
Josip Broz Tito fut le leader de la résistance yougoslave contre l'occupation nazie et le fondateur de la Yougoslavie socialiste d'après-guerre. Commandant des partisans yougoslaves, il organisa l'un des mouvements de résistance les plus efficaces et les plus combatifs de la Seconde Guerre mondiale, combattant simultanément les forces d'occupation allemandes, italiennes, les Oustachis croates et les Tchetniks serbes. Sa guérilla, qui compta jusqu'à 800 000 combattants, libéra la Yougoslavie largement par ses propres moyens, fait unique parmi les pays occupés d'Europe. Après la guerre, il devint président à vie de la Yougoslavie et défia Staline en 1948, menant une politique indépendante de non-alignement qui fit de lui une figure majeure de la Guerre froide.
Josip Broz naît le 7 mai 1892 à Kumrovec, un village de Croatie alors partie de l'Empire austro-hongrois, dans une famille paysanne croato-slovène. Septième de quinze enfants, il grandit dans la pauvreté rurale. Apprenti serrurier puis ouvrier métallurgiste, il découvre le mouvement ouvrier et le syndicalisme dans les usines de Zagreb et de Vienne. Mobilisé dans l'armée austro-hongroise en 1913, il sert comme sous-officier sur le front de l'Est durant la Première Guerre mondiale. En avril 1915, il est grièvement blessé par un éclat de lance cosaque et capturé par les Russes. Prisonnier de guerre en Russie, il est témoin de la révolution bolchevique de 1917 et rejoint les Gardes rouges. De retour en Yougoslavie en 1920, il adhère au Parti communiste, devenu illégal, et mène une activité clandestine sous divers pseudonymes. Arrêté en 1928, il est condamné à cinq ans de prison où il approfondit sa formation marxiste-léniniste et forge son caractère de révolutionnaire professionnel.
Après sa libération en 1934, Broz gravit les échelons du Parti communiste yougoslave, séjournant à Moscou durant les grandes purges staliniennes où il survit en naviguant habilement les intrigues du Komintern. En 1937, il est nommé secrétaire général du Parti communiste de Yougoslavie et adopte définitivement le pseudonyme de Tito. Il réorganise le parti en une machine disciplinée et clandestine, prête à agir quand l'occasion se présenterait. Quand l'Axe envahit et démembre la Yougoslavie en avril 1941, Tito lance l'insurrection armée en juillet 1941 après l'attaque allemande contre l'Union soviétique. Sous sa direction, les partisans communistes deviennent rapidement la force de résistance la plus organisée et la plus efficace des Balkans. Contrairement aux Tchetniks du colonel Draža Mihailović, qui adoptent une stratégie attentiste et finissent par collaborer avec les Allemands, les partisans de Tito mènent une guérilla agressive et constante, établissant des territoires libérés et une administration parallèle dans les zones montagneuses de Bosnie et du Monténégro.
La guerre des partisans de Tito fut l'une des plus féroces de toute la Seconde Guerre mondiale. Entre 1941 et 1945, les Allemands lancèrent sept offensives majeures pour détruire les partisans, mobilisant jusqu'à 120 000 soldats appuyés par des forces italiennes, oustachies et tchetniks. Lors de la cinquième offensive en mai-juin 1943 sur la Sutjeska, les partisans, encerclés et au bord de l'anéantissement, réussirent une percée héroïque qui est devenue un mythe fondateur de la Yougoslavie. Tito lui-même fut blessé par un éclat de bombe. Progressivement reconnu par les Alliés occidentaux qui abandonnèrent Mihailović à son profit, Tito reçut un soutien matériel britannique croissant à partir de 1943. Churchill envoya des missions militaires auprès des partisans, impressionné par leur efficacité au combat. En mai 1944, une opération aéroportée allemande faillit capturer Tito dans son quartier général de Drvar, mais il s'échappa de justesse. Avec l'aide de l'Armée rouge qui entra en Yougoslavie en octobre 1944, les partisans libérèrent Belgrade le 20 octobre 1944 et poursuivirent la libération du pays jusqu'en mai 1945.
Les décisions de Tito durant la guerre révèlent un leader politique et militaire d'une habileté exceptionnelle. Sa décision de lancer l'insurrection dès juillet 1941, alors que d'autres mouvements de résistance hésitaient, lui permit de prendre l'initiative et de recruter massivement parmi les populations persécutées. Son choix de mener une guerre de libération nationale multiethnique, unissant Serbes, Croates, Slovènes, Bosniaques et Monténégrins sous la bannière communiste, contrastait avec le nationalisme ethnique des Tchetniks et des Oustachis. Sa décision de créer un État dans l'État avec des conseils populaires dans les territoires libérés posa les fondements de la future Yougoslavie fédérale. Sur le plan diplomatique, il manœuvra habilement entre les Alliés occidentaux et l'Union soviétique, obtenant le soutien des deux camps. Sa rivalité avec Mihailović, qu'il dénonça comme collaborateur, aboutit au transfert du soutien allié en sa faveur, décision qui scella le destin politique d'après-guerre des Balkans. Son refus de se soumettre aux directives de Moscou préfigurait la rupture Tito-Staline de 1948.
Après la guerre, Tito établit la République fédérative populaire de Yougoslavie et rompt spectaculairement avec Staline en 1948, refusant la tutelle soviétique et développant un modèle socialiste autogestionnaire unique. Cette rupture fait de lui un héros de l'indépendance nationale et un leader du Mouvement des non-alignés aux côtés de Nehru et Nasser. Président à vie à partir de 1953, il maintient l'unité de la Yougoslavie multiethnique par un mélange de charisme personnel, de répression politique et de prospérité économique relative. Il meurt le 4 mai 1980 à Ljubljana, et ses funérailles réunissent des chefs d'État du monde entier dans l'un des plus grands rassemblements diplomatiques de l'histoire. Son héritage est complexe et controversé : héros de la résistance antifasciste et architecte d'une troisième voie entre Est et Ouest, il fut aussi un dictateur autoritaire. La Yougoslavie qu'il avait unifiée se désintégra dans les guerres sanglantes des années 1990, soulevant la question de savoir si son œuvre politique reposait sur des fondations durables ou uniquement sur sa personnalité exceptionnelle.
La guérilla de Josip Broz Tito, qui compta jusqu'à 800 000 combattants, libéra la Yougoslavie largement par ses propres moyens — fait unique parmi les pays occupés d'Europe. Les partisans yougoslaves combattirent simultanément les forces d'occupation allemandes et italiennes, les Oustachis croates et les Tchetniks serbes. Entre 1941 et 1945, les Allemands lancèrent sept offensives majeures mobilisant jusqu'à 120 000 soldats sans parvenir à les détruire.
En 1948, Josip Broz Tito refusa la tutelle soviétique et développa un modèle socialiste autogestionnaire indépendant, provoquant la rupture Tito-Staline. Cette rupture fit de lui un héros de l'indépendance nationale et un leader du Mouvement des non-alignés, aux côtés de Nehru et Nasser. La Yougoslavie obtint ainsi une position unique pendant la Guerre froide, ni dans le bloc occidental ni dans le bloc soviétique.
En mai 1944, une opération aéroportée allemande (l'opération Rösselsprung) faillit capturer Josip Broz Tito dans son quartier général de Drvar, en Bosnie. Des parachutistes de la 500e SS lançèrent une attaque surprise, mais Tito s'échappa de justesse par une falaise. Cet épisode survint à un moment où les Alliés occidentaux lui accordaient un soutien matériel croissant, Churchill ayant envoyé des missions militaires impressionnées par son efficacité au combat.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Adolf Hitler
Dictateur de l'Allemagne nazie de 1933 à 1945, Adolf Hitler est le principal responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et de l'Holocauste. Son idéologie raciste et expansionniste a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes à travers le monde.

Winston Churchill
Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945, Winston Churchill incarne la résistance britannique face à l'Allemagne nazie. Ses discours galvanisants et son leadership inébranlable ont été déterminants pour maintenir le moral du peuple britannique durant les heures les plus sombres de la guerre.

Joseph Staline
Dirigeant de l'Union soviétique de 1924 à 1953, Joseph Staline transforme l'URSS en superpuissance industrielle et militaire. Son leadership durant la Grande Guerre patriotique est déterminant pour la défaite de l'Allemagne nazie, mais son régime totalitaire cause des millions de morts parmi son propre peuple.

Franklin D. Roosevelt
32e président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt dirige le pays à travers la Grande Dépression et la majeure partie de la Seconde Guerre mondiale. Son programme de Prêt-Bail et sa diplomatie avec Churchill et Staline sont décisifs dans la victoire alliée, bien qu'il décède quelques semaines avant la capitulation allemande.