
Oxalaia
Oxalaia vécut durant le Crétacé supérieur, il y a environ 95 millions d'années, durant l'étage Cénomanien. Cette période correspond à une ère où l'Amérique du Sud était encore partiellement connectée à l'Afrique, expliquant les similitudes fauniques entre les spinosauridés des deux continents. Le climat était chaud et humide, avec des niveaux marins élevés qui créaient des environnements côtiers riches en poissons et en vie aquatique. Les températures tropicales favorisaient une biodiversité marine abondante, offrant aux prédateurs piscivores comme Oxalaia des ressources alimentaires considérables tout au long de l'année.
Oxalaia était un spinosauridé massif, estimé entre 12 et 14 mètres de longueur pour un poids de 5 à 7 tonnes, ce qui en fait le plus grand dinosaure carnivore jamais découvert au Brésil et le plus grand spinosauridé d'Amérique du Sud. Son crâne, partiellement connu, présentait un museau allongé et étroit typique des spinosauridés, avec des narines reculées permettant de respirer tout en ayant la gueule partiellement immergée. Sa taille rivalisait avec celle du célèbre Spinosaurus africain. Les estimations de taille sont basées sur l'extrapolation des fragments crâniens retrouvés, comparés aux proportions connues de Spinosaurus.
Piscivore principal, Oxalaia se nourrissait essentiellement de grands poissons, y compris des cœlacanthes et des dipneustes qui peuplaient les eaux côtières du Cénomanien brésilien. Son museau allongé, garni de dents coniques entrecroisées à l'avant, était parfaitement adapté pour saisir des proies glissantes dans l'eau. Comme les autres spinosauridés, il complétait probablement son régime avec des ptérosaures, des petits dinosaures et des tortues, adoptant un mode de vie semi-aquatique comparable à celui des crocodiliens modernes. Des fossiles de grands poissons Mawsonia retrouvés dans la même formation confirment la présence de proies adéquates pour un prédateur de cette envergure.
Oxalaia habitait les environnements côtiers et estuariens du nord-est du Brésil actuel, sur l'Ilha do Cajual dans l'État du Maranhão. Durant le Cénomanien, cette région était une zone côtière tropicale bordant l'océan Atlantique naissant, avec des mangroves, des lagunes et des deltas fluviaux riches en poissons. La Formation d'Alcântara, où les fossiles furent découverts, représente un ancien environnement de plaine côtière soumis aux marées. Cette formation a également livré des restes de ptérosaures, de crocodiliens et d'autres dinosaures théropodes, témoignant d'un écosystème côtier particulièrement diversifié.
L'anatomie d'Oxalaia est connue principalement par des fragments crâniens, incluant une portion de prémaxillaire et un fragment de maxillaire. Le prémaxillaire montre une rosette terminale caractéristique des spinosauridés, avec des alvéoles dentaires de grande taille indiquant des dents robustes et coniques. La morphologie crânienne est remarquablement similaire à celle de Spinosaurus aegyptiacus, suggérant un mode de vie comparable. L'absence de matériel postcrânien empêche de confirmer la présence d'une voile dorsale. Les analyses phylogénétiques placent Oxalaia comme un membre des Spinosaurinae, plus proche de Spinosaurus que de Baryonyx ou Suchomimus.
Oxalaia adoptait probablement un mode de vie semi-aquatique, passant une grande partie de son temps dans ou près de l'eau pour pêcher. Comme Spinosaurus, il utilisait vraisemblablement son long museau sensible pour détecter les vibrations des poissons dans l'eau trouble des estuaires. Sa grande taille le plaçait au sommet de la chaîne alimentaire dans son écosystème côtier, où il n'avait probablement aucun prédateur naturel. Les spinosauridés étaient possiblement des chasseurs solitaires et territoriaux. Des récepteurs sensoriels dans le museau, similaires à ceux des crocodiliens, lui permettaient de localiser ses proies même en eaux troubles.
Oxalaia quilombensis fut décrit en 2011 par Alexander Kellner et ses collaborateurs à partir de fragments crâniens découverts sur l'Ilha do Cajual, dans l'État du Maranhão au Brésil. Le nom générique honore Oxalá, une divinité du candomblé brésilien, et l'épithète spécifique fait référence aux communautés quilombolas de la région. Seuls un prémaxillaire incomplet et un fragment de maxillaire sont connus, mais leur grande taille et leur morphologie spinosauridienne distinctive ont permis une identification fiable. Les fossiles proviennent de sédiments marins peu profonds, indiquant que l'animal fréquentait les zones côtières soumises à l'influence des marées.
| Période | Crétacé supérieur / Late Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 95 Ma |
| Localisation | Brésil (Maranhão) / Brazil (Maranhão) |
| Longueur | 12-14 m |
| Hauteur | 4 m |
| Poids | 5-7 tonnes |
| Régime | Piscivore |
| Découverte | 2011 |
Oxalaia quilombensis, décrit en 2011 par Alexander Kellner, n'est connu que d'un prémaxillaire incomplet et d'un fragment de maxillaire découverts sur l'Ilha do Cajual, au Maranhão (Brésil). Malgré ce matériel partiel, la rosette terminale typique des spinosauridés et la grande taille des alvéoles dentaires ont permis une identification fiable et un rattachement aux Spinosaurinae.
Difficilement comparable faute de matériel complet. Les estimations placent Oxalaia quilombensis entre 12 et 14 mètres et 5 à 7 tonnes, ce qui rivalise avec les tailles minimales proposées pour Spinosaurus aegyptiacus. Oxalaia reste le plus grand dinosaure carnivore connu du Brésil et le plus grand spinosauridé d'Amérique du Sud identifié à ce jour.
Le nom générique honore Oxalá, divinité principale du candomblé brésilien, religion afro-brésilienne. L'épithète quilombensis fait référence aux communautés quilombolas du Maranhão, descendantes d'esclaves africains affranchis. Ces choix nomenclaturaux rendent hommage à la culture locale d'Amazonie, un geste rare en paléontologie où les noms font généralement référence à des traits anatomiques ou à des scientifiques.

Reconstitution d'Oxalaia quilombensis
PaleoGeek, Wikimedia Commons, CC BY-SA

Reconstitution de Baryonyx, proche parent d'Oxalaia
Wikimedia Commons, CC BY-SA