
Diprotodon
Le Diprotodon vécut durant le Pléistocène, il y a environ 1,6 million d'années jusqu'à sa disparition il y a approximativement 44 000 ans, coïncidant étroitement avec l'arrivée des premiers humains sur le continent australien. Ce marsupial géant faisait partie intégrante de la spectaculaire mégafaune australienne du Pléistocène, un assemblage unique d'animaux de grande taille qui évolua en isolation sur le continent-île pendant des millions d'années. Diprotodon est considéré comme le plus grand marsupial ayant jamais existé, surpassant en masse tous les marsupiaux modernes et fossiles connus. Son extinction fait partie d'une vague massive de disparitions qui élimina la quasi-totalité de la mégafaune australienne en quelques millénaires, un événement attribué principalement à la pression de chasse humaine et à l'utilisation du feu par les premiers Aborigènes, bien que les changements climatiques du Pléistocène tardif aient probablement joué un rôle aggravant dans la fragmentation de ses habitats.
Le Diprotodon était un animal d'une taille colossale pour un marsupial, atteignant environ 3 mètres de longueur du museau à la base de la queue et une hauteur impressionnante de 1,8 mètre au garrot. Son poids estimé avoisinait les 2,8 tonnes, ce qui en fait de loin le plus grand marsupial de tous les temps — plus lourd qu'un rhinocéros blanc moderne et rivalisant en masse avec certains petits éléphants. Par comparaison, le plus grand marsupial vivant aujourd'hui, le kangourou roux, ne pèse qu'environ 90 kg, soit plus de trente fois moins que Diprotodon. Les mâles étaient sensiblement plus grands que les femelles, un dimorphisme sexuel marqué suggérant une compétition entre mâles pour l'accès aux femelles. Sa carrure massive, avec des membres robustes et un torse en forme de tonneau, lui donnait une silhouette imposante qui dominait les plaines australiennes du Pléistocène.
Diprotodon était un herbivore strict qui se nourrissait d'une grande variété de végétaux, incluant des feuilles d'arbres et d'arbustes, des plantes buissonnantes, des herbes et des graminées selon la disponibilité saisonnière et régionale. L'analyse isotopique du carbone et de l'oxygène contenu dans l'émail dentaire de plusieurs spécimens révèle un régime mixte de brouteur-paisseur, combinant la consommation de feuillage d'arbres et d'arbustes (plantes en C3) avec celle de graminées tropicales (plantes en C4). Ses dents jugales présentaient des crêtes transversales adaptées au broyage efficace de matière végétale fibreuse. Les incisives supérieures proéminentes, caractéristiques du genre, servaient probablement à arracher des branches feuillues et à déraciner des plantes basses. Un adulte devait consommer des quantités considérables de végétation quotidiennement pour maintenir sa masse corporelle énorme, parcourant de vastes territoires à la recherche de pâturages frais.
Le Diprotodon occupait une remarquable diversité d'habitats à travers l'ensemble du continent australien, démontrant une adaptabilité écologique impressionnante pour un animal de si grande taille. Des fossiles ont été découverts dans pratiquement toutes les régions de l'Australie, des forêts tropicales humides du Queensland aux plaines semi-arides de l'intérieur, en passant par les boisements tempérés du sud-est et les savanes ouvertes de l'ouest. Il fréquentait préférentiellement les zones proches de points d'eau permanents — lacs, rivières et marécages — où la végétation était plus abondante et diversifiée. La découverte de nombreux spécimens dans d'anciens lits de lacs asséchés, notamment au lac Callabonna en Australie-Méridionale, suggère que ces points d'eau étaient des lieux de rassemblement cruciaux. Pendant les périodes de sécheresse intense, les Diprotodon convergeaient vers les dernières sources d'eau restantes, ce qui pouvait mener à des mortalités massives.
L'anatomie du Diprotodon évoquait celle d'un wombat de proportions gigantesques, ce qui n'est pas surprenant puisque les wombats modernes comptent parmi ses plus proches parents vivants au sein des Vombatiformes. Son crâne massif, pouvant atteindre un mètre de longueur, était caractérisé par une paire de grandes incisives supérieures orientées vers l'avant — le trait distinctif des diprotodontes qui donne son nom à l'ordre entier. Sa mâchoire puissante abritait des molaires à crêtes transversales parfaitement adaptées au broyage de végétation coriace. Le squelette postcrânien révèle un animal aux membres robustes et relativement courts, avec une posture distinctive en pieds tournés vers l'intérieur (pigeon-toed), semblable à celle des wombats actuels. Cette démarche particulière est clairement visible dans les empreintes fossiles préservées. Comme tous les marsupiaux, la femelle Diprotodon possédait une poche marsupiale orientée vers l'arrière, dans laquelle elle portait et allaitait son petit durant les premiers mois de sa vie.
Les indices paléontologiques suggèrent que le Diprotodon était un animal grégaire vivant en troupeaux, à l'instar de nombreux grands herbivores modernes. Cette hypothèse est solidement étayée par la découverte au lac Callabonna d'un vaste site de mortalité de masse contenant des dizaines d'individus de tous âges et des deux sexes, morts ensemble probablement en s'enlisant dans la boue d'un lac en cours d'assèchement. L'analyse isotopique de l'oxygène dans l'émail dentaire de spécimens provenant de différentes régions a révélé des signatures compatibles avec des migrations saisonnières régulières, parcourant des distances considérables pour suivre les ressources alimentaires et les sources d'eau au fil des saisons. Les femelles transportaient leurs petits dans leur poche marsupiale orientée vers l'arrière, les protégeant des prédateurs comme le Thylacoleo (lion marsupial). Le dimorphisme sexuel important entre mâles et femelles laisse supposer des combats ou des démonstrations entre mâles rivaux pendant les périodes de reproduction.
Le genre Diprotodon fut décrit pour la première fois en 1838 par le célèbre paléontologue britannique Sir Richard Owen, à partir de fossiles découverts dans des grottes près de Wellington, en Nouvelle-Galles du Sud. Owen, qui inventerait plus tard le terme « dinosaure » en 1842, reconnut immédiatement l'importance de cet animal gigantesque pour la compréhension de la faune marsupiale. Le site le plus spectaculaire est sans conteste le lac Callabonna en Australie-Méridionale, où une réel hécatombe de Diprotodon fut mise au jour à la fin du XIXe siècle — des dizaines de squelettes complets ou quasi complets, préservés dans les sédiments d'un ancien lac, offrant un aperçu sans précédent de la biologie de population de l'espèce. Des fossiles de Diprotodon ont été retrouvés dans tous les États australiens, témoignant de sa distribution continentale. Les traditions orales des peuples aborigènes contiennent des récits frappants décrivant des créatures géantes ressemblant au Diprotodon, connues sous divers noms dans le Temps du Rêve, suggérant une coexistence prolongée entre humains et mégafaune et une transmission culturelle remarquablement durable de ces souvenirs.
| Période | Pléistocène / Pleistocene |
| Ère | Cénozoïque / Cenozoic |
| Âge | 1,6 Ma - 44 000 ans |
| Localisation | Australie (toutes régions) / Australia (all regions) |
| Longueur | 3.0 m |
| Hauteur | 1.8 m (au garrot / at shoulder) |
| Poids | 2.8 tonnes |
| Régime | Herbivore |
Diprotodon optatum atteignait 3 mètres de long et 1,8 mètre au garrot pour un poids d'environ 2,8 tonnes — plus lourd qu'un rhinocéros blanc et de loin le plus grand marsupial de tous les temps. Par comparaison, le kangourou roux, le plus grand marsupial vivant, ne pèse qu'environ 90 kg. Les mâles étaient sensiblement plus grands que les femelles.
L'extinction de Diprotodon optatum coïncide étroitement avec l'arrivée des premiers humains en Australie. La plupart des paléontologues attribuent principalement la disparition de cet animal et de la mégafaune australienne à la pression de chasse humaine et à l'utilisation du feu par les premiers Aborigènes, les changements climatiques du Pléistocène tardif ayant vraisemblablement aggravé la fragmentation de ses habitats.
Le site majeur est le lac Callabonna en Australie-Méridionale, où des dizaines de squelettes complets ou quasi complets de Diprotodon optatum ont été exhumés dans des sédiments d'un lac ancien — un site de mortalité de masse probablement causé par l'enlisement dans la boue lors de l'assèchement. Le genre fut décrit en 1838 par Sir Richard Owen à partir de fossiles de grottes près de Wellington, Nouvelle-Galles du Sud.

Reconstitution de Diprotodon optatum
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Squelette de Diprotodon australis
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