
L'Empire du Japon, dirigé par l'empereur Hirohito et les militaristes au pouvoir, mena une guerre d'expansion en Asie et dans le Pacifique de 1937 à 1945, avant de capituler après les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki en août 1945.
L'Empire du Japon s'engagea dans la Seconde Guerre mondiale par étapes successives, bien avant que le conflit ne devienne mondial à grande échelle. L'agression japonaise en Asie commença dès 1931 avec l'invasion de la Mandchourie, un territoire chinois transformé en État fantoche sous le nom de Mandchoukouo. Cet acte d'agression, qui viola les principes de la Société des Nations, marqua le début de l'expansionnisme militaire japonais qui allait plonger l'Asie et le Pacifique dans une guerre dévastatrice. Le Japon quitta la Société des Nations en 1933, signalant son rejet de l'ordre international établi. La guerre sino-japonaise éclata à grande échelle en juillet 1937, après l'incident du pont Marco Polo près de Pékin. L'armée impériale japonaise envahit la Chine orientale avec une brutalité qui choqua le monde entier. Le massacre de Nankin, en décembre 1937, au cours duquel des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de civils et de prisonniers de guerre chinois furent massacrés, violés et torturés, constitua l'un des crimes de guerre les plus atroces du conflit. La guerre en Chine s'enlisa rapidement dans un conflit d'usure que le Japon ne parvint jamais à résoudre de manière décisive, absorbant des ressources militaires considérables sans aboutir à la victoire espérée. La signature du pacte tripartite avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste en septembre 1940 formalisa l'alliance de l'Axe et ancra le Japon dans le camp des puissances révisionnistes. L'effondrement de la France et des Pays-Bas en Europe ouvrit des perspectives d'expansion en Asie du Sud-Est, où les colonies françaises d'Indochine et les Indes orientales néerlandaises regorgeaient de ressources naturelles, notamment le pétrole, le caoutchouc et l'étain dont le Japon avait désespérément besoin. L'occupation de l'Indochine française en septembre 1940, avec l'assentiment du régime de Vichy, provoqua un embargo pétrolier américain qui accéléra la marche vers la guerre avec les États-Unis. L'attaque surprise contre Pearl Harbor le 7 décembre 1941 fut le coup d'envoi d'une offensive coordonnée d'une ampleur stupéfiante. Simultanément, les forces japonaises attaquèrent les Philippines, la Malaisie, Hong Kong, la Birmanie, les Indes orientales néerlandaises et des dizaines d'autres objectifs à travers l'Asie et le Pacifique. En seulement six mois, le Japon conquit un empire colonial d'une étendue considérable, s'étendant des frontières de l'Inde aux îles du Pacifique central. La chute de Singapour en février 1942, avec la reddition de plus de 80 000 soldats britanniques et du Commonwealth, fut décrite par Churchill comme la pire catastrophe de l'histoire militaire britannique. Le tournant de la guerre dans le Pacifique survint à la bataille de Midway en juin 1942, lorsque la marine américaine détruisit quatre porte-avions japonais, infligeant au Japon une perte irremplaçable en navires et en pilotes expérimentés. À partir de cette date, le Japon fut progressivement mis sur la défensive. La campagne de Guadalcanal, d'août 1942 à février 1943, confirma le renversement de la tendance. Les offensives américaines de saute-mouton dans le Pacifique central et la reconquête des Philippines en 1944-1945 rapprochèrent inexorablement les forces alliées du Japon métropolitain. Les dernières années de la guerre furent marquées par une résistance japonaise de plus en plus désespérée et fanatique. Les attaques kamikazes, lancées à grande échelle à partir d'octobre 1944, envoyèrent des milliers de jeunes pilotes japonais s'écraser délibérément sur les navires alliés. Les batailles d'Iwo Jima et d'Okinawa, en 1945, causèrent des pertes effroyables des deux côtés et laissèrent présager le coût astronomique qu'aurait représenté une invasion du Japon continental. Les bombardements incendiaires américains sur les villes japonaises, notamment le raid dévastateur sur Tokyo du 10 mars 1945 qui tua environ 100 000 personnes, ne parvinrent pas à briser la volonté des dirigeants militaristes. Ce furent les bombardements atomiques d'Hiroshima le 6 août et de Nagasaki le 9 août 1945, combinés à la déclaration de guerre soviétique le 8 août, qui précipitèrent la décision de l'empereur Hirohito d'accepter la reddition inconditionnelle, annoncée le 15 août 1945.
Les forces armées de l'Empire du Japon constituaient une machine militaire redoutable qui domina l'Asie et le Pacifique occidental pendant les premières années de la guerre. L'armée et la marine impériales japonaises, bien que rivales entre elles, formaient ensemble une force de combat d'une détermination et d'une férocité rarement égalées dans l'histoire militaire. Le code du Bushido, l'éthique guerrière traditionnelle des samouraïs, avait été réinterprété et exacerbé par le militarisme japonais pour créer une culture militaire qui valorisait le sacrifice suprême et considérait la reddition comme le déshonneur absolu. L'Armée impériale japonaise, la Rikugun, comptait environ 5,5 millions d'hommes à son apogée. Organisée en armées de zone, armées, divisions et régiments, elle était caractérisée par une infanterie endurante, disciplinée et capable de combattre dans les conditions les plus difficiles. Les soldats japonais étaient réputés pour leur frugalité, leur résistance physique et leur capacité à opérer avec un soutien logistique minimal. Dans les jungles de Birmanie, de Malaisie et des Philippines, l'infanterie japonaise démontra des qualités de combattant forestier qui surprirent et dépassèrent souvent les forces occidentales. Le char moyen Type 97 Chi-Ha et les autres blindés japonais, bien que légers et sous-armés par rapport aux standards occidentaux, se révélèrent efficaces dans les campagnes d'Asie du Sud-Est où le terrain limitait l'emploi de véhicules lourds. La Marine impériale japonaise, la Kaigun, était la troisième marine du monde au début de la guerre et possédait certains des navires les plus puissants jamais construits. Les cuirassés de la classe Yamato, avec leurs canons de 460 mm, étaient les plus grands et les plus puissants navires de guerre de l'histoire. La force aéronavale japonaise était superbement entraînée et disposait d'appareils de premier ordre, notamment le chasseur Mitsubishi A6M Zero, qui dominait le ciel du Pacifique au début de la guerre grâce à sa maniabilité exceptionnelle et son grand rayon d'action. Les pilotes japonais, formés selon des standards d'excellence extrêmement rigoureux, étaient individuellement parmi les meilleurs au monde en 1941. Cependant, les forces armées japonaises souffraient de faiblesses structurelles qui devinrent fatales à mesure que la guerre se prolongeait. La rivalité entre l'armée et la marine, qui fonctionnaient comme deux organisations pratiquement indépendantes, empêcha une coordination stratégique efficace. La doctrine industrielle japonaise ne parvint jamais à égaler la production de masse américaine, et la perte de pilotes et de marins expérimentés lors des grandes batailles navales de 1942 ne put être compensée par un programme d'entraînement trop lent et trop rigide. Le système logistique japonais, déjà insuffisant, fut progressivement étranglé par la guerre sous-marine américaine qui coula une proportion croissante de la marine marchande nippone. Les tactiques kamikazes, adoptées à partir de la bataille du golfe de Leyte en octobre 1944, représentèrent l'expression ultime de la culture du sacrifice qui imprégnait les forces armées japonaises. Des milliers de jeunes pilotes, souvent insuffisamment formés, furent envoyés à la mort dans des attaques suicides contre la flotte alliée. Si ces attaques causèrent des dommages significatifs, elles ne purent inverser le cours de la guerre et ne firent qu'accélérer l'épuisement des ressources aériennes japonaises. Les Kaiten, des torpilles humaines, et les Shinyo, des bateaux explosifs pilotés par des volontaires suicides, illustrèrent également cette logique de sacrifice désespéré. Le traitement des prisonniers de guerre par les forces japonaises constitue l'un des aspects les plus sombres de l'histoire militaire du Japon durant la Seconde Guerre mondiale. La Marche de la mort de Bataan, au cours de laquelle des milliers de prisonniers américains et philippins moururent d'épuisement, de maladies et de brutalités, le chemin de fer de la mort Birmanie-Siam construit par le travail forcé des prisonniers de guerre, et les conditions effroyables dans les camps de prisonniers japonais témoignèrent d'un mépris systématique des conventions de Genève. Le taux de mortalité parmi les prisonniers de guerre occidentaux détenus par le Japon atteignit environ 27 %, contre environ 4 % pour ceux détenus par l'Allemagne.
L'économie de l'Empire du Japon durant la Seconde Guerre mondiale fut caractérisée par un paradoxe fondamental : une puissance industrielle remarquable pour un pays asiatique de l'époque, mais largement insuffisante pour soutenir un conflit prolongé contre les États-Unis, la plus grande puissance industrielle du monde. Ce déséquilibre économique fondamental, que les dirigeants japonais avaient sous-estimé ou choisi d'ignorer, détermina en grande partie l'issue du conflit dans le Pacifique. Avant la guerre, le Japon avait réalisé une industrialisation impressionnante depuis la restauration Meiji de 1868. En moins de soixante-dix ans, le pays était passé d'une société féodale agraire à une puissance industrielle moderne capable de construire des cuirassés, des porte-avions et des avions de combat de qualité mondiale. Cependant, cette industrialisation restait fragile en raison de la dépendance quasi totale du Japon envers les importations de matières premières essentielles. Le Japon ne produisait que 7 % du pétrole dont il avait besoin, et dépendait également des importations pour le fer, le caoutchouc, l'aluminium et de nombreuses autres matières premières stratégiques. Cette vulnérabilité fut précisément le facteur qui poussa le Japon à se lancer dans la conquête de l'Asie du Sud-Est. L'embargo pétrolier imposé par les États-Unis en juillet 1941, en réponse à l'occupation japonaise de l'Indochine française, plaça le Japon devant un choix existentiel. Avec des réserves de pétrole estimées à dix-huit mois de consommation normale, le pays devait soit accepter de renoncer à ses ambitions expansionnistes et se soumettre aux exigences américaines, soit s'emparer par la force des gisements pétroliers des Indes orientales néerlandaises. Le choix de la guerre, malgré la disproportion des forces économiques, reposait sur l'espoir qu'une série de victoires rapides et décisives forcerait les Américains à négocier une paix de compromis. La production industrielle de guerre japonaise atteignit son pic en 1944, avec la fabrication d'environ 28 000 avions, un chiffre remarquable mais très inférieur aux quelque 100 000 avions produits par les États-Unis la même année. La construction navale japonaise, bien que techniquement excellente, ne put compenser les pertes infligées par les sous-marins et l'aviation américains. Le Japon construisit 15 porte-avions durant la guerre, contre 141 pour les États-Unis. La production de chars, d'artillerie et de véhicules motorisés fut également très insuffisante par rapport aux besoins, l'armée japonaise restant fortement dépendante de l'infanterie à pied et du transport animal. La mobilisation économique totale du Japon imposa des sacrifices considérables à la population civile. Le rationnement, en place depuis le début de la guerre en Chine en 1937, devint de plus en plus sévère à mesure que la guerre sous-marine américaine étranglait les approvisionnements. La ration alimentaire quotidienne tomba à des niveaux de quasi-famine dans les derniers mois de la guerre. Le travail forcé des populations des territoires occupés, notamment les Coréens et les Chinois employés dans les mines et les usines japonaises, constitua un pilier de l'économie de guerre, dans des conditions de brutalité qui causèrent la mort de centaines de milliers de travailleurs. Le système des zaibatsu, les grands conglomérats industriels et financiers comme Mitsubishi, Mitsui, Sumitomo et Yasuda, domina la production de guerre japonaise. Ces conglomérats, étroitement liés au pouvoir militaire et politique, contrôlaient la majeure partie de l'industrie lourde, de la construction navale et de la production d'armements. Leur collaboration avec le régime militariste fut totale, et ils profitèrent largement du pillage des territoires occupés et de l'exploitation du travail forcé. Après la guerre, les autorités d'occupation américaines tentèrent de démanteler les zaibatsu, mais nombre d'entre eux se reconstituèrent sous de nouvelles formes et devinrent les keiretsu qui dominèrent le miracle économique japonais d'après-guerre.
Le système politique de l'Empire du Japon durant la Seconde Guerre mondiale était une monarchie constitutionnelle en théorie, mais dans la pratique, il fonctionnait comme une dictature militaire dans laquelle les factions de l'armée et de la marine exerçaient un pouvoir prépondérant sur la politique nationale. L'empereur Hirohito, bien que théoriquement investi d'une autorité divine et absolue selon la constitution Meiji, régnait plus qu'il ne gouvernait, tandis que les décisions réelles étaient prises par les chefs militaires et les premiers ministres successifs qui naviguaient entre les factions rivales du pouvoir. La montée du militarisme japonais dans les années 1930 avait progressivement érodé les structures du gouvernement parlementaire mis en place durant l'ère Taisho. Les assassinats politiques, notamment celui du premier ministre Inukai Tsuyoshi en 1932 par de jeunes officiers de marine, avaient terrorisé la classe politique civile et ouvert la voie à la domination des militaires. Le concept de kokutai, l'essence nationale fondée sur la lignée divine de l'empereur, devint le pilier idéologique du régime, justifiant l'expansion impériale et la soumission absolue des individus à l'État. Le Kempeitai, la police militaire secrète, surveillait et réprimait toute dissidence avec une brutalité comparable à celle de la Gestapo nazie. Le premier ministre Tojo Hideki, qui dirigea le gouvernement d'octobre 1941 à juillet 1944, incarna le pouvoir militariste japonais durant la phase critique de la guerre. Ancien chef de la police militaire du Kwantung en Mandchourie, Tojo cumula les fonctions de premier ministre, ministre de la Guerre et chef d'état-major de l'armée, concentrant un pouvoir considérable. Cependant, son autorité n'était pas absolue, et il devait constamment composer avec les factions rivales de la marine, du commandement suprême et de la cour impériale. La chute de Saipan en juillet 1944, qui mit le Japon métropolitain à portée des bombardiers américains, provoqua la chute de Tojo et son remplacement par des gouvernements plus modérés qui commencèrent secrètement à envisager la possibilité d'une paix négociée. Le rôle de l'empereur Hirohito dans la conduite de la guerre reste l'un des sujets les plus débattus de l'historiographie de la Seconde Guerre mondiale. La position officielle d'après-guerre, soutenue par les autorités d'occupation américaines qui souhaitaient préserver la monarchie comme facteur de stabilité, présentait l'empereur comme un monarque constitutionnel passif, manipulé par les militaristes. Cependant, les recherches historiques plus récentes suggèrent que Hirohito joua un rôle plus actif qu'on ne le pensait, approuvant les grandes décisions stratégiques et étant régulièrement informé du déroulement des opérations militaires. Son intervention décisive pour accepter la capitulation en août 1945, contre l'avis d'une partie des militaires, fut néanmoins le moment le plus significatif de son règne. La propagande impériale japonaise créa un récit de guerre fondé sur la mission sacrée du Japon de libérer l'Asie de la domination occidentale et d'établir la Sphère de coprospérité de la Grande Asie orientale. Ce concept, qui promettait aux peuples asiatiques colonisés la liberté et la prospérité sous la direction bienveillante du Japon, masquait en réalité une exploitation coloniale brutale. Les médias japonais, entièrement contrôlés par l'État, ne rapportaient que les victoires et cachaient systématiquement les défaites, maintenant la population dans l'ignorance de la situation réelle jusqu'aux derniers mois de la guerre. La décision d'accepter la capitulation en août 1945 provoqua une crise politique majeure au sein du gouvernement japonais. Le Conseil suprême de guerre était divisé entre les partisans de la paix, menés par le ministre des Affaires étrangères Togo Shigenori, et les militaristes qui préconisaient la résistance jusqu'au bout, espérant infliger des pertes telles aux envahisseurs qu'ils obtiendraient des conditions de paix plus favorables. L'intervention personnelle de l'empereur Hirohito, lors de deux réunions impériales extraordinaires, trancha le débat en faveur de l'acceptation de la déclaration de Potsdam. Une tentative de coup d'État par des officiers fanatiques, qui tentèrent de s'emparer de l'enregistrement du discours de capitulation de l'empereur, échoua de justesse dans la nuit du 14 au 15 août 1945.
Le bilan de l'Empire du Japon dans la Seconde Guerre mondiale est celui d'une catastrophe nationale d'une ampleur sans précédent qui transforma radicalement le pays et l'ensemble de l'Asie orientale. La guerre initiée par le Japon pour établir un empire asiatique aboutit à la destruction de l'Empire lui-même, à l'occupation étrangère du pays pour la première fois de son histoire et à une transformation politique, sociale et économique fondamentale imposée par les vainqueurs. Les pertes humaines japonaises furent considérables. Environ 2,1 millions de militaires japonais périrent durant le conflit, auxquels s'ajoutent entre 500 000 et 800 000 civils, victimes principalement des bombardements incendiaires et atomiques des villes japonaises. Les bombardements sur Tokyo, Osaka, Nagoya, Kobe et des dizaines d'autres villes détruisirent environ 40 % de la surface urbaine totale du Japon. Les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki tuèrent entre 129 000 et 226 000 personnes, dont beaucoup moururent des effets des radiations dans les mois et les années qui suivirent. Au-delà des chiffres japonais, les victimes de l'agression nippone furent incomparablement plus nombreuses : la Chine perdit entre 15 et 20 millions de personnes, et les autres nations asiatiques occupées subirent des pertes se chiffrant en millions. La destruction matérielle du Japon fut immense. Les bombardements alliés détruisirent environ 2,5 millions de logements, laissant des millions de Japonais sans abri. L'infrastructure industrielle fut largement anéantie, la flotte marchande presque totalement coulée et le réseau de transport gravement endommagé. À la fin de la guerre, la production industrielle japonaise était tombée à environ 10 % de son niveau d'avant-guerre. La famine menaçait, et seule l'aide alimentaire fournie par les forces d'occupation américaines permit d'éviter une catastrophe humanitaire dans l'immédiat après-guerre. L'occupation américaine du Japon, sous le commandement du général Douglas MacArthur en tant que Commandant suprême des puissances alliées, dura de 1945 à 1952 et transforma fondamentalement le pays. Une nouvelle constitution, rédigée largement par les Américains et promulguée en 1947, renonça au droit de guerre, réduisit l'empereur au rôle de symbole de l'État sans pouvoir politique et instaura un régime parlementaire démocratique avec des droits fondamentaux garantis, notamment le suffrage féminin. Les forces armées furent dissoutes, les criminels de guerre jugés par le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient, les zaibatsu théoriquement démantelés et une réforme agraire radicale redistribua les terres aux paysans. Le Tribunal de Tokyo, qui siégea de 1946 à 1948, jugea 25 accusés principaux pour crimes de guerre, crimes contre la paix et crimes contre l'humanité. Sept accusés furent condamnés à mort et pendus, dont le général Tojo. Cependant, la décision américaine d'exempter l'empereur Hirohito de toute poursuite, motivée par des considérations politiques de stabilisation du pays, resta controversée. De même, l'unité 731, qui avait mené des expériences biologiques et chimiques atroces sur des prisonniers de guerre et des civils chinois, fut largement épargnée en échange du partage de ses recherches avec les Américains. Paradoxalement, la défaite totale du Japon posa les bases de sa renaissance spectaculaire. Libéré du fardeau du militarisme et de l'impérialisme, bénéficiant de la protection militaire américaine et d'une aide économique substantielle, le Japon se concentra sur la reconstruction et le développement économique. Le miracle économique japonais des années 1950 à 1980 transforma le pays en la deuxième puissance économique mondiale, démontrant que la voie de la prospérité passait par le commerce et l'industrie plutôt que par la conquête militaire. L'article 9 de la constitution japonaise, qui renonce à la guerre, devint un symbole du pacifisme nippon d'après-guerre, bien que son interprétation fasse l'objet de débats politiques récurrents jusqu'à nos jours.
L'Empereur Hirohito a annoncé la capitulation le 15 août 1945, après les bombardements atomiques d'Hiroshima (6 août) et Nagasaki (9 août), et la déclaration de guerre soviétique le 8 août. La cérémonie officielle a eu lieu le 2 septembre 1945 à bord de l'USS Missouri dans la baie de Tokyo. Une tentative de coup d'État par des officiers fanatiques voulant empêcher la diffusion du discours de capitulation a échoué de justesse dans la nuit du 14 au 15 août.
Le Japon ne produisait que 7 % du pétrole dont il avait besoin et dépendait de l'importation pour le fer, le caoutchouc et l'aluminium. En 1944, sa production d'avions atteignait 28 000 unités — remarquable, mais bien inférieure aux 100 000 avions américains la même année. Le Japon a construit 15 porte-avions durant la guerre contre 141 pour les États-Unis. La guerre sous-marine américaine a progressivement étranglé la marine marchande japonaise, rendant la défaite inévitable.
Le Bushido, éthique guerrière des samouraïs, avait été réinterprété par le militarisme japonais pour valoriser le sacrifice absolu et considérer la reddition comme le déshonneur suprême. Cette culture explique les attaques kamikazes lancées à grande échelle à partir d'octobre 1944, les batailles d'Iwo Jima et Okinawa où les défenseurs préféraient mourir en masse, et le taux de mortalité de 27 % parmi les prisonniers de guerre alliés en captivité japonaise, contre 4 % pour ceux détenus par l'Allemagne.
Informations recoupées avec Wikipedia et des ouvrages historiques de référence.

Allemagne nazie
Le Troisième Reich, dirigé par Adolf Hitler de 1933 à 1945, a plongé le monde dans la Seconde Guerre mondiale et perpétré l'Holocauste, causant des dizaines de millions de morts avant sa capitulation inconditionnelle en mai 1945.

Union soviétique
L'Union des républiques socialistes soviétiques, dirigée par Joseph Staline durant la Seconde Guerre mondiale, joua un rôle déterminant dans la défaite de l'Allemagne nazie au prix de 27 millions de morts, les pertes les plus lourdes de tout le conflit.

États-Unis
Les États-Unis d'Amérique, entrés en guerre après l'attaque de Pearl Harbor le 7 décembre 1941, devinrent l'arsenal de la démocratie et la puissance industrielle et militaire décisive qui contribua à la victoire des Alliés sur les deux théâtres d'opérations.

Royaume-Uni
Le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, dirigé par Winston Churchill à partir de mai 1940, fut la seule grande puissance européenne à combattre l'Allemagne nazie sans interruption de septembre 1939 à mai 1945, incarnant la résistance face à la tyrannie.