
Supersaure
Le Supersaurus vivait au Jurassique supérieur, il y a environ 153 millions d'années, durant l'étage Kimméridgien. Il fait partie de la riche faune de la Formation de Morrison, célèbre pour ses gisements exceptionnels de dinosaures géants en Amérique du Nord occidentale. Cette période correspond à l'apogée de la diversité des sauropodes diplodocoïdes, avec des genres comme Diplodocus, Apatosaurus et Barosaurus coexistant dans le même écosystème. Le climat du Jurassique supérieur était chaud et relativement humide, favorisant une végétation luxuriante de conifères, de ginkgos et de fougères arborescentes. Le Supersaurus représente l'un des sommets de l'évolution des diplodocidés en termes de taille, illustrant la course au gigantisme qui caractérise cette famille.
Le Supersaurus est l'un des dinosaures les plus longs jamais découverts, avec une longueur estimée de 33 à 42 mètres selon les reconstructions les plus récentes. Son poids est estimé entre 35 et 40 tonnes, ce qui en faisait un animal d'une masse considérable mais relativement léger pour sa longueur comparé aux titanosaures. La majeure partie de cette longueur extraordinaire provient de son cou et de sa queue immensément allongés, caractéristiques typiques des diplodocidés. Une seule vertèbre dorsale mesure environ 1,4 mètre de haut. Sa hauteur au niveau des épaules atteignait environ 5 à 6 mètres, et lorsqu'il relevait son cou, il pouvait probablement atteindre plus de 15 mètres. La queue, en forme de fouet, était composée de dizaines de vertèbres qui s'amincissaient progressivement.
Herbivore strict, le Supersaurus se nourrissait principalement de végétation basse à moyenne, contrairement aux brachiosauridés qui exploitaient la canopée. Sa dentition, composée de dents en forme de crayons disposées uniquement à l'avant de la mâchoire, était adaptée pour arracher les feuilles des branches plutôt que pour mâcher. Comme les autres diplodocidés, il utilisait probablement un mouvement de peigne avec ses dents pour stripper les branches de leur feuillage. Son cou extraordinairement long lui permettait de couvrir une vaste zone alimentaire sans déplacer son corps massif, économisant ainsi une énergie précieuse. On estime qu'un adulte devait consommer entre 200 et 400 kilogrammes de matière végétale quotidiennement pour maintenir sa masse corporelle.
Le Supersaurus habitait les plaines semi-arides et les zones ripicoles de l'ouest de l'Amérique du Nord, principalement dans la Formation de Morrison qui s'étend du Colorado au Wyoming. L'environnement était caractérisé par des saisons alternées sèches et humides, avec des rivières saisonnières bordées de forêts de conifères, de ginkgos et de fougères. Le site principal de découverte, la Dry Mesa Quarry dans le Colorado, était situé dans un ancien lit de rivière où les carcasses de dinosaures s'accumulaient naturellement. Le Supersaurus coexistait avec une faune diverse comprenant d'autres sauropodes géants comme Diplodocus et Apatosaurus, ainsi que des prédateurs redoutables comme Allosaurus et Torvosaurus. La végétation devait être suffisamment abondante pour nourrir cette assemblée de géants herbivores.
L'anatomie du Supersaurus est typique des diplodocidés mais portée à l'extrême en termes de dimensions. Son crâne, probablement similaire à celui de Diplodocus, était relativement petit et allongé par rapport à la taille de son corps, avec des narines positionnées vers le haut. Les vertèbres cervicales étaient fortement pneumatisées, contenant des poches d'air internes qui allégeaient considérablement le poids du cou tout en maintenant sa résistance structurelle. La colonne vertébrale présentait des processus épineux bifurqués caractéristiques des diplodocidés, servant de points d'attache pour les puissants muscles et ligaments qui soutenaient le cou et la queue. Les membres étaient colonnaires et robustes, adaptés pour supporter un poids de plusieurs dizaines de tonnes. La queue se terminait par un fouet fin capable de produire des claquements soniques dépassant le mur du son.
Le Supersaurus se déplaçait probablement en petits groupes ou en troupeaux lâches, parcourant les plaines à la recherche de zones riches en végétation. Sa taille adulte colossale le rendait pratiquement invulnérable aux prédateurs, même à un grand Allosaurus. Les juvéniles, en revanche, étaient des proies vulnérables et devaient probablement rester au centre du groupe pour bénéficier de la protection des adultes. La queue en fouet servait probablement à la fois de défense contre les prédateurs et de moyen de communication, pouvant produire des claquements soniques audibles à grande distance. Des études biomécaniques suggèrent une vitesse de marche d'environ 5 à 8 km/h. Le long cou permettait de brouter sur une large zone sans se déplacer, une adaptation énergétiquement efficace pour un animal de cette taille.
Le Supersaurus a été découvert en 1972 par Vivian Jones dans la carrière de Dry Mesa, dans le comté de Mesa, Colorado. Le paléontologue James Jensen décrivit initialement les restes en 1985, nommant l'espèce Supersaurus vivianae en l'honneur de sa découvreuse. La découverte initiale était confuse car des ossements de plusieurs dinosaures géants étaient mélangés sur le site, incluant des restes attribués à « Ultrasaurus » et « Dystylosaurus », qui furent ensuite reconnus comme appartenant au Supersaurus ou à d'autres genres. En 1996, un spécimen beaucoup plus complet (WDC DMJ-021, surnommé « Jimbo ») fut découvert dans le Wyoming par la Western Dinosaur Company, révolutionnant notre compréhension de cet animal. Ce spécimen, environ 30% complet, confirma que le Supersaurus était bien un diplodocidé géant et non un brachiosauridé comme Jensen l'avait initialement suggéré.
| Période | Jurassique supérieur / Late Jurassic |
| Ère | Mésozoïque / Mesozoic |
| Âge | ~153 Ma |
| Localisation | Amérique du Nord (Colorado, Wyoming) / North America (Colorado, Wyoming) |
| Longueur | 33-42 m |
| Hauteur | ~5-6 m |
| Poids | 35-40 tonnes |
| Régime | Herbivore |
| Découverte | 1972 |
Supersaurus vivianae est estimé à 33-42 mètres de long pour 35-40 tonnes, ce qui en fait l'un des dinosaures les plus longs jamais découverts. Contrairement à Diplodocus (25-27 m), Supersaurus atteignait des dimensions extrêmes tout en partageant le même plan corporel diplodocidé : cou et queue hyper-allongés, crâne petit, dents en crayons. Les deux coexistaient dans la Formation de Morrison, au Jurassique supérieur (environ 153 Ma).
Supersaurus vivianae fut découvert en 1972 par Vivian Jones dans la carrière de Dry Mesa, comté de Mesa, Colorado. Le paléontologue James Jensen décrivit les restes en 1985 et nomma l'espèce en l'honneur de la découvreuse. La découverte initiale était complexe car des os de plusieurs géants étaient mélangés sur le site. Un second spécimen (WDC DMJ-021, surnommé « Jimbo ») découvert dans le Wyoming en 1996 confirma qu'il s'agissait d'un diplodocidé géant.
Des études biomécaniques ont modélisé que la queue en fouet des diplodocidés comme Supersaurus vivianae pouvait, en se déployant rapidement, faire claquer son extrémité fine à une vitesse supérieure à 340 m/s (vitesse du son), produisant un bang sonique. Cette hypothèse reste débattue — certains chercheurs estiment que les contraintes biomécaniques limitaient la vitesse réelle — mais constitue l'une des explications les plus plausibles pour l'utilisation défensive et communicative de la queue.

Reconstitution de Supersaurus vivianae
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Squelette monté de Supersaurus au musée
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