
Anomalocaris
Anomalocaris vécut durant le Cambrien moyen à supérieur, il y a environ 520 à 488 millions d'années, dans les mers peu profondes qui recouvraient une grande partie des continents. C'était le tout premier super-prédateur connu de l'histoire de la vie — le roi incontesté de l'explosion cambrienne. Anomalocaris fait partie des radiodontes, un groupe d'arthropodes primitifs qui incluait les plus grands animaux de leur époque. Quand la plupart des créatures cambriennes ne dépassaient pas quelques centimètres, Anomalocaris atteignait un mètre de longueur, dominant la chaîne alimentaire avec une supériorité écrasante. Ses fossiles ont été retrouvés sur tous les continents, des schistes de Burgess au Canada aux gisements de Chengjiang en Chine.
Anomalocaris était le géant des mers cambriennes, mesurant environ 60 centimètres à 1 mètre de longueur — une taille colossale dans un monde où la plupart des animaux ne dépassaient pas quelques centimètres. Son corps aplati dorso-ventralement était propulsé par des rangées de lobes natatoires latéraux qui ondulaient en séquence, comme les ailerons d'une raie. Sa tête portait une paire d'appendices frontaux articulés de 10 à 15 centimètres, armés d'épines, qui servaient à capturer les proies et les amener vers sa bouche circulaire ventrale. Ses grands yeux composés pédonculés, parmi les plus sophistiqués du Cambrien, contenaient jusqu'à 16 000 lentilles — une résolution exceptionnelle pour l'époque.
Anomalocaris était le super-prédateur apex absolu des océans cambriens. Ses grands appendices frontaux articulés et épineux lui permettaient de capturer, manipuler et immobiliser des proies de taille variée. Son régime incluait des trilobites (des traces de morsure circulaires sur des carapaces de trilobites lui sont attribuées), des vers, des hyolithes, des éponges et pratiquement tout organisme à sa portée. Sa bouche circulaire, entourée de plaques dentées disposées en anneaux concentriques, pouvait broyer les exosquelettes durs. Cependant, des études récentes suggèrent que certaines espèces d'Anomalocaris pouvaient être des filtreurs plutôt que des prédateurs actifs, utilisant leurs appendices comme des tamis pour filtrer le plancton.
Anomalocaris habitait les mers épicontinentales chaudes et peu profondes du Cambrien, dans des environnements riches en biodiversité. Les fossiles les plus célèbres proviennent des schistes de Burgess en Colombie-Britannique, Canada (508 Ma), mais des spécimens ont été retrouvés dans les gisements de Chengjiang en Chine (520 Ma), en Australie (Emu Bay Shale), au Maroc, et dans d'autres localités à travers le monde. Cette distribution globale confirme qu'Anomalocaris était un nageur actif capable de parcourir de grandes distances dans les océans cambriens. Il occupait probablement la colonne d'eau intermédiaire et les zones proches du fond, chassant activement dans des eaux où la visibilité était variable.
L'anatomie d'Anomalocaris est unique dans le règne animal. Son corps segmenté et aplati portait des rangées de lobes natatoires latéraux flexibles qui ondulaient en séquence pour assurer une propulsion fluide et efficace. Sa tête était dominée par une paire d'appendices frontaux articulés et épineux — ses principaux outils de prédation — et par deux grands yeux composés pédonculés contenant jusqu'à 16 000 lentilles individuelles (parmi les yeux les plus sophistiqués jamais évolués au Cambrien). Sa bouche circulaire ventrale, longtemps décrite comme un « ananas » fossile avant qu'on ne comprenne qu'elle appartenait à Anomalocaris, était entourée de plaques dentées formant un appareil de broyage. Fait remarquable, la bouche ne pouvait probablement pas se fermer complètement, ce qui a alimenté le débat sur son efficacité comme broyeur d'exosquelettes durs.
Anomalocaris était un nageur actif et agile, se propulsant par ondulation de ses lobes natatoires latéraux à la manière d'une raie moderne. Des simulations hydrodynamiques ont montré que cette méthode de propulsion était étonnamment efficace, permettant des vitesses de croisière suffisantes pour intercepter les proies cambriennes les plus rapides. Ses yeux composés à haute résolution (16 000 lentilles) lui permettaient de repérer les proies à distance dans les eaux cambriennes. Il chassait probablement de jour, utilisant sa vision supérieure comme avantage décisif sur des proies aux yeux moins développés. Sa position de super-prédateur apex signifiait qu'il n'avait aucun prédateur naturel — il était le T. rex des mers cambriennes, 450 millions d'années avant le vrai T. rex.
L'histoire de la découverte d'Anomalocaris est l'une des plus rocambolesques de la paléontologie. Décrit pour la première fois en 1892 par Joseph Frederick Whiteaves, seul l'appendice frontal était connu — et fut interprété comme l'abdomen d'une crevette (d'où le nom « crevette anormale »). Sa bouche circulaire fut décrite séparément comme une méduse fossile (Peytoia). Son corps fut confondu avec une éponge (Laggania). Ce n'est qu'en 1985 que Harry Whittington et Derek Briggs assemblèrent enfin les pièces du puzzle, réalisant que tous ces « fossiles différents » appartenaient au même animal. Des spécimens remarquablement complets des gisements de Chengjiang en Chine (520 Ma) ont permis d'affiner notre compréhension de son anatomie. En 2011, la découverte de ses yeux fossilisés avec 16 000 lentilles a révélé qu'il possédait l'un des systèmes visuels les plus sophistiqués du Cambrien.
| Période | Cambrien moyen à supérieur / Middle to Late Cambrian |
| Ère | Paléozoïque / Paleozoic |
| Âge | 520-488 Ma |
| Localisation | Schistes de Burgess (Canada), Chengjiang (Chine), mondial / Burgess Shale (Canada), Chengjiang (China), worldwide |
| Longueur | 60 cm - 1 m |
| Hauteur | 15 cm |
| Poids | ~5 kg (estimation) |
| Régime | Carnivore |
| Découverte | 1892 |
Non, Anomalocaris canadensis était un arthropode primitif du groupe des radiodontes, disparu environ 260 millions d'années avant l'apparition des dinosaures. Il vivait durant le Cambrien, il y a 520 à 488 millions d'années, dans les mers peu profondes. C'était le premier super-prédateur apex connu de l'histoire de la vie, sans aucun lien phylogénétique avec les reptiles.
En 1892, Joseph Frederick Whiteaves n'avait qu'un appendice frontal isolé, interprété comme l'abdomen d'une crevette. Sa bouche circulaire fut décrite séparément comme une méduse (Peytoia), son corps comme une éponge (Laggania). Ce n'est qu'en 1985 que Harry Whittington et Derek Briggs assemblèrent ces pièces pour reconnaître Anomalocaris canadensis comme un seul organisme cohérent — l'une des corrections les plus célèbres de l'histoire de la paléontologie.
Anomalocaris canadensis utilisait ses appendices frontaux articulés de 10 à 15 cm, armés d'épines, pour capturer les proies et les amener vers sa bouche circulaire ventrale garnie de plaques dentées. Des traces de morsures circulaires retrouvées sur des carapaces de trilobites lui sont directement attribuées. Ses yeux composés de 16 000 lentilles lui donnaient une vision exceptionnelle pour repérer les proies dans les eaux cambriennes.

Modèle d'Anomalocaris canadensis montrant ses appendices frontaux et sa bouche circulaire
Wikipedia Commons

Reconstitution artistique d'Anomalocaris, le super-prédateur du Cambrien
Nobu Tamura, CC BY-SA 3.0