
L'opération Torch est le débarquement allié en Afrique du Nord française le 8 novembre 1942, premier engagement majeur des forces américaines contre l'Axe. Cette opération marque le début de la libération du bassin méditerranéen et forge l'alliance anglo-américaine qui mènera à la victoire en Europe.
Torch naît d'un compromis stratégique entre les Alliés. Les Américains (Marshall, Eisenhower) veulent un débarquement en France dès 1942 ou 1943, mais les Britanniques (Churchill, Brooke) estiment les forces alliées insuffisantes et préfèrent une approche périphérique via la Méditerranée. Roosevelt tranche en faveur de Churchill : les forces américaines doivent combattre les Allemands quelque part en 1942 pour des raisons politiques (élections de mi-mandat). L'Afrique du Nord française (Maroc, Algérie, Tunisie) est choisie comme cible : le terrain de Rommel sera pris en tenaille entre les forces de Torch à l'ouest et la 8e armée de Montgomery à l'est. Eisenhower est nommé commandant en chef. La question politique est délicate : l'Afrique du Nord est sous contrôle de Vichy, et les sentiments des forces françaises sont incertains. Des négociations secrètes sont menées avec des officiers français sympathisants via le diplomate Robert Murphy. Le général Clark effectue une mission clandestine spectaculaire en sous-marin près d'Alger en octobre 1942 pour rencontrer des contacts français.
Le 8 novembre 1942, trois forces amphibies convergent simultanément sur l'Afrique du Nord. La Western Task Force (Patton) débarque au Maroc (Casablanca, Port-Lyautey, Safi) après une traversée transatlantique directe depuis les États-Unis — un exploit logistique sans précédent. La Center Task Force (Fredendall) frappe Oran en Algérie. L'Eastern Task Force (Ryder), avec une forte composante britannique, vise Alger. La résistance française est variable : à Alger, le coup d'état des résistants du groupe des « Quarante » neutralise les autorités vichystes et les combats cessent rapidement. À Oran, la résistance est plus sérieuse (trois jours de combat). Au Maroc, les combats sont les plus durs, notamment en mer où la marine française de Casablanca engage la flotte américaine. L'amiral Darlan, commandant des forces de Vichy présent par hasard à Alger, négocie un cessez-le-feu le 10 novembre après hésitations. Hitler réplique en envahissant la zone libre en France (opération Anton) et en précipitant des troupes en Tunisie par voie aérienne.
L'opération Torch engage 107 000 soldats dans la première vague, transportés par 350 navires de guerre et 500 transports — la plus grande flotte amphibie constituée à cette date. Les forces sont majoritairement américaines car on espère que les Français de Vichy, encore amers de Mers-el-Kébir, résisteront moins aux Américains qu'aux Britanniques. La Western Task Force aligne 35 000 hommes avec 250 chars. La Center Task Force engage 39 000 hommes. L'Eastern Task Force, 33 000 hommes avec une composante britannique importante. L'US Navy fournit une couverture navale massive incluant 3 cuirassés, 7 porte-avions et 8 croiseurs. Les forces françaises de Vichy en Afrique du Nord comptent environ 120 000 soldats, mais leur combativité est incertaine et leur équipement obsolète. La marine française à Casablanca aligne le cuirassé inachevé Jean Bart (sabordé au port), des croiseurs et des destroyers. Après le cessez-le-feu, les forces françaises rejoignent progressivement les Alliés et formeront le noyau de l'armée française de libération.
Torch est un succès stratégique malgré des difficultés tactiques. L'Afrique du Nord française est conquise en huit jours avec des pertes relativement modestes : environ 1 400 Alliés et 1 300 Français tués. Cependant, la course vers la Tunisie échoue : les Allemands, réagissant avec leur rapidité habituelle, aéroportent des troupes à Tunis et Bizerte et établissent une tête de pont avant les Alliés. La campagne de Tunisie qui s'ensuit dure six mois supplémentaires (novembre 1942 - mai 1943), incluant la défaite humiliante de Kasserine Pass en février 1943 où les troupes américaines inexpérimentées sont bousculées par l'Afrika Korps. Politiquement, l'accord avec Darlan (ancien collaborateur de Vichy) scandalise l'opinion alliée et les gaullistes, mais s'avère pragmatiquement efficace. L'assassinat de Darlan le 24 décembre 1942 simplifie la situation politique. La rivalité de Gaulle-Giraud se résout progressivement en faveur de De Gaulle.
Torch a un impact considérable sur le cours de la guerre. Elle ouvre le bassin méditerranéen aux Alliés, soulage Malte assiégée, et mène à la capitulation de 250 000 soldats de l'Axe en Tunisie (mai 1943) — plus que Stalingrad. Elle sert de tremplin pour les invasions de la Sicile (juillet 1943) et de l'Italie (septembre 1943), qui provoquent la chute de Mussolini. Pour les forces américaines, c'est un baptême du feu crucial : les erreurs commises en Afrique du Nord (commandement, tactique, logistique) sont corrigées avant les débarquements en Europe. Eisenhower, Bradley et Patton acquièrent l'expérience de combat qui les préparera pour Overlord. Torch crée aussi les bases de la coopération interalliée, avec un commandement intégré anglo-américain qui servira de modèle pour le SHAEF. Elle permet enfin le ralliement des forces françaises d'Afrique du Nord — 250 000 hommes qui formeront l'armée française de libération, participant aux campagnes d'Italie, de Provence et d'Allemagne.
L'opération Torch se déroule le 8 novembre 1942 en Afrique du Nord française, avec trois débarquements simultanés au Maroc (Patton) et en Algérie à Oran (Fredendall) et à Alger (Ryder). Eisenhower commande l'ensemble de l'opération. Au total, 107 000 soldats débarquent dans la première vague, transportés par 350 navires de guerre et 500 transports — la plus grande flotte amphibie constituée à cette date.
L'Afrique du Nord française est conquise en huit jours avec environ 1 400 Alliés et 1 300 Français tués. Mais la course vers la Tunisie échoue : l'Allemagne aéroporta des troupes à Tunis avant les Alliés. La campagne de Tunisie dure six mois supplémentaires, incluant la défaite de Kasserine Pass en février 1943. Elle se conclut par la capitulation de 250 000 soldats de l'Axe en mai 1943 — plus que Stalingrad.
L'accord avec l'amiral Darlan, ancien haut responsable de Vichy présent par hasard à Alger, scandalise l'opinion alliée et les gaullistes car il légitime un collaborateur notoire. Cependant, il permet un cessez-le-feu rapide le 10 novembre 1942 et le ralliement des forces françaises d'Afrique du Nord. L'assassinat de Darlan le 24 décembre 1942 simplifie la situation politique et ouvre la voie à de Gaulle face à Giraud.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Opération Barbarossa
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