
Xiphactinus
Xiphactinus vécut durant le Crétacé supérieur, il y a environ 112 à 66 millions d'années (de l'Albien tardif au Maastrichtien terminal). Cette période correspond à l'apogée de la Voie Maritime Intérieure Occidentale (Western Interior Seaway), une vaste mer épicontinentale peu profonde qui divisait l'Amérique du Nord en deux masses terrestres distinctes : la Laramidie à l'ouest et l'Appalachie à l'est. Le climat global était alors considérablement plus chaud qu'aujourd'hui, avec des températures océaniques élevées favorisant une biodiversité marine exceptionnelle. Xiphactinus régnait en maître sur ces eaux riches en proies, partageant son habitat avec des mosasaures géants, des plésiosaures et d'innombrables espèces de poissons. Il disparut lors de l'extinction massive du Crétacé-Paléogène il y a 66 millions d'années.
Xiphactinus comptait parmi les plus grands poissons osseux prédateurs de tous les temps. Les adultes atteignaient régulièrement 5 à 6 mètres de longueur, soit l'équivalent d'un grand requin blanc moderne, pour un poids estimé entre 230 et 500 kilogrammes. Son corps était allongé et fuselé, avec une profondeur corporelle d'environ 1,2 mètre, conférant une silhouette massive et puissante. Sa queue profonde et fourchue, attachée au corps par une base étroite, lui procurait une puissance de nage considérable et des capacités d'accélération impressionnantes. Sa tête massive représentait une proportion importante de la longueur totale, armée de mâchoires garnies de dents acérées en forme de crocs pouvant mesurer plusieurs centimètres de longueur.
Prédateur vorace et piscivore, Xiphactinus occupait le sommet de la chaîne alimentaire parmi les poissons osseux du Crétacé supérieur. Au moins douze spécimens fossiles ont été découverts avec les restes de grandes proies non digérées ou partiellement digérées dans leur estomac, témoignant d'un appétit insatiable. Le cas le plus spectaculaire est le célébrissime spécimen « poisson-dans-un-poisson » découvert par George F. Sternberg : un Xiphactinus de 4,2 mètres contenant un Gillicus arcuatus de 1,9 mètre presque parfaitement préservé. La proie, avalée entière, aurait provoqué la mort du prédateur en perforant un organe interne en se débattant. Ce comportement de prédation gloutonne rappelle celui des tarpons et barracudas actuels, qui engloutissent leurs proies d'un seul coup.
Xiphactinus vivait principalement dans la Voie Maritime Intérieure Occidentale, une mer épicontinentale chaude et peu profonde qui s'étendait du golfe du Mexique jusqu'à l'océan Arctique, créant un environnement marin exceptionnellement productif. Les eaux riches en nutriments abritaient une faune diverse comprenant des mosasaures, des plésiosaures, des requins, des tortues marines et d'innombrables espèces de poissons osseux formant la base de son régime alimentaire. Les juvéniles préféraient les marges côtières peu profondes, profitant de la protection contre les grands prédateurs et des ressources alimentaires abondantes, tandis que les adultes chassaient en pleine eau. Des fossiles ont également été trouvés dans des formations crétacées en Europe, en Australie, au Venezuela et en Argentine, indiquant une distribution géographique quasi mondiale dans les mers chaudes du Crétacé supérieur.
L'anatomie de Xiphactinus était remarquablement adaptée à la prédation active dans les eaux ouvertes. Sa tête massive, qui lui a valu le surnom de « poisson bouledogue », portait des mâchoires puissantes armées de dents en forme de crocs mesurant plusieurs centimètres, idéales pour saisir et maintenir des proies glissantes. Ses nageoires pectorales étaient soutenues par des rayons osseux solides et larges, lui donnant une apparence ailée distinctive et une excellente manoeuvrabilité. Sa colonne vertébrale comptait plus de 100 vertèbres, offrant une flexibilité remarquable pour les changements de direction rapides lors de la poursuite de proies. Sa nageoire caudale, profonde et fourchue avec une base étroite, générait une poussée puissante parfaitement adaptée aux accélérations explosives caractéristiques des prédateurs d'embuscade marine.
Xiphactinus était un chasseur actif et agressif des mers crétacées, combinant vraisemblablement des stratégies d'embuscade et de poursuite courte. Des études géochimiques publiées en 2020 suggèrent qu'il était possiblement endotherme (à sang chaud), ce qui en ferait l'un des plus anciens poissons osseux connus dotés de cette capacité remarquable. Cette thermorégulation lui aurait conféré un avantage considérable : une température corporelle supérieure à celle de l'eau environnante, permettant des pointes de vitesse et une endurance supérieures à celles de ses proies ectothermes. Sa stratégie de chasse consistait principalement à avaler ses proies entières d'un seul mouvement, comme en témoignent les nombreux fossiles contenant des poissons intacts dans l'estomac. Cette gourmandise pouvait cependant s'avérer fatale lorsque les proies trop volumineuses causaient des blessures internes mortelles.
Les premiers fossiles de Xiphactinus furent découverts dans les années 1850 dans la craie de Niobrara au Kansas, et l'espèce type X. audax fut formellement décrite par le paléontologue Joseph Leidy en 1870. Le Kansas demeure le site le plus prolifique, notamment les formations de Niobrara Chalk, Carlile Shale et Greenhorn Limestone, qui ont livré des dizaines de spécimens remarquablement complets. Le spécimen le plus célèbre au monde, le « poisson-dans-un-poisson », fut collecté par George F. Sternberg dans le comté de Gove, au Kansas, et est aujourd'hui exposé au Sternberg Museum of Natural History de Hays. Ce fossile spectaculaire montre un Xiphactinus de 4,2 mètres avec un Gillicus arcuatus de 1,9 mètre presque intact dans son estomac, offrant un témoignage exceptionnel des interactions prédateur-proie du Crétacé. Des fossiles ont aussi été trouvés en Géorgie, en Alabama, en Caroline du Nord, au New Jersey, en Alberta (Canada), en Europe, en Australie, au Venezuela et en Argentine. Trois espèces sont reconnues : X. audax, X. vetus et X. australis.
| Période | Crétacé supérieur / Late Cretaceous |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 112-66 Ma |
| Localisation | Amérique du Nord (Kansas), Europe, Australie, Argentine / North America (Kansas), Europe, Australia, Argentina |
| Longueur | 5-6 m |
| Hauteur | ~1.2 m |
| Poids | 230-500 kg |
| Découverte | 1870 |
Non. Xiphactinus audax était un poisson osseux (classe Actinopterygii, famille Ichthyodectidae), pas un dinosaure. Ce grand prédateur marin du Crétacé supérieur mesurait 5 à 6 mètres et pesait entre 230 et 500 kilogrammes. Il coexistait avec les dinosaures il y a 112 à 66 millions d'années dans la Voie Maritime Intérieure Occidentale, mais appartenait au groupe des poissons osseux téléostéens.
Le spécimen collecté par George F. Sternberg dans le comté de Gove, Kansas, et exposé au Sternberg Museum of Natural History de Hays, montre un Xiphactinus audax de 4,2 mètres contenant un Gillicus arcuatus de 1,9 mètre presque parfaitement préservé dans son estomac. La proie, avalée entière, aurait perforé un organe interne en se débattant, causant la mort du prédateur. Au moins douze spécimens similaires sont connus.
Une étude géochimique publiée en 2020 a suggéré que Xiphactinus audax était possiblement endotherme — capable de maintenir une température corporelle supérieure à celle de l'eau environnante. S'il est confirmé, Xiphactinus serait l'un des plus anciens poissons osseux endothermes connus. Cette thermorégulation lui aurait conféré des pointes de vitesse et une endurance supérieures à celles de ses proies ectothermes.

Reconstitution de Xiphactinus audax, le « poisson bouledogue » du Crétacé
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Squelette fossile complet de Xiphactinus audax au Sternberg Museum
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Le célèbre « poisson-dans-un-poisson » : Xiphactinus avec un Gillicus dans son estomac
James St. John / Wikimedia Commons