
Le colonel Claus von Stauffenberg fut l'âme du complot du 20 juillet 1944, la plus célèbre tentative d'assassinat d'Adolf Hitler. Grièvement blessé en Afrique du Nord, il déposa une bombe au quartier général du Führer à la Wolfsschanze, mais Hitler survécut. Stauffenberg fut exécuté le soir même.
Claus Philipp Maria Schenk Graf von Stauffenberg naquit le 15 novembre 1907 au château de Jettingen, en Bavière, au sein de l'une des plus anciennes et prestigieuses familles de la noblesse catholique du sud de l'Allemagne. Les Stauffenberg, dont le titre de comte remontait au XVIIIe siècle, appartenaient à l'élite sociale et culturelle de la Souabe. Son père, Alfred Schenk Graf von Stauffenberg, était chambellan du dernier roi de Wurtemberg, et sa mère, Caroline, comtesse von Üxküll-Gyllenband, était dame d'honneur de la reine. Claus et ses frères jumeaux, Berthold et Alexander, grandirent dans un environnement aristocratique imprégné de catholicisme, de culture classique et d'idéaux chevaleresques. Le jeune Claus était un enfant sensible et intellectuellement brillant, passionné de poésie, d'architecture et d'équitation. Dans les années 1920, les trois frères rejoignirent le cercle du poète mystique Stefan George, dont l'influence spirituelle et esthétique marqua profondément Stauffenberg. George prêchait un renouveau de l'Allemagne fondé sur la beauté, la noblesse d'âme et le sacrifice personnel, des idéaux qui façonnèrent la vision du monde du jeune aristocrate. En 1926, Stauffenberg s'engagea dans la Reichswehr, rejoignant le 17e régiment de cavalerie à Bamberg, un choix naturel pour un jeune noble bavarois. Cavalier accompli et officier prometteur, il fut admis à l'Académie de guerre de Berlin en 1936, où il se distingua par ses résultats exceptionnels en stratégie et en tactique. Contrairement à beaucoup de ses contemporains, Stauffenberg accueillit initialement le régime nazi avec un certain enthousiasme, voyant dans Hitler un chef capable de restaurer la grandeur de l'Allemagne après l'humiliation de Versailles.
La carrière militaire de Stauffenberg fut marquée par une compétence exceptionnelle et une transformation morale profonde. Officier d'état-major brillant, il servit lors de l'invasion de la Pologne en 1939 et de la campagne de France en 1940, acquérant une réputation d'officier à la fois courageux et intellectuellement remarquable. Affecté à l'état-major général de l'armée de terre, il participa à la planification de l'opération Barbarossa en 1941. C'est sur le front de l'Est que ses convictions commencèrent à basculer. Témoin des atrocités commises contre les prisonniers de guerre soviétiques et les populations civiles, et de plus en plus conscient du génocide en cours contre les Juifs, Stauffenberg vécut une crise de conscience qui transforma le patriote conservateur en conspirateur résolu. Les massacres des Einsatzgruppen, les conditions inhumaines des camps de prisonniers et l'incompétence stratégique croissante d'Hitler le convainquirent que le régime nazi conduisait l'Allemagne à la catastrophe morale et militaire. En 1942, transféré en Afrique du Nord avec la 10e division blindée, il fut grièvement blessé le 7 avril 1943 lors d'une attaque aérienne alliée en Tunisie. Il perdit l'œil gauche, la main droite et deux doigts de la main gauche. Durant sa longue convalescence, sa résolution de renverser Hitler se cristallisa. Malgré ses handicaps physiques sévères, il reprit le service actif et fut nommé chef d'état-major de l'armée de réserve en juin 1944, un poste qui lui donnait accès aux conférences militaires du quartier général d'Hitler et le plaçait au cœur du dispositif nécessaire pour un coup d'État. Il rejoignit le cercle des conspirateurs réunis autour du général Ludwig Beck et du politicien Carl Goerdeler, et devint rapidement la force motrice du complot.
L'opération Valkyrie, le plan du coup d'État du 20 juillet 1944, fut l'œuvre maîtresse de Stauffenberg et de ses co-conspirateurs. Le plan était d'une audace remarquable : Stauffenberg devait assassiner Hitler lors d'une conférence militaire à la Wolfsschanze (le Repaire du Loup), le quartier général du Führer en Prusse orientale, puis les conspirateurs à Berlin déclencheraient le plan Walküre — un plan d'urgence légitime prévu pour mobiliser l'armée de réserve en cas de troubles intérieurs — pour prendre le contrôle des centres de pouvoir. Un gouvernement provisoire, dirigé par le général Beck comme chef de l'État et Goerdeler comme chancelier, négocierait ensuite la paix avec les Alliés. Le 20 juillet 1944, Stauffenberg se rendit à la Wolfsschanze avec deux bombes dissimulées dans sa serviette. Contraint par le temps et gêné par ses blessures — il ne disposait que de trois doigts fonctionnels pour amorcer les engins —, il ne parvint à armer qu'une seule des deux bombes. Il plaça la serviette sous la table de conférence, aussi près d'Hitler que possible, puis quitta la salle sous prétexte d'un appel téléphonique. L'explosion, à 12h42, dévasta la baraque en bois mais Hitler survécut, protégé par le plateau massif de la table en chêne. Un officier avait fortuitement déplacé la serviette derrière un pied de table épais, déviant le souffle de l'explosion. Quatre personnes furent tuées et plusieurs grièvement blessées, mais Hitler s'en tira avec des blessures légères : tympans perforés, bras droit temporairement paralysé et pantalon déchiqueté. Stauffenberg, convaincu qu'Hitler était mort après avoir vu l'explosion depuis l'extérieur, s'envola pour Berlin pour déclencher le coup d'État.
Les décisions de Stauffenberg dans les derniers mois de sa vie reflètent le courage d'un homme qui savait que l'échec signifiait une mort certaine. Sa décision fondamentale de passer de la dissidence passive à l'action violente fut mûrie pendant plus d'un an de convalescence et de réflexion morale. Contrairement à d'autres conspirateurs qui espéraient encore un changement politique pacifique, Stauffenberg conclut dès 1943 que seul l'assassinat d'Hitler pouvait sauver l'Allemagne et arrêter le massacre. Cette conviction le distingua des hésitants et des attentistes et fit de lui le moteur du complot. Sa décision d'assumer personnellement le rôle d'assassin, malgré ses graves handicaps physiques, démontra un courage exceptionnel. Plusieurs autres conspirateurs avaient échoué à passer à l'acte au dernier moment, paralysés par la peur ou les scrupules. Stauffenberg, avec un œil, trois doigts et une détermination inflexible, prit sur lui cette responsabilité mortelle. Le choix de n'armer qu'une seule bombe, bien que dictée par les circonstances, s'avéra fatale : la puissance explosive de deux bombes aurait probablement tué Hitler malgré la protection de la table. De même, la décision de quitter la Wolfsschanze avant de vérifier la mort d'Hitler, compréhensible par la nécessité de rejoindre Berlin rapidement, créa l'incertitude qui paralysa les conspirateurs berlinois pendant des heures cruciales. Les décisions prises après l'explosion à Berlin, où Stauffenberg tenta de maintenir le coup d'État en marche malgré les nouvelles de la survie d'Hitler, révèlent un homme d'une énergie désespérée mais lucide sur les chances déclinantes de succès.
Le destin de Stauffenberg se scella dans les heures chaotiques qui suivirent l'explosion. À Berlin, les conspirateurs, hésitant face aux informations contradictoires sur la mort d'Hitler, perdirent un temps précieux. Lorsque Hitler apparut en direct à la radio dans la nuit, confirmant sa survie, le coup d'État s'effondra. Les officiers loyalistes reprirent le contrôle du Bendlerblock, le quartier général de l'armée de réserve à Berlin. Stauffenberg, son adjoint Werner von Haeften, le général Friedrich Olbricht et le colonel Albrecht Mertz von Quirnheim furent arrêtés et fusillés dans la cour du Bendlerblock peu après minuit, le 21 juillet 1944. Selon les témoins, Stauffenberg cria « Vive l'Allemagne sacrée ! » avant d'être abattu. Il avait trente-six ans. La répression qui suivit fut d'une férocité inouïe. Hitler ordonna une purge massive qui entraîna l'arrestation de plus de 7 000 personnes et l'exécution d'environ 5 000, dont de nombreux innocents liés de près ou de loin aux conspirateurs. Les principaux conjurés furent jugés par le Volksgerichtshof (Tribunal du peuple) du juge Roland Freisler et exécutés par pendaison avec du fil de piano à la prison de Plötzensee, leurs agonies filmées sur ordre d'Hitler. L'héritage de Stauffenberg évolua considérablement au fil des décennies. Longtemps considéré avec ambivalence par l'Allemagne d'après-guerre — certains le voyant comme un traître, d'autres comme un héros —, il est aujourd'hui unanimement reconnu comme un symbole de la résistance allemande au nazisme. Le mémorial du Bendlerblock à Berlin, inauguré en 1953, honore sa mémoire et celle de ses compagnons. Le 20 juillet est devenu une date de commémoration officielle en Allemagne, et de nombreuses casernes de la Bundeswehr portent le nom de Stauffenberg. Son histoire a inspiré le film « Walkyrie » (2008) avec Tom Cruise, contribuant à faire connaître internationalement le complot du 20 juillet. L'héritage moral de Stauffenberg réside dans la démonstration que même au cœur d'un régime totalitaire, le courage individuel et la conscience morale peuvent conduire à l'action, fût-elle vouée à l'échec.
Stauffenberg a placé une bombe dans sa serviette sous la table de conférence à la Wolfsschanze (Repaire du Loup), en Prusse orientale, puis a quitté la salle. L'explosion à 12h42 a détruit la baraque et tué quatre personnes, mais Hitler a survécu : un officier avait déplacé la serviette derrière un épais pied de table. Stauffenberg n'avait pu amorcer qu'une seule des deux bombes prévues en raison de ses blessures (un œil et trois doigts manquants).
Claus Philipp Maria Schenk Graf von Stauffenberg est né le 15 novembre 1907 à Jettingen, en Bavière, dans une famille de la haute noblesse catholique souabe. Fils du chambellan du dernier roi de Wurtemberg, il a grandi dans un milieu aristocratique marqué par l'influence du poète Stefan George. Officier d'état-major brillant, il a servi en Pologne, France et Afrique du Nord, où il a été grièvement blessé en 1943 en Tunisie.
Stauffenberg, son adjoint Werner von Haeften, le général Friedrich Olbricht et le colonel Mertz von Quirnheim ont été fusillés dans la cour du Bendlerblock à Berlin peu après minuit le 21 juillet 1944. Selon les témoins, Stauffenberg aurait crié « Vive l'Allemagne sacrée ! ». Hitler a ordonné une purge massive : plus de 7 000 arrestations et environ 5 000 exécutions. Les principaux conjurés ont été pendus avec du fil de piano à la prison de Plötzensee.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Adolf Hitler
Dictateur de l'Allemagne nazie de 1933 à 1945, Adolf Hitler est le principal responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et de l'Holocauste. Son idéologie raciste et expansionniste a provoqué la mort de dizaines de millions de personnes à travers le monde.

Winston Churchill
Premier ministre du Royaume-Uni de 1940 à 1945, Winston Churchill incarne la résistance britannique face à l'Allemagne nazie. Ses discours galvanisants et son leadership inébranlable ont été déterminants pour maintenir le moral du peuple britannique durant les heures les plus sombres de la guerre.

Joseph Staline
Dirigeant de l'Union soviétique de 1924 à 1953, Joseph Staline transforme l'URSS en superpuissance industrielle et militaire. Son leadership durant la Grande Guerre patriotique est déterminant pour la défaite de l'Allemagne nazie, mais son régime totalitaire cause des millions de morts parmi son propre peuple.

Franklin D. Roosevelt
32e président des États-Unis, Franklin D. Roosevelt dirige le pays à travers la Grande Dépression et la majeure partie de la Seconde Guerre mondiale. Son programme de Prêt-Bail et sa diplomatie avec Churchill et Staline sont décisifs dans la victoire alliée, bien qu'il décède quelques semaines avant la capitulation allemande.