
Pentacératops
Le Pentaceratops vivait au Crétacé supérieur, il y a environ 76 à 73 millions d'années, durant l'étage Campanien. Cette période correspond à l'âge d'or de la diversité des cératopsiens chasmosaurinés en Amérique du Nord, bien avant l'apparition du Triceratops. Le Pentaceratops appartient à la sous-famille des Chasmosaurinae, un groupe caractérisé par de longues collerettes et des cornes sourcilières bien développées. Il vivait dans le sud-ouest de l'Amérique du Nord, dans ce qui constitue aujourd'hui le Nouveau-Mexique, une région qui abritait une faune de dinosaures distincte de celle du nord du continent. Le climat de l'époque était chaud et semi-aride, avec des saisons marquées et une végétation adaptée à des conditions relativement sèches.
Le Pentaceratops était un cératopsien de grande taille, mesurant environ 6 à 8 mètres de longueur pour un poids estimé entre 2,5 et 5 tonnes. Sa hauteur au niveau des hanches atteignait environ 2,5 mètres. La caractéristique la plus impressionnante du Pentaceratops est la taille de son crâne : certains spécimens possèdent l'un des plus grands crânes de tous les animaux terrestres ayant jamais existé, pouvant atteindre plus de 3 mètres de longueur totale en incluant la collerette. Cette collerette pariéto-squamosale, fenêtrée (percée de deux grandes ouvertures), était ornée de petites épines marginales et s'étendait bien au-delà de l'arrière du crâne. Malgré sa taille impressionnante, la collerette était relativement légère grâce à ses fenêtres pariétales.
Herbivore strict, le Pentaceratops se nourrissait des plantes basses et fibreuses du Crétacé supérieur, incluant des fougères, des cycadales, des conifères et les premières angiospermes qui commençaient à se diversifier. Son puissant bec corné à l'avant de la mâchoire pouvait sectionner les tiges les plus coriaces avec une efficacité remarquable. Les batteries dentaires à l'arrière de la mâchoire, composées de centaines de dents empilées en colonnes et continuellement remplacées, assuraient un cisaillement vertical efficace des fibres végétales. La position basse de sa tête le prédisposait naturellement à brouter la végétation proche du sol. Son habitat semi-aride suggère qu'il était adapté à une végétation plus sèche et plus coriace que celle consommée par les cératopsiens des régions côtières plus humides.
Le Pentaceratops habitait les plaines intérieures semi-arides du sud-ouest de l'Amérique du Nord, dans ce qui correspond aujourd'hui au Nouveau-Mexique. L'environnement du Campanien dans cette région était caractérisé par un climat chaud avec des saisons sèches marquées, des rivières saisonnières et une végétation de type chaparral mêlée de forêts ripicoles le long des cours d'eau. La Formation de Kirtland et la Formation de Fruitland, où les fossiles ont été découverts, représentent des environnements fluviaux et de plaines d'inondation. Le Pentaceratops coexistait avec des hadrosaures comme Parasaurolophus et Kritosaurus, des ankylosaures comme Nodocephalosaurus, et des théropodes comme les tyrannosaures primitifs. Cette faune du sud-ouest était distincte de celle du nord (Montana, Alberta), illustrant le provincialisme faunique du Crétacé nord-américain.
L'anatomie du Pentaceratops est dominée par son crâne spectaculaire. Malgré son nom signifiant « face à cinq cornes », il ne possède en réalité que trois cornes proprement dites : deux longues cornes sourcilières au-dessus des yeux et une corne nasale plus courte. Les deux « cornes » supplémentaires sont en fait des extensions pointues de l'os jugal (pommettes), présentes chez tous les cératopsidés mais particulièrement développées chez cette espèce. La collerette est l'une des plus grandes connues, fenêtrée par deux larges ouvertures pariétales qui allégeaient considérablement la structure. Le corps était massif et quadrupède, avec des membres antérieurs légèrement plus courts que les postérieurs. Les pieds étaient dotés de petits sabots adaptés à la locomotion terrestre. La musculature cervicale devait être extraordinairement développée pour supporter un crâne d'une telle taille.
Le Pentaceratops était probablement un animal grégaire, vivant en troupeaux qui parcouraient les plaines semi-arides à la recherche de zones de pâturage. Sa collerette massive et ses cornes imposantes servaient probablement lors de parades nuptiales et de combats ritualisés entre mâles pour l'accès aux partenaires, similairement aux cerfs ou aux bouquetins modernes. La grande collerette servait aussi de signal visuel pour la reconnaissance entre individus et entre espèces, une fonction importante dans un écosystème où plusieurs espèces de cératopsidés coexistaient. Face aux prédateurs comme les tyrannosaures, les adultes adoptaient probablement une posture défensive en abaissant la tête, présentant leurs cornes et leur collerette comme un bouclier. Les juvéniles restaient protégés au centre du troupeau lors des déplacements.
Le Pentaceratops sternbergi a été découvert et nommé en 1923 par Henry Fairfield Osborn, à partir de fossiles trouvés dans la Formation de Fruitland au Nouveau-Mexique par Charles H. Sternberg. L'espèce honore la célèbre famille Sternberg, des collecteurs de fossiles prolifiques qui ont contribué de manière majeure à la paléontologie nord-américaine. L'holotype (AMNH 6325) est un crâne partiel conservé au Muséum américain d'histoire naturelle de New York. Depuis la découverte originale, de nombreux spécimens ont été mis au jour dans le bassin de San Juan au Nouveau-Mexique, incluant des crânes presque complets et des éléments postcrâniens. Un spécimen controversé (OMNH 10165), un crâne gigantesque d'abord attribué au Pentaceratops, a ensuite été reclassé dans un genre distinct, Titanoceratops, en 2011 par Nicholas Longrich, bien que cette reclassification reste débattue par certains spécialistes.
| Période | Crétacé supérieur / Late Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 76-73 Ma |
| Localisation | Amérique du Nord (Nouveau-Mexique) / North America (New Mexico) |
| Longueur | 6-8 m |
| Hauteur | ~2.5 m |
| Poids | 2.5-5 tonnes |
| Régime | Herbivore |
| Découverte | 1923 |
Non, Pentaceratops sternbergi ne possédait que trois vraies cornes : deux longues cornes sourcilières et une corne nasale plus courte. Les deux « cornes » supplémentaires qui ont inspiré son nom sont des extensions pointues de l'os jugal (pommettes), présentes chez tous les cératopsidés mais particulièrement développées chez cette espèce du Campanien du Nouveau-Mexique.
Certains spécimens de Pentaceratops sternbergi possèdent un crâne dépassant 3 mètres de long, collerette incluse — parmi les plus grands de tout animal terrestre. La collerette pariéto-squamosale, fenêtrée par deux grandes ouvertures, pouvait s'étendre bien au-delà de la tête. Un spécimen géant (OMNH 10165) fut même reclassé en genre distinct, Titanoceratops, en 2011, bien que cette reclassification reste débattue.
Pentaceratops sternbergi vivait dans le sud-ouest de l'Amérique du Nord (Formations de Kirtland et Fruitland, Nouveau-Mexique), un écosystème semi-aride distinct de l'Alberta humide. Il coexistait avec Parasaurolophus, Kritosaurus, Nodocephalosaurus et des tyrannosaures primitifs — une faune provinciale différente de celles du Montana ou de l'Alberta, illustrant le provincialisme faunique du Crétacé nord-américain.

Reconstitution de Pentaceratops sternbergi
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Crâne monté de Pentaceratops au Sam Noble Museum
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