
Onchopristis
Onchopristis vécut durant le Crétacé inférieur à moyen, il y a environ 112 à 95 millions d'années (Albien à Cénomanien). Ce poisson-scie géant appartenait à l'ordre des Sclerorhynchiformes, un groupe éteint de raies à rostre denté qui n'est pas directement apparenté aux poissons-scies modernes (Pristidae) malgré une convergence morphologique frappante. Il évoluait dans les environnements estuariens et côtiers de ce qui est aujourd'hui l'Afrique du Nord, au sein d'un écosystème tropical riche incluant le célèbre Spinosaurus. Son extinction coïncide avec les changements environnementaux du Cénomanien-Turonien qui transformèrent radicalement les écosystèmes côtiers nord-africains.
Onchopristis est l'un des plus grands sclerorhynchiformes connus, avec une longueur estimée entre 6 et 8 mètres pour les plus grands spécimens. Son rostre (museau allongé en forme de scie) pouvait mesurer à lui seul 2 à 2,5 mètres de long et portait de grandes dents rostrales barbelées caractéristiques — chaque dent mesurant environ 2 à 5 centimètres et portant un ou deux barbillons latéraux distinctifs qui les rendent facilement identifiables dans le registre fossile. Son poids est estimé entre 500 kilogrammes et une tonne. Son corps aplati dorso-ventralement était typique des raies, avec de larges nageoires pectorales formant un disque aplati.
Onchopristis était un prédateur benthique spécialisé qui utilisait son rostre denté pour fouiller les sédiments et débusquer poissons, crustacés et mollusques enfouis dans le fond marin ou fluvial. Ses dents rostrales barbelées agissaient comme des harpons, empêchant les proies de s'échapper une fois empalées. Il pouvait également balayer latéralement son rostre dans les bancs de poissons pour assommer ou empaler ses proies, une technique similaire à celle des poissons-scies modernes. Ironie du sort, Onchopristis était lui-même une proie importante du Spinosaurus — de nombreuses dents rostrales d'Onchopristis ont été retrouvées en association avec des restes de Spinosaurus, et des dents de Spinosaurus ont été trouvées fichées dans des os d'Onchopristis.
Onchopristis peuplait les environnements côtiers, estuariens et fluviaux de ce qui est aujourd'hui le Sahara, à une époque où cette région était un delta tropical luxuriant traversé par d'immenses rivières. Ses fossiles sont principalement connus des formations du Kem Kem au Maroc et en Algérie, ainsi que de formations équivalentes en Égypte et en Tunisie. Ces dépôts représentent un vaste système fluvio-deltaïque tropical, avec des mangroves, des plaines d'inondation et des chenaux d'eau douce à saumâtre. Il partageait cet habitat avec une faune impressionnante incluant Spinosaurus, Carcharodontosaurus, Sarcosuchus et le cœlacanthe géant Mawsonia.
L'anatomie d'Onchopristis est caractérisée par son rostre spectaculaire — une extension du crâne portant des rangées de dents rostrales barbelées. Contrairement aux poissons-scies modernes dont les dents rostrales sont lisses, celles d'Onchopristis portent un ou deux barbillons latéraux recourbés vers l'arrière, comme des hameçons, rendant l'extraction des proies empalées presque impossible. Son corps aplati dorso-ventralement avec de larges nageoires pectorales fusionnées au corps formait un disque typique des raies. Sa bouche ventrale, située sous la tête, portait de petites dents pavimenteuses adaptées au broyage de proies à carapace. Ses yeux étaient positionnés dorsalement, lui permettant de surveiller les prédateurs depuis le fond.
Onchopristis passait probablement la majorité de son temps près du fond, partiellement enfoui dans les sédiments meubles des estuaires et rivières tropicales. Il utilisait son rostre électrosensible pour détecter les proies enfouies grâce aux ampoules de Lorenzini — des récepteurs électriques sensibles aux champs bioélectriques émis par les muscles des proies cachées. Sa technique de chasse combinait détection électrique, fouille des sédiments et mouvements latéraux rapides du rostre pour assommer les poissons. Malgré sa taille imposante, il était régulièrement chassé par le Spinosaurus, comme en témoignent les nombreuses associations fossiles entre ces deux espèces dans les dépôts du Kem Kem.
Onchopristis fut décrit pour la première fois par le paléontologue français Haug en 1905 à partir de dents rostrales isolées trouvées en Algérie. Le nom signifie 'crête en forme de scie' (du grec onkos 'crochet' + pristis 'scie'). Ses dents rostrales barbelées sont parmi les fossiles les plus abondants et reconnaissables des gisements du Kem Kem au Maroc, où elles sont vendues couramment sur les marchés locaux. Deux espèces sont reconnues : O. numidus (Afrique du Nord) et O. dunklei (Amérique du Nord). La découverte de multiples dents d'Onchopristis en association directe avec des restes de Spinosaurus a fourni des preuves cruciales pour reconstruire le régime alimentaire piscivore du célèbre théropode à voile.
| Période | Crétacé inf.-moyen / Early-Middle Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 112-95 Ma |
| Localisation | Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Égypte), Amérique du Nord / North Africa (Morocco, Algeria, Egypt), North America |
| Longueur | 6-8 m |
| Poids | 500-1000 kg |
| Régime | Carnivore (piscivore) |
| Découverte | 1905 |
Non, Onchopristis numidus n'était pas apparenté aux poissons-scies modernes (Pristidae) malgré une ressemblance frappante. Il appartenait aux Sclerorhynchiformes, un ordre éteint de raies à rostre denté. Sa similitude avec les Pristidae est un exemple de convergence évolutive — deux lignées distinctes ont développé indépendamment un rostre denté pour le même usage. Décrit par Haug en 1905 à partir de dents rostrales algériennes, il vivait il y a 112 à 95 millions d'années.
Onchopristis numidus atteignait 6 à 8 mètres de longueur pour un poids de 500 à 1 000 kilogrammes. Son rostre pouvait mesurer 2 à 2,5 mètres. Contrairement aux Pristidae modernes dont les dents rostrales sont lisses, celles d'Onchopristis portaient un ou deux barbillons latéraux recourbés vers l'arrière — comme des hameçons. Une proie empalée ne pouvait plus se dégager. Ces dents barbelées fossiles sont si abondantes dans les gisements du Kem Kem (Maroc) qu'on les retrouve sur les marchés locaux.
Des dents rostrales d'Onchopristis numidus ont été retrouvées en association directe avec des restes de Spinosaurus dans les dépôts du Kem Kem (Maroc-Algérie), et des dents de Spinosaurus ont été fichées dans des os d'Onchopristis. Ces associations fossiles constituent la preuve principale du régime piscivore du Spinosaurus. Onchopristis était à la fois une proie majeure de ce théropode géant et un acteur central de l'écosystème fluvio-deltaïque tropical qui couvrait l'actuel Sahara il y a 112 à 95 millions d'années.

Reconstitution d'Onchopristis numidus
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Restes fossiles d'Onchopristis numidus
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