
La guerre sous-marine allemande, menée par les U-Boote de la Kriegsmarine, visa à couper les lignes de ravitaillement transatlantiques de la Grande-Bretagne, menaçant la survie même de l'île durant la Bataille de l'Atlantique.
La guerre sous-marine de la Seconde Guerre mondiale puise ses origines dans l'expérience de la Première Guerre mondiale, durant laquelle l'Allemagne impériale avait déjà tenté de soumettre la Grande-Bretagne par un blocus sous-marin. En 1917, la campagne de guerre sous-marine à outrance avait failli réussir, réduisant les réserves alimentaires britanniques à seulement six semaines avant que l'introduction du système de convois ne renverse la situation. Cette leçon historique ne fut pas oubliée par les stratèges allemands de l'entre-deux-guerres. Karl Dönitz, qui avait lui-même commandé un sous-marin durant la Grande Guerre et avait été fait prisonnier par les Britanniques, devint le principal architecte de la doctrine sous-marine allemande. Promu au commandement de la flotte de sous-marins en 1935, Dönitz développa la tactique des meutes de loups, ou Rudeltaktik, qui devait révolutionner la guerre sous-marine. Le principe consistait à rassembler plusieurs sous-marins pour attaquer simultanément un convoi, submergeant ses escortes par le nombre. Contrairement à la Première Guerre mondiale où les sous-marins opéraient individuellement, la Rudeltaktik transformait les U-Boote en une force coordonnée et meurtrière. Le Traité de Versailles avait interdit à l'Allemagne de posséder des sous-marins, mais le réarmement secret commença dès les années 1920, et le Traité naval anglo-allemand de 1935 autorisa officiellement la construction d'une flotte sous-marine. Dönitz estimait qu'il lui fallait au minimum 300 sous-marins opérationnels pour imposer un blocus efficace de la Grande-Bretagne. Lorsque la guerre éclata en septembre 1939, il n'en disposait que de 57, dont seulement 22 étaient des sous-marins océaniques de Type VII capables d'opérer dans l'Atlantique. Malgré cette insuffisance numérique, Dönitz était convaincu que le sous-marin, arme relativement peu coûteuse à produire, pouvait être le facteur décisif de la guerre en étranglant les importations vitales de la Grande-Bretagne. La géographie jouait en faveur de l'Allemagne, puisque la Grande-Bretagne dépendait presque entièrement de ses importations maritimes pour son alimentation, ses matières premières et son pétrole. Winston Churchill lui-même reconnut après la guerre que la menace sous-marine avait été la seule chose qui l'avait profondément effrayé durant le conflit.
Les principes de la guerre sous-marine allemande reposaient sur une logique d'attrition économique visant à couler davantage de navires marchands que les Alliés ne pouvaient en construire. Le calcul de Dönitz était simple et implacable : si ses U-Boote pouvaient couler 700 000 tonnes de navires marchands par mois, les chantiers navals alliés seraient incapables de compenser ces pertes, et la Grande-Bretagne serait progressivement affamée jusqu'à la capitulation. La tactique des meutes de loups constituait le coeur de cette stratégie. Un sous-marin éclaireur repérait un convoi et transmettait sa position, son cap et sa vitesse au quartier général des U-Boote à Lorient ou à Paris. Dönitz coordonnait alors personnellement le rassemblement de tous les sous-marins disponibles dans la zone, formant une ligne de patrouille en travers de la route probable du convoi. L'attaque était lancée de nuit, en surface, les sous-marins pénétrant à l'intérieur même du convoi pour tirer leurs torpilles à courte distance. Cette tactique d'attaque en surface de nuit rendait les sous-marins quasiment indétectables par les sonars ASDIC des escorteurs, qui ne fonctionnaient que contre des cibles immergées. Un autre principe fondamental était la guerre au tonnage, le Tonnagekrieg. Dönitz ne cherchait pas nécessairement à couler des navires transportant des cargaisons spécifiques, mais à réduire le tonnage total disponible pour les Alliés. Chaque navire coulé, quel que fût son chargement, contribuait à l'effort de guerre en diminuant la capacité de transport alliée. Les U-Boote opéraient selon le principe de la concentration des forces là où les convois étaient les moins protégés. Au début de la guerre, cela signifiait les approches occidentales des îles Britanniques. Puis, à mesure que les escortes se renforçaient, les zones d'opération se déplacèrent vers le milieu de l'Atlantique, le fameux Black Gap ou trou noir de l'Atlantique, zone hors de portée des avions de patrouille côtiers alliés. Les sous-marins exploitaient aussi les eaux côtières américaines après l'entrée en guerre des États-Unis, lors de la deuxième Happy Time de janvier à août 1942, où les navires marchands naviguaient encore sans escorte et sans black-out. La communication radio, bien que vitale pour la coordination des meutes, constituait paradoxalement une faiblesse exploitable, les transmissions pouvant être interceptées et localisées par radiogoniométrie.
L'application de la guerre sous-marine connut plusieurs phases distinctes au cours du conflit. La première phase, de septembre 1939 à juin 1940, fut caractérisée par des opérations limitées en raison du faible nombre de U-Boote disponibles. Néanmoins, les sous-marins remportèrent des succès notables, notamment le torpillage du porte-avions HMS Courageous par l'U-29 dès le 17 septembre 1939, et l'audacieux raid de Günther Prien dans la base navale de Scapa Flow le 14 octobre 1939, où il coula le cuirassé HMS Royal Oak. La chute de la France en juin 1940 changea radicalement la donne stratégique. Les bases de sous-marins établies sur la côte atlantique française, à Lorient, Brest, Saint-Nazaire, La Rochelle et Bordeaux, raccourcissaient considérablement le trajet des U-Boote vers les zones de chasse atlantiques. S'ouvrit alors la première Happy Time, d'octobre 1940 à mars 1941, période durant laquelle les as sous-mariniers comme Otto Kretschmer, Joachim Schepke et Günther Prien infligèrent des pertes terribles aux convois britanniques. Les U-Boote opéraient souvent seuls ou en petits groupes, et les escortes britanniques étaient encore insuffisantes et mal équipées. L'année 1941 vit un durcissement de la bataille. Les Britanniques améliorèrent progressivement leurs défenses avec des escortes plus nombreuses, le radar embarqué, et surtout le décryptage des communications Enigma de la marine allemande par les spécialistes de Bletchley Park. Après l'entrée en guerre des États-Unis en décembre 1941, l'opération Paukenschlag envoya cinq U-Boote au large de la côte est américaine, déclenchant la deuxième Happy Time. Les navires marchands, silhouettés par les lumières des villes côtières, furent torpillés en masse. En six mois, plus de 600 navires furent coulés dans les eaux américaines. Le pic de la bataille de l'Atlantique fut atteint en mars 1943, lorsque les U-Boote coulèrent plus de 600 000 tonnes en un seul mois. Mais ce fut le chant du cygne de la guerre sous-marine allemande, car les Alliés déployèrent simultanément des escortes supplémentaires, des avions à très long rayon d'action, des porte-avions d'escorte et des groupes de chasseurs-tueurs qui retournèrent la situation de manière décisive.
Les résultats de la guerre sous-marine furent considérables des deux côtés du conflit. Du côté allemand, les U-Boote coulèrent au total environ 2 779 navires marchands alliés, représentant près de 14,7 millions de tonnes de jauge brute. Ils coulèrent également 175 navires de guerre alliés, dont deux cuirassés, trois porte-avions, et de nombreux croiseurs, destroyers et corvettes. Ces chiffres témoignent de l'ampleur de la menace que représenta la guerre sous-marine pour l'effort de guerre allié. À certains moments critiques, notamment au printemps 1943, la situation fut réellement dangereuse pour les Alliés, qui virent leurs réserves stratégiques diminuer de manière alarmante. Cependant, les pertes allemandes furent effroyables. Sur environ 1 162 U-Boote engagés durant le conflit, 785 furent coulés, soit un taux de pertes de plus de 67 pour cent. Sur les quelque 40 000 sous-mariniers allemands qui servirent durant la guerre, environ 30 000 furent tués et 5 000 faits prisonniers, soit un taux de mortalité d'environ 75 pour cent, le plus élevé de toutes les branches de toutes les forces armées de la Seconde Guerre mondiale. Le mois de mai 1943 marqua le tournant décisif de la bataille de l'Atlantique. En ce seul mois, 43 U-Boote furent coulés, des pertes si catastrophiques que Dönitz ordonna le retrait temporaire de ses sous-marins de l'Atlantique Nord. Ce Black May signifia la défaite stratégique de la guerre sous-marine allemande, même si les U-Boote continuèrent à opérer jusqu'à la fin de la guerre. Les Alliés remportèrent la bataille de l'Atlantique grâce à une combinaison de facteurs. Le décryptage Ultra des communications Enigma permit de rerouter les convois autour des lignes de patrouille sous-marines. L'introduction du radar centimétrique rendit les U-Boote détectables même en surface de nuit. Les avions à très long rayon d'action fermèrent le Black Gap de l'Atlantique. Les porte-avions d'escorte fournirent une couverture aérienne permanente aux convois. Et la production massive des chantiers navals américains, notamment des Liberty ships, surpassa finalement les pertes causées par les U-Boote. La guerre sous-marine influença profondément la stratégie navale de la Guerre froide, les sous-marins nucléaires devenant l'arme principale des marines du monde entier.
L'analyse de la guerre sous-marine durant la Seconde Guerre mondiale révèle une confrontation technologique et stratégique d'une complexité remarquable, où chaque avancée d'un camp entraînait une réponse de l'autre dans une escalade permanente. Sur le plan stratégique, la décision de mener une guerre sous-marine était fondamentalement saine du point de vue allemand. La Grande-Bretagne, nation insulaire dépendante de ses importations, était vulnérable à un blocus maritime, et le sous-marin représentait l'arme la plus efficace en termes de rapport coût-efficacité pour une puissance ne disposant pas de la suprématie navale de surface. Dönitz avait correctement identifié le point faible de son adversaire et la meilleure arme pour l'exploiter. Cependant, plusieurs erreurs stratégiques et tactiques compromettèrent les chances de succès allemandes. La première et la plus fondamentale fut l'incapacité de construire un nombre suffisant de sous-marins avant le début du conflit. La décision de Hitler de privilégier la construction de grands navires de surface dans le cadre du Plan Z, au détriment des sous-marins, priva Dönitz des moyens nécessaires durant les premières années critiques de la guerre, lorsque les défenses alliées étaient les plus faibles. La seconde erreur fut la confiance excessive dans la sécurité du système de chiffrement Enigma. Les Allemands ne crurent jamais que leur code avait été brisé, malgré des indices troublants. Cette foi aveugle dans Enigma permit aux Alliés de lire les communications sous-marines pendant de longues périodes, routant les convois autour des embuscades et envoyant des forces anti-sous-marines aux positions exactes des U-Boote. Sur le plan technologique, la guerre sous-marine illustre parfaitement la course aux armements entre attaque et défense. Les Allemands développèrent de meilleures torpilles, le schnorchel permettant la recharge des batteries en immersion, et vers la fin de la guerre, les sous-marins de Type XXI et Type XXIII à propulsion électrique améliorée. Mais les Alliés gardèrent constamment l'avantage technologique avec le radar centimétrique, le Leigh Light pour l'illumination nocturne, les torpilles acoustiques à tête chercheuse, le Hedgehog et le Squid pour les charges de profondeur à projection avancée, et surtout la recherche opérationnelle qui optimisa systématiquement l'emploi de toutes ces armes. En définitive, la bataille de l'Atlantique fut la campagne la plus longue de la Seconde Guerre mondiale et l'une des plus déterminantes, car sa perte par les Alliés aurait rendu impossible tout débarquement en Europe et prolongé la guerre de manière incalculable.
Karl Dönitz visait à couler 700 000 tonnes de navires marchands par mois pour affamer la Grande-Bretagne. La tactique des meutes de loups (Rudeltaktik) rassemblait plusieurs U-Boote pour attaquer simultanément un convoi de nuit en surface, rendant les sous-marins indétectables par les sonars ASDIC. Le pic de la bataille de l'Atlantique fut atteint en mars 1943 avec plus de 600 000 tonnes coulées en un seul mois.
Sur environ 1 162 U-Boote engagés durant le conflit, 785 furent coulés, soit un taux de pertes supérieur à 67 %. Sur les quelque 40 000 sous-mariniers allemands, environ 30 000 furent tués et 5 000 faits prisonniers — un taux de mortalité d'environ 75 %, le plus élevé de toutes les branches de toutes les forces armées de la Seconde Guerre mondiale. Le mois de mai 1943 (Black May) vit à lui seul 43 U-Boote coulés.
En mai 1943, les Alliés déployèrent simultanément le radar centimétrique (détectant les U-Boote en surface de nuit), des avions à très long rayon d'action fermant le Black Gap de l'Atlantique, des porte-avions d'escorte et des groupes de chasseurs-tueurs. En ce seul mois, 43 sous-marins furent coulés — pertes si catastrophiques que Dönitz ordonna le retrait temporaire de ses forces de l'Atlantique Nord, signant la défaite stratégique de la guerre sous-marine allemande.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Blitzkrieg
La Blitzkrieg, ou guerre éclair, est une doctrine militaire allemande combinant blindés, aviation et infanterie motorisée pour percer les lignes ennemies et encercler rapidement les forces adverses, bouleversant l'art de la guerre moderne.

Bombardement stratégique
Le bombardement stratégique allié visa à détruire l'appareil industriel et militaire de l'Allemagne nazie par des raids aériens massifs, mêlant bombardements de précision américains de jour et bombardements de zone britanniques de nuit.

Défense en profondeur
La défense en profondeur soviétique consista à organiser des zones défensives successives sur des dizaines de kilomètres afin d'absorber les percées blindées allemandes, épuiser l'attaquant et préparer des contre-offensives décisives.

Island Hopping
L'Island Hopping, ou saute-mouton insulaire, fut la stratégie américaine consistant à contourner les garnisons japonaises fortifiées pour capturer des îles moins défendues, rapprochant progressivement les forces alliées du Japon.