
Le V-2, ou Vergeltungswaffe 2 (arme de représailles 2), est le premier missile balistique de l'histoire. Conçu par Wernher von Braun à Peenemünde, ce missile supersonique de 14 mètres frappe Londres et Anvers sans aucune possibilité d'interception, préfigurant l'ère des missiles balistiques intercontinentaux et de la conquête spatiale.
Le développement du V-2 commence dans les années 1930 sous la direction de Walter Dornberger et du jeune ingénieur Wernher von Braun, passionné de fusées depuis son adolescence. Le programme de fusées militaires allemand débute en 1932 à Kummersdorf, près de Berlin, avant de déménager en 1937 vers le centre de recherche de Peenemünde, sur l'île d'Usedom en mer Baltique, un site choisi pour son isolement. Le projet, désigné Aggregat 4 (A-4), vise à créer un missile balistique à longue portée capable de frapper l'Angleterre depuis le continent. Après des années de développement et de nombreux échecs, le premier vol réussi de l'A-4 a lieu le 3 octobre 1942 : le missile atteint une altitude de 84,5 km et parcourt 190 km, devenant le premier objet fabriqué par l'homme à atteindre l'espace. Dornberger déclare alors : « Aujourd'hui, la fusée spatiale est née. » Hitler, initialement sceptique, devient enthousiaste et ordonne la production en masse. Albert Speer, ministre de l'armement, confie la production au sinistre général SS Hans Kammler. L'usine souterraine de Mittelwerk, creusée dans les montagnes du Harz par les prisonniers du camp de concentration de Dora-Mittelbau, est le principal site de production. Les conditions y sont épouvantables : environ 20 000 prisonniers meurent dans la fabrication des V-2, plus que les victimes de ses bombardements.
Le V-2 mesure 14 m de haut pour un diamètre de 1,65 m et pèse 12 508 kg au lancement. Sa propulsion est assurée par un moteur-fusée à propergol liquide brûlant un mélange d'éthanol (75%) et d'oxygène liquide, développant une poussée de 25 tonnes pendant 65 secondes. Le missile atteint une vitesse maximale de 5 760 km/h (Mach 4,7) et une altitude maximale de 88 km lors de sa trajectoire balistique parabolique. La portée opérationnelle est d'environ 320 km. L'ogive contient 980 kg d'Amatol, un explosif puissant. Le système de guidage combine un gyroscope et un accéléromètre qui coupent le moteur lorsque la vitesse calculée est atteinte, mais la précision reste médiocre : la CEP (erreur circulaire probable) est d'environ 17 km, ce qui limite le V-2 à un rôle de terreur contre des zones urbaines plutôt qu'à un usage militaire précis. Le V-2 est lancé depuis des plates-formes mobiles Meillerwagen, rendant les sites de lancement extrêmement difficiles à repérer et à détruire. Le temps de préparation au tir est d'environ 90 minutes. Plus de 3 000 V-2 sont produits à Mittelwerk entre septembre 1944 et mars 1945.
Le premier V-2 opérationnel frappe Paris le 8 septembre 1944, suivi le même jour par le premier tir sur Londres. Contrairement au V-1, missile de croisière lent et bruyant qui peut être intercepté par la chasse et la DCA, le V-2 arrive à Mach 4,7 sans aucun avertissement : l'explosion précède le son du missile. Il n'existe aucune défense contre le V-2 — les Alliés ne peuvent que bombarder les sites de production et tenter de capturer les zones de lancement. Londres reçoit 1 358 V-2 entre septembre 1944 et mars 1945, tuant 2 754 personnes et en blessant 6 523. L'attaque la plus meurtrière frappe un magasin Woolworths à New Cross le 25 novembre 1944, tuant 168 personnes. Anvers, port vital pour le ravitaillement allié, est la cible principale avec 1 610 V-2, tuant 1 736 civils et 682 militaires. Le pire incident y est l'explosion d'un V-2 sur le cinéma Rex le 16 décembre 1944, tuant 567 personnes dont 296 militaires alliés. Les Pays-Bas subissent également des bombardements dévastateurs. Au total, environ 3 225 V-2 sont tirés en opérations, tuant environ 9 000 civils et militaires.
Le V-2 est le dernier-né d'une série de fusées expérimentales Aggregat. L'A-1 et l'A-2 sont de petites fusées de test des années 1930. L'A-3, testé en 1937, échoue en raison de problèmes de guidage. L'A-5, version réduite de l'A-4, sert de banc d'essai. Le V-2 lui-même connaît des évolutions prévues mais jamais réalisées : l'A-4b ajoute des ailes pour augmenter la portée (un prototype est testé en janvier 1945), l'A-9 est une version pilotée à longue portée, et l'A-10, un premier étage géant, devait servir de booster pour l'A-9, créant un missile intercontinental capable de frapper New York (projet Amerika-Bomber). Ces projets restent au stade conceptuel. Les Allemands développent également le Wasserfall, une version antiaérienne guidée du V-2, et le Taifun, une petite fusée antiaérienne non guidée. Le V-1, missile de croisière à pulsoréacteur, est souvent associé au V-2 mais repose sur une technologie entièrement différente. Après la guerre, les V-2 capturés deviennent la base des programmes spatiaux américain et soviétique : les fusées Redstone, Jupiter et Saturn de von Braun descendent directement du V-2, tout comme le missile soviétique R-1 de Sergueï Korolev.
Le V-2 est l'une des armes les plus significatives de l'histoire, non pas pour son impact militaire direct — relativement limité par rapport aux bombardements conventionnels — mais pour les technologies qu'il inaugure. C'est le premier objet fabriqué par l'homme à atteindre l'espace, le premier missile balistique opérationnel, et l'ancêtre direct de toutes les fusées spatiales et de tous les missiles balistiques intercontinentaux modernes. L'héritage moral du V-2 est profondément troublant. Wernher von Braun, membre du parti nazi et officier SS, utilise le travail forcé de prisonniers de camps de concentration pour réaliser son rêve spatial. Après la guerre, il est recruté par les Américains dans le cadre de l'opération Paperclip et devient le père du programme spatial américain, concevant la fusée Saturn V qui envoie des hommes sur la Lune en 1969. De l'autre côté, les Soviétiques capturent des ingénieurs et du matériel V-2 pour lancer leur propre programme de missiles, menant au Spoutnik et à la course à l'espace. Le satiriste Tom Lehrer résume cette ambiguïté morale dans sa chanson sur von Braun : « Once the rockets are up, who cares where they come down? That's not my department, says Wernher von Braun. » Le V-2 reste le symbole de l'exploitation de la science par la barbarie, et de la récupération moralement ambiguë de cette science par les vainqueurs.
Le V-2 (Vergeltungswaffe 2), conçu par Wernher von Braun à Peenemünde, est le premier missile balistique opérationnel de l'histoire. Mesurant 14 m, il atteignait Mach 4,7 (5 760 km/h) et une altitude de 88 km lors de son vol — le premier objet fabriqué par l'homme à atteindre l'espace, le 3 octobre 1942. Il arrivait sans aucun avertissement sonore, l'explosion précédant le bruit du missile, rendant toute défense impossible.
Londres reçut 1 358 V-2 entre septembre 1944 et mars 1945, tuant 2 754 personnes et en blessant 6 523. L'attaque la plus meurtrière frappa un magasin Woolworths à New Cross le 25 novembre 1944, tuant 168 personnes. Anvers, principale cible avec 1 610 V-2, perdit 1 736 civils et 682 militaires. Le pire incident y fut l'explosion d'un V-2 sur le cinéma Rex le 16 décembre 1944, tuant 567 personnes.
L'usine souterraine de Mittelwerk, creusée dans les montagnes du Harz par les prisonniers du camp de concentration de Dora-Mittelbau, est le principal site de production des V-2. Environ 20 000 prisonniers y moururent de surmenage, de famine et de mauvais traitements pour fabriquer les missiles — davantage que les 9 000 victimes civiles et militaires de leurs bombardements opérationnels.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Panzer IV
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T-34
Le T-34 est considéré comme le meilleur char moyen de la Seconde Guerre mondiale et l'un des plus influents de l'histoire militaire. Produit à plus de 84 000 exemplaires, sa combinaison de blindage incliné, de mobilité et de puissance de feu a choqué les Allemands en 1941 et renversé l'équilibre des forces sur le front de l'Est.

Supermarine Spitfire
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U-Boot Type VII
Le U-Boot Type VII est le sous-marin le plus produit de l'histoire avec 703 exemplaires. Colonne vertébrale de la Kriegsmarine durant la Bataille de l'Atlantique, ces submersibles ont failli couper les lignes d'approvisionnement vitales entre l'Amérique et le Royaume-Uni, menaçant la survie même de la Grande-Bretagne.