
Wiwaxia
Wiwaxia vécut durant le Cambrien moyen, il y a environ 508 millions d'années, dans les mêmes mers peu profondes que Hallucigenia et Opabinia. C'est l'une des créatures les plus emblématiques de l'explosion cambrienne et des schistes de Burgess en Colombie-Britannique. Wiwaxia appartenait à un groupe d'organismes inclassables qui ont longtemps défié les paléontologues : ni arthropode, ni mollusque, ni ver — un « problematicum » biologique. Les études récentes la placent soit parmi les mollusques primitifs (apparentée aux chitons et aux vers à écailles), soit dans un groupe-souche des lophotrochozoaires. Ses écailles et épines défensives en faisaient l'une des créatures les mieux blindées du Cambrien.
Wiwaxia était un petit organisme ovale et aplati, mesurant entre 2 et 5 centimètres de longueur — environ la taille d'un pouce humain. Son corps mou était recouvert de deux types de structures défensives : des rangées de sclérites (écailles plates et imbriquées) couvrant la surface dorsale, et deux rangées d'épines allongées dressées verticalement sur le dos, pouvant mesurer jusqu'à 2 centimètres de longueur. Vue de dessus, Wiwaxia ressemblait à un petit « hérisson marin » ovale, avec ses épines pointant vers le haut. Sa face ventrale était nue et molle, en contact direct avec le substrat marin.
Wiwaxia était probablement un brouteur benthique, se nourrissant d'algues microscopiques, de bactéries et de matière organique sur la surface du fond marin cambrien. Elle possédait une radula — un organe râpeur composé de rangées de petites dents, caractéristique des mollusques — qui lui permettait de gratter la nourriture sur le substrat. La présence de cette radula est l'un des principaux arguments pour sa classification parmi les mollusques primitifs. Wiwaxia se déplaçait lentement sur le fond marin, raclant les tapis microbiens et les biofilms algaux comme les chitons et les gastéropodes modernes le font aujourd'hui.
Wiwaxia vivait sur les fonds marins peu profonds des mers cambriennes, dans le même environnement que les autres organismes célèbres des schistes de Burgess. Elle rampait sur les sédiments fins au pied de l'escarpement récifal, protégée par son armure d'écailles et d'épines des prédateurs comme Anomalocaris. La communauté benthique cambrienne qu'elle partageait incluait Hallucigenia, Opabinia, Marrella, Pikaia et des centaines d'autres espèces. Des spécimens de Wiwaxia ont été retrouvés en assez grand nombre dans les schistes de Burgess, suggérant qu'elle était un membre commun de ces communautés du fond marin.
L'anatomie de Wiwaxia combinait des caractéristiques uniques. Son corps ovale et aplati portait une armure dorsale composée de sclérites — des écailles plates, imbriquées et carbonatées — disposées en rangées longitudinales. Deux rangées d'épines dorsales plus longues s'élevaient verticalement, formant une défense efficace contre les prédateurs. La face ventrale était nue, avec un pied musculaire simple pour la locomotion (comme chez les mollusques). Sa bouche, située sur la face ventrale, possédait une radula avec deux rangées de dents, confirmant une alimentation par raclage. L'absence de coquille, d'yeux évidents et de branchies visibles rend sa classification difficile — elle pourrait être un mollusque primitif sans coquille ou un membre d'un groupe disparu proche des annélides.
Wiwaxia était un organisme benthique lent, rampant sur le fond marin à l'aide de son pied ventral musculaire, à la manière d'un escargot ou d'un chiton. Son armure d'écailles et d'épines constituait sa principale défense contre les prédateurs cambriens. Des fossiles de Wiwaxia montrant des dommages aux épines suggèrent des interactions avec des prédateurs — possiblement des attaques d'Anomalocaris qui ont échoué grâce à l'armure défensive. Wiwaxia était probablement active en permanence, broutant lentement les tapis microbiens et les algues encroûtantes sur le substrat marin. Sa petite taille et son blindage efficace en faisaient un membre discret mais bien protégé de l'écosystème cambrien.
Wiwaxia corrugata fut décrite pour la première fois en 1899 par George Frederick Matthew, à partir d'écailles isolées (sclérites) trouvées en Colombie-Britannique. Cependant, ce n'est qu'en 1911 que Charles Walcott collecta des spécimens complets dans les schistes de Burgess, et la redescription détaillée ne fut publiée qu'en 1985 par Simon Conway Morris. Le nom de genre vient du mont Wiwaxy dans les Rocheuses canadiennes, près du site de découverte. Plus de 200 spécimens sont connus des schistes de Burgess, et des espèces apparentées ont été trouvées en Chine (gisements de Chengjiang) et en Australie. La classification de Wiwaxia reste un sujet de débat actif en paléontologie : les hypothèses oscillent entre une position chez les mollusques, chez les annélides polychètes, ou dans un groupe-souche lophotrochozoaire.
| Période | Cambrien moyen / Middle Cambrian |
| Ère | Paléozoïque / Paleozoic |
| Âge | 508 Ma |
| Localisation | Schistes de Burgess, Colombie-Britannique / Burgess Shale, British Columbia |
| Longueur | 2-5 cm |
| Poids | < 1 g |
| Régime | Herbivore |
| Découverte | 1899 |
La classification de Wiwaxia corrugata reste un débat actif. Sa radula à deux rangées de dents, caractéristique des mollusques, plaide pour une parenté avec les chitons et les vers à écailles. D'autres études suggèrent un lien avec les annélides polychètes, voire un groupe-souche lophotrochozoaire. Connue depuis les schistes de Burgess (508 Ma, Colombie-Britannique) et les gisements de Chengjiang (Chine), elle demeure un « problematicum » biologique après 40 ans de recherches.
Wiwaxia corrugata mesurait entre 2 et 5 centimètres de longueur — environ la taille d'un pouce humain. Son corps ovale et aplati était couvert de sclérites (écailles plates et imbriquées carbonatées) sur la face dorsale, avec deux rangées d'épines allongées pouvant atteindre 2 centimètres. Des fossiles montrant des dommages à ces épines témoignent d'attaques de prédateurs comme Anomalocaris repoussées grâce à cette armure.
Des sclérites isolées de Wiwaxia corrugata furent décrites pour la première fois en 1899 par George Frederick Matthew en Colombie-Britannique. Charles Walcott collecta les premiers spécimens complets dans les schistes de Burgess en 1911, mais la redescription scientifique détaillée ne parut qu'en 1985, signée par Simon Conway Morris. Plus de 200 spécimens sont connus des schistes de Burgess. Le nom vient du mont Wiwaxy dans les Rocheuses canadiennes.

Fossile de Wiwaxia corrugata des schistes de Burgess, montrant les écailles et épines
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Reconstitution de Wiwaxia corrugata avec son armure d'écailles et d'épines
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