
Rajasaurus
Le Rajasaurus vivait au Crétacé supérieur, il y a environ 70 à 66 millions d'années, durant l'étage Maastrichtien. L'Inde de cette époque était une île-continent dérivant vers le nord, séparée de tous les autres continents. Les volcans des Trapps du Deccan commençaient leurs éruptions massives qui allaient couvrir une immense surface de lave. Le Rajasaurus était le superprédateur dominant du sous-continent indien durant les derniers millions d'années du Crétacé, un abélisauridé qui témoigne des liens paléogéographiques entre l'Inde, Madagascar et l'Amérique du Sud.
Le Rajasaurus mesurait entre 6,5 et 7 mètres de long pour un poids estimé entre 700 kilogrammes et 1 tonne. Son crâne mesurait environ 60 centimètres de long, avec un museau court et arrondi caractéristique des abélisauridés. Sa caractéristique la plus distinctive était une corne nasale basse et arrondie, moins proéminente que celle de certains de ses parents mais suffisamment notable pour lui valoir son nom signifiant « roi des lézards ». Son corps était robuste et compact, monté sur des pattes arrière puissantes mais relativement courtes.
Le Rajasaurus était un prédateur carnivore qui se nourrissait des herbivores de l'écosystème indien du Crétacé supérieur, principalement des titanosaures comme l'Isisaurus et le Jainosaurus. Ses dents robustes et légèrement recourbées étaient adaptées pour saisir et déchirer la chair plutôt que pour la trancher finement. Sa force de morsure, bien que moindre que celle des tyrannosaures, était considérable pour un prédateur de sa taille. Comme d'autres abélisauridés, il pouvait compléter son régime par la consommation de charognes, profitant des carcasses de grands sauropodes morts naturellement.
Le Rajasaurus habitait les environnements fluviaux et lacustres de la Formation de Lameta, dans la région du Gujarat, dans l'ouest de l'Inde. Ce paysage comprenait des plaines alluviales avec des rivières saisonnières, des lacs et une végétation de conifères et de palmiers. Le climat était chaud et tropical avec des saisons marquées. L'activité volcanique naissante des Trapps du Deccan commençait à modifier l'environnement. L'écosystème était dominé par les titanosaures et incluait des crocodiliens, des serpents et des mammifères primitifs. La Formation de Lameta est également connue pour ses nombreux nids de dinosaures.
L'anatomie du Rajasaurus est typique des abélisauridés avec des traits distinctifs indiens. Son crâne court et haut portait une corne frontale-nasale basse et arrondie, composée d'os frontaux épaissies. Ses bras étaient extrêmement réduits et non fonctionnels, encore plus vestigiaux que ceux des tyrannosaures. En compensation, ses pattes postérieures étaient robustes et musclées. Sa colonne vertébrale était robuste, avec des vertèbres cervicales courtes et massives. Comme les autres abélisauridés, sa mâchoire inférieure était plus haute à l'avant qu'à l'arrière, lui donnant un profil facial « bulldog » caractéristique.
Le Rajasaurus était probablement un prédateur solitaire et territorial qui dominait la chaîne alimentaire du sous-continent indien. Sa constitution robuste mais relativement lourde suggère un chasseur d'embuscade plutôt qu'un poursuivant. Il se postait probablement près des points d'eau ou des corridors de passage des titanosaures, attaquant par surprise. Sa corne nasale jouait probablement un rôle dans les interactions sociales, les combats pour le territoire ou les partenaires. Dans un écosystème insulaire avec moins de compétition que sur les continents, le Rajasaurus avait peu de rivaux pour le titre de superprédateur.
Les premiers fossiles de Rajasaurus furent découverts dans les années 1980 dans la Formation de Lameta, près de Rahioli, dans le district de Kheda, au Gujarat, en Inde. Les fouilles furent menées par le Geological Survey of India. L'espèce fut décrite en 2003 par Jeffrey Wilson, Paul Sereno, Suresh Srivastava, Devendra Kumar Bhatt, Ashu Khosla et Ashok Sahni sous le nom de Rajasaurus narmadensis, le nom de genre signifiant « roi des lézards » en sanskrit et le nom d'espèce faisant référence à la rivière Narmada. Le matériel comprend un crâne partiel, des vertèbres, le bassin et des os de membres. Le Rajasaurus est l'un des dinosaures indiens les mieux connus et un symbole de la paléontologie du sous-continent.
| Période | Crétacé supérieur / Late Cretaceous (Maastrichtien) |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 70–66 Ma |
| Localisation | Asie / Asia (Inde / India, Gujarat) |
| Longueur | 6–11 m |
| Hauteur | ~2.5 m |
| Poids | 1 000–4 000 kg |
| Régime | Carnivore |
| Découverte | 1982 |
Rajasaurus narmadensis possédait une corne nasale basse et arrondie unique parmi les abélisauridés indiens, formée par des os frontaux épaissis. Cette corne servait probablement lors de combats ritualisés entre mâles et pour la reconnaissance visuelle entre individus. Ses bras étaient extrêmement réduits — encore plus vestigiaux que ceux des tyrannosaures — et son crâne court et profond typique de la famille Abelisauridae.
Rajasaurus narmadensis mesurait 6,5 à 7 mètres de long pour un poids entre 700 kilogrammes et 1 tonne. Les premiers fossiles furent découverts dans les années 1980 dans la Formation de Lameta, près de Rahioli (district de Kheda, Gujarat, Inde). L'espèce fut décrite en 2003 par Wilson, Sereno et al. Son nom signifie « roi des lézards » en sanskrit, et l'épithète narmadensis fait référence à la rivière Narmada.
Rajasaurus narmadensis, proche parent du Majungasaurus de Madagascar et du Carnotaurus d'Amérique du Sud, témoigne des connexions terrestres qui existaient entre l'Inde, Madagascar et l'Amérique du Sud lorsqu'ils faisaient partie du Gondwana. L'Inde, devenue une île-continent au Maastrichtien (70-66 Ma) en dérivant vers le nord, avait développé une faune distincte d'abélisauridés adaptés à cet isolement géographique.

Reconstitution de Rajasaurus narmadensis
Paleocolour, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Reconstitution de Rajasaurus narmadensis
AtharvK, CC BY-SA 4.0