
Tanystropheus
Tanystropheus vécut durant le Trias moyen, il y a environ 242 à 228 millions d'années, aux étages Anisien à Norien. Cette période correspond à une ère charnière de l'histoire de la vie sur Terre, alors que les écosystèmes marins et côtiers se remettaient lentement de la dévastatrice extinction de masse du Permien-Trias, la plus meurtrière de tous les temps, qui avait anéanti environ 96 % des espèces marines. Le supercontinent Pangée dominait encore la géographie mondiale, et l'océan Téthys, bordant ses rivages méridionaux, offrait des eaux côtières chaudes et peu profondes riches en poissons et en invertébrés. Tanystropheus partageait son environnement avec les premiers nothosaures, les placodontes et les premiers ichthyosaures, dans un monde où les reptiles commençaient tout juste à reconquérir les mers après la grande extinction.
Tanystropheus longobardicus atteignait une longueur totale d'environ 6 mètres, ce qui en faisait un animal imposant pour son époque. La caractéristique la plus stupéfiante de cet animal est sans conteste son cou, qui mesurait à lui seul environ 3 mètres — soit plus de la moitié de la longueur totale du corps. Ce cou extraordinairement allongé était disproportionné par rapport au reste du corps : le tronc était relativement compact et la queue de longueur modérée. Son poids est estimé entre 100 et 150 kilogrammes. Le crâne, petit et triangulaire, semblait presque ridiculement minuscule au bout de ce cou interminable. Cette morphologie unique en fait l'un des reptiles les plus reconnaissables et les plus bizarres de toute l'ère mésozoïque, défiant l'imagination même des paléontologues les plus chevronnés.
Tanystropheus était un piscivore spécialisé qui se nourrissait principalement de poissons et de céphalopodes capturés dans les eaux côtières peu profondes de la Téthys. Ses dents coniques et pointues, implantées dans un museau étroit et allongé, étaient parfaitement adaptées pour saisir des proies glissantes comme les poissons et les petits calmars. La stratégie de chasse la plus probable impliquait une technique d'embuscade : Tanystropheus restait immobile sur le rivage ou dans les eaux très peu profondes, puis projetait rapidement son long cou pour surprendre les poissons qui passaient à proximité, un peu à la manière des hérons modernes. Des analyses isotopiques récentes ont confirmé que les grands spécimens adultes avaient un régime alimentaire principalement aquatique, tandis que les juvéniles pouvaient avoir un régime plus varié incluant des insectes et des invertébrés terrestres.
Tanystropheus habitait les rivages côtiers de l'océan Téthys, un vaste plan d'eau tropical à subtropical qui séparait les masses continentales de Laurasia au nord et de Gondwana au sud durant le Trias. Ses fossiles ont été découverts principalement dans les formations calcaires du Monte San Giorgio, à la frontière italo-suisse, un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO pour la richesse exceptionnelle de sa faune fossile du Trias moyen. D'autres spécimens ont été retrouvés en Israël, en Allemagne et dans d'autres régions bordant l'ancienne Téthys. L'habitat privilégié semble avoir été les lagunes côtières, les baies protégées et les zones littorales peu profondes, des environnements offrant à la fois un accès à des proies marines abondantes et des zones de repos terrestre. Le débat persiste quant à savoir si Tanystropheus était un animal semi-aquatique passant du temps sur terre et en mer, ou un animal principalement aquatique ne retournant à terre que pour se reproduire.
L'anatomie de Tanystropheus est dominée par son cou absurdement allongé, l'une des structures les plus extraordinaires du règne animal. Ce cou contenait seulement 13 vertèbres cervicales — un nombre étonnamment faible — mais chacune d'entre elles était extrêmement allongée, certaines mesurant individuellement plus de 20 centimètres de long. Des côtes cervicales fines et allongées longeaient le cou, le rigidifiant partiellement et suggérant que le cou n'était pas aussi flexible qu'on pourrait l'imaginer. Le crâne était petit, aplati et doté de narines positionnées sur le dessus, facilitant la respiration en surface. Les dents étaient coniques, pointues et légèrement recourbées, idéales pour capturer des proies glissantes. Le tronc était relativement court et robuste, avec des membres postérieurs puissants et des membres antérieurs plus graciles. La queue était longue et pouvait avoir servi de gouvernail en nage ou de balancier sur terre.
Le comportement de Tanystropheus fait l'objet d'un débat scientifique passionnant depuis des décennies. La question centrale est de savoir si cet animal était principalement aquatique, semi-aquatique ou essentiellement terrestre chassant depuis le rivage. Une étude majeure publiée en 2020 utilisant la tomographie par ordinateur haute résolution a scanné le crâne de Tanystropheus et a révélé que ses narines étaient positionnées sur le dessus du crâne, une adaptation typique des animaux aquatiques ou semi-aquatiques. De plus, l'analyse isotopique de l'oxygène dans les os a montré des valeurs compatibles avec un mode de vie principalement aquatique. L'hypothèse la plus acceptée aujourd'hui est que Tanystropheus était un prédateur d'embuscade semi-aquatique, restant immobile dans les eaux peu profondes ou sur les rochers côtiers, puis projetant soudainement son cou rigide vers les poissons de passage — une technique comparable à celle du héron cendré moderne.
Les premiers fossiles de Tanystropheus furent décrits en 1886 par le paléontologue italien Francesco Bassani, initialement à partir de vertèbres cervicales isolées trouvées dans les calcaires du Trias moyen de Besano, en Italie du Nord. Ces vertèbres, extraordinairement allongées, furent d'abord prises pour des os d'aile de ptérosaure géant, une erreur compréhensible étant donné leur forme inhabituelle. Le nom Tanystropheus fut établi par Francesco Bassani (du grec tanys « long » et strophé « vertèbre »). C'est au Monte San Giorgio, le célèbre gisement fossilifère italo-suisse classé par l'UNESCO, que les spécimens les plus complets ont été exhumés au cours du XXe siècle, permettant enfin de reconstituer l'incroyable morphologie de l'animal. En 2020, Tanystropheus est devenu viral sur les réseaux sociaux lorsqu'une étude majeure de Stephan Spiekman et ses collègues, utilisant des scans CT haute résolution, a révélé de nouveaux détails anatomiques et confirmé le mode de vie aquatique. Les proportions absurdes de l'animal — un cou représentant plus de la moitié de la longueur totale — en ont fait une sensation sur Internet et un favori des mèmes paléontologiques.
| Période | Trias moyen / Middle Triassic |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | 242-228 Ma |
| Localisation | Suisse, Italie, Israël / Switzerland, Italy, Israel |
| Longueur | 6 m |
| Hauteur | ~0.5 m |
| Poids | 100-150 kg |
| Régime | Piscivore |
| Découverte | 1886 |
Non. Tanystropheus longobardicus était un archosauromorphe de la famille des Tanystropheidae, un reptile du Trias moyen (242-228 Ma) sans lien avec les dinosaures. Il vivait avant les premiers dinosaures et appartient à une lignée distincte qui n'a jamais évolué vers les dinosauriens. Ses fossiles ont été découverts principalement au Monte San Giorgio (Italie/Suisse, site UNESCO) et en Israël.
Tanystropheus longobardicus n'avait que 13 vertèbres cervicales pour un cou de 3 mètres — plus de la moitié de sa longueur totale de 6 mètres. Chaque vertèbre était individuellement extrêmement allongée (certaines dépassant 20 cm), avec des côtes cervicales rigidifiantes, ce qui rendait le cou partiellement rigide plutôt qu'ondulant. Ce système est radicalement différent de celui des plésiosaures, qui avaient des dizaines de courtes vertèbres.
Une étude majeure publiée en 2020 par Stephan Spiekman et al. a utilisé des scans CT haute résolution du crâne de Tanystropheus longobardicus et révélé que ses narines étaient positionnées sur le dessus du museau — une adaptation typique des vertébrés semi-aquatiques. L'analyse isotopique de l'oxygène osseux a confirmé un mode de vie principalement aquatique, les adultes se nourrissant de poissons et de céphalopodes dans les eaux côtières de la Téthys.

Tanystropheus longobardicus au cou démesurément long
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Tanystropheus longobardicus, un reptile au cou plus long que son corps
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