
Tarbosaure
Le Tarbosaurus bataar vécut durant le Crétacé supérieur, il y a environ 70 millions d'années, à l'étage Maastrichtien. Il habitait les vastes plaines alluviales de l'actuelle Mongolie et de la Chine, dans un environnement semi-aride marqué par des cours d'eau saisonniers et des forêts clairsemées. Cette époque correspond aux derniers millions d'années du règne des dinosaures, avant la grande extinction du Crétacé-Paléogène. Le Tarbosaure était le superprédateur dominant de l'écosystème asiatique du Crétacé supérieur, occupant une niche écologique similaire à celle du Tyrannosaure en Amérique du Nord. Les formations géologiques de Nemegt et de Naran Bulag, où ses fossiles ont été retrouvés, témoignent d'un climat subtropical avec des saisons humides et sèches alternées.
Le Tarbosaurus bataar comptait parmi les plus grands théropodes carnivores ayant jamais existé, atteignant une longueur de 10 à 12 mètres et un poids estimé entre 4 et 5 tonnes. Son crâne massif mesurait environ 1,3 mètre de long, soit légèrement plus petit que celui du Tyrannosaure, mais tout aussi redoutable. Il se dressait à environ 3,5 mètres de hauteur au niveau des hanches. Proportionnellement, le Tarbosaure possédait les bras les plus courts de tous les tyrannosauridés connus : ses membres antérieurs étaient encore plus réduits que ceux du T. rex, avec seulement deux doigts fonctionnels minuscules. Sa queue longue et musclée servait de contrepoids à son crâne massif lors de la locomotion bipède.
Carnivore absolu et superprédateur incontesté de son écosystème, le Tarbosaurus bataar possédait une mâchoire garnie de 60 à 64 dents massives, épaisses et légèrement recourbées, conçues pour broyer les os et déchirer la chair de ses proies. Sa force de morsure, bien qu'inférieure à celle du T. rex, restait parmi les plus puissantes du règne animal, estimée à plus de 30 000 Newtons. Ses proies probables incluaient les grands hadrosaures comme Saurolophus angustirostris, les sauropodes titanosaures comme Nemegtosaurus, ainsi que d'autres herbivores de la Formation de Nemegt. Des marques de morsures attribuées au Tarbosaure ont été retrouvées sur des os de Saurolophus, confirmant directement ses habitudes alimentaires prédatrices. Il pratiquait probablement aussi le charognage opportuniste.
Le Tarbosaurus bataar vivait dans les plaines alluviales et les environnements fluviaux de ce qui constitue aujourd'hui le désert de Gobi, en Mongolie et dans le nord de la Chine. La Formation de Nemegt, principal gisement fossilifère du Tarbosaure, représente un ancien système de rivières et de plaines inondables entourées de zones semi-arides. Le climat était subtropical avec des saisons marquées, alternant entre périodes humides favorisant une végétation luxuriante et saisons sèches plus arides. L'écosystème de Nemegt était extraordinairement diversifié : on y trouvait des hadrosaures, des ankylosaures, des thérizinosaures géants comme Therizinosaurus, des ornithomimosaures comme Gallimimus, et le mystérieux Deinocheirus. Le Tarbosaure régnait au sommet de cette chaîne alimentaire complexe.
L'anatomie du Tarbosaurus bataar révèle un prédateur hautement spécialisé, très proche du Tyrannosaure mais avec des caractéristiques distinctives. Son crâne, bien que massif, était plus étroit et plus allongé que celui du T. rex, avec un museau plus fin. Les fenêtres temporales étaient proportionnellement plus petites, et la mâchoire inférieure présentait un mécanisme de verrouillage unique parmi les tyrannosauridés : une crête sur l'os dentaire s'emboîtait dans une rainure du surangulaire, rigidifiant la mandibule. Les orbites oculaires orientées vers l'avant lui conféraient une bonne vision binoculaire, bien que le champ de vision stéréoscopique fût légèrement plus réduit que chez le T. rex en raison du crâne plus étroit. Ses membres postérieurs étaient puissants et adaptés à la course, tandis que ses bras minuscules à deux doigts demeurent une énigme évolutive.
Le comportement du Tarbosaurus bataar est déduit de l'étude de ses fossiles et de son environnement paléoécologique. Plusieurs squelettes retrouvés à proximité les uns des autres dans la Formation de Nemegt suggèrent une possible grégarité, au moins chez les juvéniles, bien que les adultes aient pu être davantage solitaires et territoriaux. Des marques de morsures sur des os de Tarbosaure, infligées par d'autres individus de la même espèce, témoignent de combats intraspécifiques violents, probablement liés à la compétition pour les territoires ou les partenaires. Les études biomécaniques estiment sa vitesse maximale entre 25 et 40 km/h pour un adulte. La découverte de spécimens juvéniles aux proportions plus graciles suggère un changement ontogénétique de niche : les jeunes chassaient probablement des proies plus petites et rapides, tandis que les adultes s'attaquaient aux grands herbivores.
Le Tarbosaurus bataar fut découvert en 1946 lors d'une expédition paléontologique soviéto-mongole dirigée par Ivan Efremov dans le désert de Gobi. L'holotype, un crâne massif accompagné de fragments postcrâniens, fut décrit et nommé par le paléontologue soviétique Evgeny Maleev en 1955. Depuis cette découverte initiale, des dizaines de spécimens ont été mis au jour, ce qui fait du Tarbosaure l'un des tyrannosauridés les mieux représentés au monde. Parmi les découvertes les plus remarquables figure un squelette juvénile presque complet, permettant d'étudier la croissance ontogénétique de l'espèce. En 2012, un squelette de Tarbosaure illégalement exporté de Mongolie fut saisi aux États-Unis et restitué au gouvernement mongol, une affaire qui a attiré l'attention internationale sur le trafic de fossiles. Les principaux sites de découverte se trouvent dans les formations de Nemegt, Naran Bulag et Nogon Tsav en Mongolie.
| Période | Crétacé supérieur / Late Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 70 Ma / 70 Mya |
| Localisation | Mongolie, Chine / Mongolia, China |
| Longueur | 10–12 m / 33–39 ft |
| Hauteur | 3,5 m (hanches) / 3.5 m (hips) |
| Poids | 4–5 tonnes / 4.4–5.5 short tons |
| Régime | Carnivore |
| Découverte | 1946 |
Tarbosaurus bataar (Mongolie/Chine, 70 Ma) et Tyrannosaurus rex (Amérique du Nord, 66-68 Ma) sont deux tyrannosauridés très proches mais distincts. Le crâne de Tarbosaurus est plus étroit et allongé que celui du T. rex, avec un mécanisme de verrouillage de la mâchoire unique. Ses membres antérieurs étaient proportionnellement encore plus courts — les plus petits de tous les tyrannosauridés connus — avec seulement deux doigts fonctionnels.
Tarbosaurus bataar était le superprédateur de la Formation de Nemegt (désert de Gobi, 70 Ma). Ses proies probables incluaient le hadrosaure Saurolophus angustirostris et les sauropodes titanosaures comme Nemegtosaurus. Des marques de morsures de Tarbosaurus ont été retrouvées directement sur des os de Saurolophus, confirmation fossile directe. L'écosystème de Nemegt comprenait aussi le mystérieux Deinocheirus et le thérizinosaure géant Therizinosaurus.
Tarbosaurus bataar fut découvert en 1946 lors d'une expédition soviéto-mongole dirigée par Ivan Efremov dans le désert de Gobi. Le paléontologue soviétique Evgeny Maleev décrivit et nomma l'espèce en 1955 à partir d'un crâne massif et de fragments postcrâniens. Depuis, des dizaines de spécimens ont été exhumés, dont un squelette juvénile presque complet — l'un des tyrannosauridés les mieux représentés au monde.

Squelette monté de Tarbosaurus bataar dans l'exposition « Dinosaur Mysteries »
Lwilcoxson / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Reconstitution grandeur nature de deux Tarbosaurus bataar (adulte et subadulte) avec échelle humaine
Steveoc 86 / Wikimedia Commons (CC BY 2.5)