
Douglas MacArthur fut l'un des généraux américains les plus célèbres et controversés du XXe siècle. Commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique Sud-Ouest durant la Seconde Guerre mondiale, il orchestra la stratégie du saut d'île en île qui permit de reconquérir les Philippines et de mener le Japon à la capitulation. Fils d'un général décoré de la guerre civile américaine, il servit lors des deux guerres mondiales et de la guerre de Corée. Sa personnalité flamboyante, son génie stratégique et son ego démesuré en font une figure majeure de l'histoire militaire américaine. Il supervisa également l'occupation et la reconstruction du Japon d'après-guerre avec une autorité quasi impériale.
Douglas MacArthur naît le 26 janvier 1880 à Little Rock, en Arkansas, dans une famille profondément ancrée dans la tradition militaire américaine. Son père, Arthur MacArthur Jr., est un héros de la guerre de Sécession qui recevra la Medal of Honor et deviendra gouverneur militaire des Philippines. Élevé dans des forts militaires à travers le pays, le jeune Douglas baigne dès l'enfance dans l'atmosphère de l'armée. Il intègre l'Académie militaire de West Point en 1899, où il obtient l'un des meilleurs résultats académiques de l'histoire de l'institution, avec une moyenne de 98,14 sur 100. Durant la Première Guerre mondiale, il sert en France comme chef d'état-major puis commandant de la 42e division d'infanterie Rainbow, se distinguant par un courage personnel remarquable qui lui vaut de nombreuses décorations, dont deux Distinguished Service Crosses. Son habitude de mener ses troupes au front sans casque et avec une cravache devient légendaire, tout comme son mépris apparent du danger.
Entre les deux guerres, MacArthur devient le plus jeune superintendent de West Point en 1919, modernisant l'académie. En 1930, il est nommé chef d'état-major de l'armée américaine, le plus jeune à occuper ce poste. En 1932, il disperse controversement le camp de protestation des Bonus Marchers à Washington, ternissant sa réputation publique. En 1935, il part aux Philippines comme conseiller militaire du président Quezon pour préparer la défense de l'archipel, acceptant le titre de maréchal de l'armée philippine. Quand le Japon attaque les Philippines le 8 décembre 1941, MacArthur commande les forces américaines et philippines qui résistent héroïquement sur la péninsule de Bataan et l'île de Corregidor. En mars 1942, Roosevelt lui ordonne d'évacuer vers l'Australie, d'où il prononce sa célèbre promesse : « I shall return ». Nommé commandant suprême des forces alliées dans le Pacifique Sud-Ouest, il conçoit une stratégie brillante de contournement des positions japonaises fortifiées, sautant d'île en île vers le Japon tout en isolant et neutralisant les garnisons ennemies.
À partir de l'Australie, MacArthur lance une série de campagnes en Nouvelle-Guinée et dans les îles Salomon qui repoussent progressivement les Japonais. Sa stratégie du saut d'île en île, consistant à contourner les positions fortifiées ennemies pour frapper des objectifs plus faibles, est considérée comme l'une des plus brillantes innovations stratégiques de la guerre. En octobre 1944, il tient sa promesse en débarquant à Leyte, aux Philippines, marchant dans l'eau jusqu'aux genoux dans une scène soigneusement mise en scène pour les caméras. La reconquête des Philippines s'avère cependant longue et sanglante, avec la bataille de Manille qui dévaste la capitale en février-mars 1945. MacArthur est promu général cinq étoiles en décembre 1944. Il prépare ensuite l'opération Downfall, l'invasion du Japon prévue pour novembre 1945, mais les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki rendent cette opération inutile. Le 2 septembre 1945, c'est à bord du cuirassé USS Missouri dans la baie de Tokyo qu'il préside la cérémonie de capitulation japonaise, mettant officiellement fin à la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique.
Les décisions stratégiques de MacArthur dans le Pacifique furent souvent brillantes mais toujours controversées. Sa décision d'insister sur la reconquête des Philippines plutôt que de les contourner, contre l'avis de la Marine qui préférait une attaque directe sur Formose, est encore débattue par les historiens. Certains y voient une décision motivée par l'honneur personnel et sa promesse de retour, d'autres un choix stratégique judicieux qui priva le Japon de ressources vitales. Sa gestion des premières heures après Pearl Harbor aux Philippines, où il laissa ses bombardiers B-17 se faire détruire au sol malgré plusieurs heures d'avertissement, reste l'un des plus grands mystères de sa carrière. Sa décision de défendre toute l'île de Luçon plutôt que de se replier sur Bataan selon le plan d'avant-guerre dispersa ses forces et contribua à la catastrophe initiale. Pendant l'occupation du Japon, ses décisions de préserver l'Empereur Hirohito, d'imposer une constitution démocratique et de démanteler les zaibatsu transformèrent fondamentalement la société japonaise et sont considérées comme un modèle de reconstruction d'après-guerre.
Après la guerre, MacArthur gouverne le Japon en tant que commandant suprême des puissances alliées de 1945 à 1951, supervisant la démocratisation, la nouvelle constitution japonaise et la reconstruction économique du pays avec une autorité quasi absolue. Pendant la guerre de Corée, son audacieux débarquement d'Incheon en septembre 1950 est considéré comme un coup de génie militaire, mais sa volonté d'étendre le conflit à la Chine communiste provoque son limogeage par le président Truman en avril 1951. De retour aux États-Unis, il prononce son célèbre discours devant le Congrès concluant par « les vieux soldats ne meurent jamais, ils s'évanouissent simplement ». Il meurt le 5 avril 1964 à Washington. Son héritage est celui d'un génie militaire doublé d'un homme d'État visionnaire pour sa gestion du Japon, mais aussi d'un personnage d'une vanité et d'une insubordination parfois dangereuses. Son influence sur la stratégie militaire américaine dans le Pacifique et sur la politique asiatique d'après-guerre reste considérable.
La stratégie du saut d'île en île consistait à contourner les garnisons japonaises fortifiées pour frapper directement des objectifs stratégiques moins défendus, isolant ainsi les positions ennemies sans les attaquer frontalement. Douglas MacArthur l'a utilisée à partir de 1943 depuis l'Australie, progressant en Nouvelle-Guinée et dans les îles Salomon. Cette approche a permis d'avancer vers le Japon tout en économisant des vies américaines et en limitant la résistance japonaise.
En octobre 1944, MacArthur a tenu sa promesse en débarquant à Leyte, aux Philippines, marchant dans l'eau jusqu'aux genoux dans une scène soigneusement mise en scène pour les photographes. La reconquête des Philippines s'est avérée longue et sanglante : la bataille de Manille (février-mars 1945) a dévasté la capitale. MacArthur avait prononcé « I shall return » en mars 1942 depuis l'Australie, après que Roosevelt lui avait ordonné d'évacuer les Philippines.
MacArthur a gouverné le Japon en tant que commandant suprême des puissances alliées (SCAP) de 1945 à 1951, avec une autorité quasi absolue. Ses décisions ont transformé le pays : préservation de l'Empereur Hirohito comme symbole de l'État, rédaction d'une nouvelle constitution démocratique (1947) avec l'article 9 renonçant à la guerre, démantèlement des zaibatsu, réforme agraire. Il a présidé la cérémonie de capitulation japonaise le 2 septembre 1945 à bord de l'USS Missouri dans la baie de Tokyo.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

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