
Albertonectes
Albertonectes vécut durant le Crétacé supérieur, il y a environ 76 à 72 millions d'années (Campanien), dans les eaux de la Voie Maritime Intérieure Occidentale qui recouvrait alors une grande partie de l'Amérique du Nord. Cette mer peu profonde et chaude s'étendait du golfe du Mexique jusqu'à l'océan Arctique, divisant le continent en deux masses terrestres distinctes. Albertonectes est un élasmosauridé, un groupe de plésiosaures caractérisés par des cous extraordinairement longs et des corps massifs. Sa découverte en Alberta, au Canada, a repoussé les limites de ce que les paléontologues croyaient possible en termes de longueur cervicale chez les reptiles marins.
Albertonectes vanderveldei est l'un des plus grands élasmosauridés connus, mesurant environ 11 mètres de longueur totale. Son cou spectaculaire, composé de 76 vertèbres cervicales — un record absolu parmi tous les vertébrés connus —, représentait à lui seul plus de 7 mètres, soit près des deux tiers de la longueur de l'animal. Son poids est estimé entre 2 et 3 tonnes, une masse substantielle soutenue par quatre grandes nageoires en forme de palettes. Son crâne, proportionnellement petit par rapport au corps, mesurait environ 30 centimètres. Ce rapport tête-cou extrême est l'une des proportions anatomiques les plus spectaculaires du règne animal.
Albertonectes était un piscivore spécialisé, se nourrissant de poissons de petite et moyenne taille ainsi que de céphalopodes (calmars et ammonites) dans les eaux de la Voie Maritime Intérieure. Son long cou flexible lui permettait de chasser de manière discrète, approchant ses proies sans que son corps massif ne soit détecté. Ses dents, longues et fines comme des aiguilles, étaient parfaitement adaptées pour saisir des poissons glissants. Il chassait probablement en nageant lentement puis en projetant sa petite tête vers l'avant avec une rapidité fulgurante pour capturer les poissons par surprise. Des gastrolithes (pierres d'estomac) retrouvés avec le spécimen suggèrent un rôle dans la digestion ou le lest.
Albertonectes habitait les eaux peu profondes à modérément profondes de la Voie Maritime Intérieure Occidentale, dans la région correspondant aujourd'hui à l'Alberta, au Canada. Cette mer intérieure était un écosystème marin extrêmement productif, réchauffé par des courants tropicaux et abritant une faune diversifiée de poissons, d'ammonites, de requins et de reptiles marins. Les sédiments de la Formation de Bearpaw, où Albertonectes a été découvert, indiquent un environnement marin ouvert avec une profondeur d'eau modérée. Il cohabitait avec des mosasaures, d'autres plésiosaures, des tortues marines géantes et une variété de poissons osseux et cartilagineux.
L'anatomie d'Albertonectes est dominée par son cou phénoménal de 76 vertèbres cervicales — c'est le plus grand nombre de vertèbres cervicales jamais enregistré chez un animal. À titre de comparaison, les girafes n'en possèdent que 7 et les élasmosauridés typiques entre 60 et 72. Chaque vertèbre cervicale était relativement courte et comprimée, permettant une flexibilité latérale remarquable tout en limitant les mouvements verticaux. Ses quatre nageoires puissantes, transformées en palettes hydrodynamiques, lui fournissaient une propulsion efficace par des mouvements simultanés rappelant le « vol sous-marin » des tortues marines. Son corps trapu et compact contrastait avec l'élégance de son cou interminable.
Albertonectes était un nageur relativement lent mais endurant, parcourant les eaux de la Voie Maritime Intérieure à la recherche de bancs de poissons. Sa stratégie de chasse reposait sur l'embuscade à longue portée : son corps massif restait immobile ou dérivait lentement tandis que son cou de 7 mètres balayait silencieusement une vaste zone de chasse, surprenant les poissons avant qu'ils ne détectent le danger. Les gastrolithes retrouvés dans sa cavité abdominale servaient probablement de lest pour contrôler sa flottabilité et maintenir une position stable en profondeur. Comme tous les plésiosaures, il devait remonter régulièrement à la surface pour respirer, étant un reptile à poumons et non un animal branchial.
Albertonectes fut décrit en 2012 par le paléontologue Tai Kubo et ses collègues, à partir d'un spécimen remarquablement complet découvert dans la Formation de Bearpaw, près de Lethbridge, dans le sud de l'Alberta, au Canada. Le nom du genre signifie « nageur de l'Alberta », tandis que l'espèce vanderveldei honore Ren Vandervelde, membre de l'équipe de fouilles. L'holotype comprend la majeure partie du squelette postcranien, incluant les 76 vertèbres cervicales complètes, ce qui est exceptionnel pour un élasmosauridé. Le spécimen est conservé au Musée royal Tyrrell de paléontologie à Drumheller, Alberta. Cette découverte a établi un nouveau record pour le plus grand nombre de vertèbres cervicales chez tout vertébré connu.
| Période | Crétacé supérieur / Late Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 76-72 Ma |
| Localisation | Alberta, Canada |
| Longueur | 11 m |
| Hauteur | 1.5 m |
| Poids | 2-3 tonnes |
| Régime | Piscivore |
| Découverte | 2012 |
Albertonectes vanderveldei détenait 76 vertèbres cervicales — le plus grand nombre jamais enregistré chez un vertébré. Son cou de 7 mètres représentait près des deux tiers de sa longueur totale de 11 mètres. Pour comparaison, les girafes n'ont que 7 vertèbres cervicales, et les élasmosauridés typiques entre 60 et 72. Ce plésiosaure campanien (76-72 Ma) d'Alberta, décrit en 2012 par Kubo, a établi un record toujours inégalé.
Albertonectes vanderveldei utilisait son cou exceptionnel comme une arme d'embuscade : son corps massif de 2-3 tonnes restait immobile ou dérivait lentement, tandis que le cou balayait silencieusement une vaste zone. Ses dents en aiguilles saisissaient les poissons par surprise dans la voie maritime intérieure occidentale. Des gastrolithes retrouvés avec le spécimen suggèrent qu'il avalait aussi des pierres pour contrôler sa flottabilité.
Albertonectes vanderveldei a été décrit en 2012 par Tai Kubo et ses collègues, à partir d'un spécimen remarquablement complet — incluant les 76 vertèbres cervicales — découvert dans la formation de Bearpaw près de Lethbridge, en Alberta, Canada. Le spécimen est conservé au Musée royal Tyrrell de paléontologie à Drumheller. L'espèce honore Ren Vandervelde, membre de l'équipe de fouilles.

Reconstitution d'Albertonectes vanderveldei montrant son cou exceptionnellement long
Nobu Tamura, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Fossile d'Albertonectes vanderveldei avec gastrolithes visibles
Wikimedia Commons