
Baryonyx
Le Baryonyx vivait au Crétacé inférieur, il y a environ 130 à 125 millions d'années, durant l'étage Barrémien. À cette époque, le sud de l'Angleterre actuelle était une plaine alluviale chaude et humide, parsemée de rivières, de lacs et de zones marécageuses. Le climat subtropical permettait une végétation luxuriante de fougères, de conifères et de prêles le long des cours d'eau. Cette période du Crétacé inférieur voyait la diversification des dinosaures théropodes spécialisés, et le Baryonyx représente l'une des premières adaptations connues à un mode de vie semi-aquatique chez les grands prédateurs.
Le Baryonyx mesurait entre 7,5 et 10 mètres de long pour un poids estimé entre 1,2 et 1,7 tonne. Il se tenait à environ 2,5 mètres de hauteur au niveau des hanches. Sa tête allongée et étroite, rappelant celle d'un crocodile, mesurait près d'un mètre de long. Contrairement à la plupart des théropodes, son museau était bas et aplati, avec une rosette de dents à l'extrémité. L'holotype découvert n'était probablement pas encore adulte, ce qui suggère que les individus matures pouvaient être encore plus grands.
Le Baryonyx était principalement piscivore, une adaptation rare chez les grands théropodes. Des écailles de poisson du genre Lepidotes et des os partiellement digérés d'un jeune Iguanodon ont été retrouvés dans la cavité abdominale de l'holotype, révélant un régime alimentaire opportuniste. Ses mâchoires portaient 96 dents coniques et finement striées, idéales pour saisir des proies glissantes. La griffe massive de son pouce, mesurant 31 centimètres, servait probablement à harponner les poissons dans les eaux peu profondes, à la manière d'un ours grizzly pêchant le saumon.
Le Baryonyx habitait les plaines d'inondation et les environnements riverains du Crétacé inférieur en Europe. Ses fossiles proviennent de la Formation de Wealden dans le Surrey, en Angleterre, un environnement de deltas et de rivières à méandres. Des dents attribuées à Baryonyx ont aussi été trouvées en Espagne et au Portugal, suggérant une distribution plus large en Europe occidentale. Il fréquentait les berges des cours d'eau et les zones marécageuses peu profondes, où les poissons étaient abondants. Son anatomie semi-aquatique, avec des narines reculées et un museau allongé, témoigne d'une vie intimement liée aux milieux aquatiques.
L'anatomie du Baryonyx est remarquablement adaptée à la pêche. Son crâne allongé et étroit, avec un profil en forme de crocodile, portait des dents coniques plutôt que des dents tranchantes en lame de couteau typiques des théropodes. La caractéristique la plus distinctive est l'énorme griffe recourbée du premier doigt de chaque main, d'où son nom signifiant « griffe lourde ». Ses bras étaient proportionnellement plus robustes et plus longs que ceux de la plupart des théropodes, lui permettant de saisir efficacement ses proies. Son cou était moins courbé que chez les autres théropodes, formant une ligne plus droite avec le crâne, une adaptation pour plonger la tête dans l'eau.
Le Baryonyx était probablement un prédateur solitaire qui patrouillait les berges des rivières et des lacs à la recherche de poissons. Son mode de chasse combinait vraisemblablement l'embuscade depuis la berge et la pêche active en eau peu profonde, utilisant ses puissantes griffes pour harponner ses proies. La découverte d'os d'Iguanodon dans son estomac prouve qu'il ne dédaignait pas les proies terrestres lorsque l'occasion se présentait. Il pouvait aussi se nourrir de charognes. Comme les spinosauridés modernes reconstitués, il passait probablement une partie significative de son temps près de l'eau ou partiellement immergé.
L'holotype du Baryonyx (BMNH R9951) a été découvert en 1983 par le collectionneur amateur William Walker dans une carrière d'argile à Ockley, dans le Surrey, en Angleterre. Walker a d'abord trouvé l'énorme griffe dépassant de la roche, menant à l'excavation d'un squelette remarquablement complet pour un théropode européen — environ 70% du squelette a été récupéré. Alan Charig et Angela Milner du Natural History Museum de Londres l'ont décrit en 1986 comme Baryonyx walkeri, en l'honneur de son découvreur. C'était le premier spinosauridé connu par un squelette substantiel, révolutionnant notre compréhension de cette famille de dinosaures piscivores.
| Période | Crétacé inférieur / Early Cretaceous (Barremien) |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 130–125 Ma |
| Localisation | Europe (Angleterre / England, Espagne / Spain, Portugal) |
| Longueur | 7.5–10 m |
| Hauteur | ~2.5 m |
| Poids | 1 200–1 700 kg |
| Régime | Piscivore |
| Découverte | 1983 |
Baryonyx walkeri chassait principalement des poissons géants comme Lepidotes en utilisant son museau long et étroit — comparable à celui d'un gavial moderne — garni de 96 dents coniques pour saisir des proies glissantes. Son énorme griffe recourbée de 31 cm sur le premier doigt servait probablement à harponner les poissons dans les eaux peu profondes, à la manière d'un ours grizzly pêchant le saumon. Des écailles de poisson ont été retrouvées dans la cavité abdominale de l'holotype.
L'holotype de Baryonyx walkeri (BMNH R9951) a été découvert en 1983 par William Walker, un collectionneur amateur, dans une carrière d'argile à Ockley (Surrey, Angleterre). Il a d'abord repéré l'énorme griffe dépassant de la roche. Alan Charig et Angela Milner du Natural History Museum de Londres ont décrit le spécimen en 1986, nommant l'espèce en l'honneur de Walker. Le squelette est complet à environ 70 % — remarquable pour un théropode européen.
Non. Baryonyx walkeri était principalement piscivore, mais un régime opportuniste est confirmé : des os partiellement digérés d'un jeune Iguanodon ont également été retrouvés dans la cavité abdominale de l'holotype. Ce spinosauridé du Crétacé inférieur (130-125 Ma) ne dédaignait donc pas les proies terrestres lorsque l'occasion se présentait, ce qui en faisait un prédateur polyvalent des environnements fluviaux d'Europe occidentale.
Les informations de cette fiche sont basées sur des publications scientifiques à comité de lecture.

Reconstitution de Baryonyx walkeri
Andrey Atuchin, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Squelette monté de Baryonyx walkeri
Kumiko, CC BY-SA 2.0