
Tapejara
Tapejara wellnhoferi vécut au Crétacé inférieur, il y a environ 112 à 108 millions d'années, durant l'Albien. Ce ptérosaure brésilien est l'un des représentants les plus emblématiques des tapejaridés, une famille de ptérodactyloïdes caractérisée par des crêtes crâniennes spectaculaires et des becs courts et profonds. Tapejara fut découvert dans la Formation Santana du bassin d'Araripe, dans le nord-est du Brésil, l'un des gisements fossilifères les plus riches au monde pour les ptérosaures du Crétacé. Durant cette période, le Brésil et l'Afrique venaient à peine de se séparer par l'ouverture de l'Atlantique Sud, et la région d'Araripe était bordée par des mers peu profondes dans un climat tropical chaud. Tapejara coexistait avec une diversité remarquable d'autres ptérosaures (Anhanguera, Tropeognathus), des dinosaures théropodes, des crocodiliens et une riche faune de poissons dans les lagunes et mers peu profondes du Crétacé brésilien.
Tapejara était un ptérosaure de taille moyenne, avec une envergure estimée à environ 3,5 mètres, bien que certaines estimations plus conservatrices la placent autour de 2,5 mètres. Le corps était relativement compact par rapport aux ptérosaures piscivores à long bec comme Anhanguera. Son poids estimé variait entre 5 et 10 kg. La caractéristique la plus distinctive de Tapejara était sa crête crânienne composée de trois éléments : une lame osseuse sur le museau, une crête osseuse à l'arrière du crâne, et entre les deux, une voile semi-circulaire de tissu mou (préservée dans certains fossiles) qui agrandissait considérablement la surface de la crête. Le bec était court, profond et fortement courbé vers le bas, sans dents, ressemblant à celui d'un perroquet moderne. Le dimorphisme sexuel est suggéré par des variations dans la taille et la forme de la crête parmi les spécimens connus.
Le régime alimentaire de Tapejara est l'un des plus débattus parmi les ptérosaures. Contrairement aux ptérosaures piscivores classiques dotés de longs becs garnis de dents, Tapejara possédait un bec court, profond et édenté, fortement courbé, qui ne correspond pas au profil typique d'un chasseur de poissons. Plusieurs hypothèses ont été avancées. La plus populaire propose un régime frugivore ou omnivore, le bec en forme de perroquet étant idéal pour cueillir et broyer des fruits, des graines et de la végétation dure. Cette hypothèse est soutenue par la comparaison avec les oiseaux modernes possédant des becs similaires (perroquets, toucans, calaos). D'autres chercheurs suggèrent un régime incluant des mollusques, des crustacés ou d'autres invertébrés à coquille dure, le bec puissant pouvant écraser les carapaces. Une alimentation mixte combinant fruits, graines et petits animaux est probablement la plus réaliste, faisant de Tapejara l'un des rares ptérosaures potentiellement omnivores.
Tapejara vivait dans les environnements tropicaux du nord-est du Brésil au Crétacé inférieur, dans la région du bassin d'Araripe qui se situe aujourd'hui entre les états du Ceará, du Pernambuco et du Piauí. Durant l'Albien, cette région bordait les eaux chaudes de l'Atlantique Sud naissant, avec un paysage de plaines côtières, de lagunes, de mangroves et de forêts tropicales. La Formation Santana, d'où proviennent les fossiles, s'est déposée dans des conditions lagunaires et marines peu profondes caractérisées par une sédimentation rapide favorisant la fossilisation exceptionnelle. Le climat était chaud et probablement semi-aride avec des saisons humides, comme en témoigne la diversité de la flore et de la faune fossiles. Si Tapejara était effectivement frugivore, il fréquentait les zones boisées côtières et les galeries forestières le long des cours d'eau, plutôt que les milieux marins ouverts. Les ptérosaures du bassin d'Araripe montrent une remarquable diversité écologique, avec des niches alimentaires variées.
L'anatomie de Tapejara se distinguait par plusieurs caractères dérivés remarquables au sein des ptérosaures. Le crâne était court et profond, avec un bec puissant et fortement incurvé vers le bas, évoquant celui d'un perroquet ara. La crête crânienne était sa caractéristique la plus spectaculaire : composée d'une base osseuse sur le prémaxillaire (museau) et d'une lame osseuse occipitale (arrière du crâne), elle était amplifiée par une extension de tissu mou fibreux formant une large voile semi-circulaire visible dans les fossiles les mieux préservés. Cette crête pouvait presque doubler la hauteur apparente de la tête. Le cou était relativement court et robuste. Les ailes suivaient le plan ptérosaurien standard avec le quatrième doigt hyper-allongé soutenant la membrane, mais leurs proportions indiquent un vol plus manœuvrable que planant. Les membres postérieurs étaient bien développés pour la marche. Le squelette pneumatisé (os creux remplis d'air) réduisait le poids pour le vol tout en maintenant la rigidité structurelle.
Le comportement de Tapejara est étroitement lié à l'interprétation de sa crête crânienne spectaculaire et de son bec unique. La crête servait très probablement de signal visuel pour la reconnaissance intraspécifique, la sélection sexuelle et l'intimidation des rivaux. Des études aérodynamiques ont montré que la crête pouvait également influencer le vol en agissant comme une voile ou un gouverne, bien que ce rôle secondaire reste controversé. Certains chercheurs ont proposé que la crête membraneuse pouvait changer de couleur ou de motif, comme les gorges colorées de certains lézards, augmentant son efficacité comme signal social. Si Tapejara était frugivore, il se nourrissait probablement dans les arbres, utilisant ses griffes et ses pieds pour s'agripper aux branches tout en cueillant fruits et graines avec son bec puissant. Son vol manœuvrable lui permettait de naviguer dans les canopées forestières. La nidification se faisait probablement en colonies, comme chez la plupart des ptérosaures, possiblement dans les falaises côtières ou les grands arbres des forêts tropicales.
Tapejara fut décrit pour la première fois en 1989 par le paléontologue brésilien Alexander Kellner à partir de fossiles de la Formation Santana dans le bassin d'Araripe, au nord-est du Brésil. Le nom Tapejara vient du tupi ancien signifiant « le vieil être » ou « seigneur des anciens chemins » (tapé « chemin » + jara « seigneur »), un hommage à la culture indigène brésilienne. L'espèce type, T. wellnhoferi, honore Peter Wellnhofer, éminent spécialiste allemand des ptérosaures. Le bassin d'Araripe est célèbre mondialement pour la qualité exceptionnelle de ses fossiles crétacés, préservés dans des nodules calcaires qui protégeaient les spécimens de la déformation. Tapejara a joué un rôle central dans la révision taxonomique des tapejaridés, une famille qui incluait anciennement Tupandactylus et Tupuxuara avant leur reclassification. Des spécimens montrant la crête membraneuse préservée sont parmi les plus précieux, car ils démontrent que les crêtes des ptérosaures étaient bien plus grandes que les seules parties osseuses ne le suggèrent.
| Période | Crétacé inférieur / Early Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 112 - 108 Ma |
| Localisation | Amérique du Sud (Brésil, bassin d'Araripe) / South America (Brazil, Araripe Basin) |
| Longueur | Envergure / Wingspan: 3.5 m |
| Hauteur | ~0.8 m |
| Poids | 10-20 kg |
| Régime | Omnivore |
| Découverte | 1989 |
Non. Tapejara wellnhoferi était un ptérosaure de la famille des Tapejaridae — un reptile volant du Crétacé inférieur (112-108 Ma), sans lien de parenté directe avec les dinosaures. Les ptérosaures forment une lignée distincte au sein des archosaures. Tapejara vivait dans le bassin d'Araripe au Brésil actuel et a été décrit pour la première fois en 1989 par le paléontologue Alexander Kellner.
Contrairement aux ptérosaures piscivores à long bec garni de dents, Tapejara wellnhoferi possédait un bec court, édenté et fortement courbé vers le bas — morphologie comparable à celle des perroquets, toucans et calaos modernes, tous frugivores ou omnivores. L'hypothèse la plus répandue est un régime incluant des fruits, des graines et des petits animaux, faisant de Tapejara l'un des rares ptérosaures potentiellement frugivores.
La crête crânienne de Tapejara wellnhoferi était composée d'une base osseuse sur le prémaxillaire et d'une voile de tissu mou semi-circulaire (préservée dans certains fossiles du bassin d'Araripe) qui doublait presque la hauteur apparente de la tête. Sa fonction principale était probablement la signalisation visuelle pour la reconnaissance entre individus et la parade nuptiale. Des études aérodynamiques suggèrent aussi un rôle secondaire possible comme gouvernail en vol.

Reconstitution artistique de Tapejara wellnhoferi par Nobu Tamura
Nobu Tamura / Wikimedia Commons

Squelette fossile de Tapejara
Wikimedia Commons