
Karl Dönitz fut le grand amiral commandant de la force sous-marine allemande (U-Boot-Waffe) et le dernier chef d'État du Troisième Reich après le suicide d'Adolf Hitler. Stratège de la bataille de l'Atlantique, il développa la tactique des meutes de loups (Rudeltaktik) qui causa des pertes dévastatrices aux convois alliés entre 1940 et 1943. Nommé commandant en chef de la Kriegsmarine en 1943 puis désigné successeur de Hitler dans son testament politique, il présida la capitulation inconditionnelle de l'Allemagne en mai 1945. Condamné à dix ans de prison lors du procès de Nuremberg pour crimes de guerre, il fut libéré en 1956 et vécut en retraite jusqu'à sa mort en 1980.
Karl Dönitz naît le 16 septembre 1891 à Grünau, près de Berlin, dans une famille de la classe moyenne. Son père, Emil Dönitz, est ingénieur chez Carl Zeiss à Iéna. Élevé dans un environnement discipliné et patriotique, le jeune Karl entre dans la Marine impériale allemande en 1910 comme aspirant. Durant la Première Guerre mondiale, il sert d'abord sur le croiseur Breslau en Méditerranée, puis se porte volontaire pour le service sous-marin en 1916, fasciné par cette arme nouvelle. Commandant de l'UB-68 en Méditerranée en 1918, il est capturé par les Britanniques après que son sous-marin fait surface à cause d'une avarie technique lors d'une attaque contre un convoi. Prisonnier de guerre en Angleterre, il simule la folie pour être rapatrié plus rapidement et passe le temps de sa captivité à réfléchir aux tactiques sous-marines. Cette expérience directe de la guerre sous-marine et de ses limitations techniques nourrit sa réflexion stratégique pour les décennies à venir.
Après la Première Guerre mondiale, Dönitz reste dans la marine de la République de Weimar, la Reichsmarine, servant sur des torpilleurs et des navires de surface. Quand Hitler dénonce le Traité de Versailles et commence le réarmement en 1935, Dönitz est nommé commandant de la première flottille de sous-marins de la nouvelle Kriegsmarine. Il développe alors sa doctrine tactique révolutionnaire : la Rudeltaktik ou tactique des meutes de loups. Au lieu d'opérer isolément comme durant la Première Guerre mondiale, les U-Boot doivent se coordonner en groupes pour submerger les défenses des convois par des attaques simultanées de nuit en surface. Il entraîne ses équipages avec une intensité et une exigence exceptionnelles, créant un esprit de corps remarquable dans l'arme sous-marine. Avant la guerre, il plaide pour la construction de 300 sous-marins, mais quand le conflit éclate en septembre 1939, il ne dispose que de 57 U-Boot dont seulement 22 sont aptes aux opérations en Atlantique. Malgré ces moyens limités, il lance immédiatement la guerre sous-marine contre le commerce maritime britannique.
La bataille de l'Atlantique menée par Dönitz fut la plus longue campagne continue de la Seconde Guerre mondiale. De 1940 à 1943, ses meutes de loups infligèrent des pertes terrifiantes aux convois alliés traversant l'Atlantique Nord, menaçant de couper la ligne d'approvisionnement vitale entre l'Amérique du Nord et la Grande-Bretagne. L'année 1942 fut particulièrement dévastatrice, avec le « Second temps heureux » où les U-Boot coulèrent des millions de tonnes de navires marchands au large des côtes américaines. Cependant, à partir de mai 1943, le tournant de la bataille de l'Atlantique survient. L'introduction du radar centimétrique, le décryptage d'Enigma par les Alliés à Bletchley Park, les avions à long rayon d'action comblant le « trou noir » de l'Atlantique et les groupes de chasseurs-tueurs rendirent les océans mortels pour les U-Boot. En mai 1943, Dönitz perd 41 sous-marins en un seul mois et retire temporairement ses forces de l'Atlantique Nord. Nommé commandant en chef de la Kriegsmarine en janvier 1943 après la disgrâce de Raeder, il poursuivit la guerre sous-marine avec de nouveaux sous-marins Type XXI, mais ceux-ci arrivèrent trop tard pour changer le cours du conflit.
La décision stratégique fondamentale de Dönitz fut de miser sur la guerre sous-marine comme moyen d'affamer la Grande-Bretagne et de la forcer à la paix. Cette stratégie faillit réussir en 1942-1943, quand les pertes alliées dépassaient la capacité de construction de nouveaux navires. Sa décision de poursuivre les opérations sous-marines malgré des pertes catastrophiques après mai 1943, envoyant des milliers de jeunes sous-mariniers à une mort quasi certaine, reste l'une des plus controversées de sa carrière. Sur 40 000 hommes ayant servi dans les U-Boot, environ 30 000 furent tués, le taux de pertes le plus élevé de toutes les branches militaires allemandes. Sa décision d'accepter le poste de chef d'État après le suicide de Hitler et de poursuivre la guerre quelques jours supplémentaires avait pour objectif déclaré de permettre au maximum de soldats et de civils allemands de fuir vers l'ouest pour se rendre aux Alliés occidentaux plutôt qu'aux Soviétiques. Sa dernière décision significative fut d'ordonner la capitulation inconditionnelle le 7 mai 1945 à Reims et le 8 mai à Berlin, mettant fin à la guerre en Europe.
Lors du procès de Nuremberg, Dönitz est jugé pour crimes contre la paix et crimes de guerre, notamment pour avoir mené une guerre sous-marine sans restriction. Sa défense reçoit un soutien inattendu quand l'amiral américain Chester Nimitz témoigne que les États-Unis avaient mené une guerre sous-marine similaire dans le Pacifique. Condamné à dix ans de prison, une peine relativement légère comparée aux autres accusés, il est incarcéré à la prison de Spandau et libéré le 1er octobre 1956. Après sa libération, il vit en retraite à Aumühle, près de Hambourg, refusant de renier le nazisme tout en niant toute connaissance de l'Holocauste. Il publie ses mémoires et reste une figure respectée dans certains cercles navals. Il meurt le 24 décembre 1980 à l'âge de 89 ans. Son héritage militaire est celui d'un tacticien sous-marin brillant dont les innovations doctrinales influencèrent profondément la guerre navale moderne. La bataille de l'Atlantique qu'il mena reste l'une des campagnes les plus étudiées dans les écoles navales du monde entier.
Karl Dönitz, grand amiral de la Kriegsmarine, développa la Rudeltaktik (meutes de loups) : coordonner plusieurs U-Boote pour attaquer simultanément un convoi de nuit en surface, rendant les sous-marins indétectables par les sonars ASDIC. Il prit le commandement de la Kriegsmarine en janvier 1943 après la disgrâce de Raeder. Son règne de chef d'État n'aura duré que trois semaines en mai 1945, après la mort d'Hitler, avant la capitulation du 8 mai 1945.
Karl Dönitz fut condamné à dix ans de prison par le tribunal de Nuremberg — une peine relativement légère comparée aux autres accusés. Sa défense reçut un soutien inattendu quand l'amiral américain Chester Nimitz témoigna que les États-Unis avaient mené une guerre sous-marine similaire dans le Pacifique. Incarcéré à Spandau, Dönitz fut libéré le 1er octobre 1956 et mourut le 24 décembre 1980 à l'âge de 89 ans.
Le bilan humain pour les sous-mariniers allemands fut effroyable. Sur les 40 000 hommes ayant servi dans les U-Boote durant la Seconde Guerre mondiale, environ 30 000 furent tués et 5 000 faits prisonniers, soit un taux de mortalité d'environ 75 % — le plus élevé de toutes les branches militaires allemandes. Karl Dönitz continua à envoyer ses sous-marins en mission malgré les pertes catastrophiques après mai 1943, une décision qui reste controversée.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Adolf Hitler
Dictateur de l'Allemagne nazie de 1933 à 1945, Adolf Hitler est le principal responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et de l'Holocauste. Son idéologie raciste et expansionniste a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes à travers le monde.

Winston Churchill
Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945, Winston Churchill incarne la résistance britannique face à l'Allemagne nazie. Ses discours galvanisants et son leadership inébranlable ont été déterminants pour maintenir le moral du peuple britannique durant les heures les plus sombres de la guerre.

Joseph Staline
Dirigeant de l'Union soviétique de 1924 à 1953, Joseph Staline transforme l'URSS en superpuissance industrielle et militaire. Son leadership durant la Grande Guerre patriotique est déterminant pour la défaite de l'Allemagne nazie, mais son régime totalitaire cause des millions de morts parmi son propre peuple.

Franklin D. Roosevelt
32e président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt dirige le pays à travers la Grande Dépression et la majeure partie de la Seconde Guerre mondiale. Son programme de Prêt-Bail et sa diplomatie avec Churchill et Staline sont décisifs dans la victoire alliée, bien qu'il décède quelques semaines avant la capitulation allemande.