés sur les plages de Normandie. Le Jour J ouvre un second front en Europe de l'Ouest et marque le début de la libération de la France et de l'Europe occidentale du joug nazi.

Capitulation de l'Allemagne
Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie capitule sans conditions, mettant fin à la guerre en Europe après près de six ans de conflit. Cet événement, célébré comme le « Jour de la Victoire en Europe » (V-E Day), marque la chute du Troisième Reich et le début d'une nouvelle ère géopolitique.