
Andrewsarchus
Andrewsarchus vécut durant l'Éocène moyen, il y a environ 45 à 36 millions d'années, dans ce qui est aujourd'hui la Mongolie. Ce mammifère appartient à l'ordre des Artiodactyla, ce qui en fait paradoxalement un parent éloigné des baleines et des hippopotames plutôt que des carnivores modernes. Il fut nommé en 1924 par le paléontologue Henry Fairfield Osborn en l'honneur de Roy Chapman Andrews, le célèbre explorateur et directeur de l'American Museum of Natural History qui dirigea les expéditions en Mongolie dans les années 1920. L'Éocène moyen était caractérisé par un climat subtropical humide en Asie centrale, avec des forêts denses et des plaines marécageuses qui offraient un habitat riche en proies et en végétation. Andrewsarchus représente l'une des dernières tentatives évolutives de produire un méga-prédateur terrestre parmi les ongulés avant que les vrais carnivores (Carnivora) ne dominent définitivement les niches de prédateurs.
Andrewsarchus est souvent présenté comme le plus grand mammifère carnivore terrestre ayant jamais existé, bien que cette estimation repose uniquement sur un crâne unique et des extrapolations. Son crâne mesure 83,4 centimètres de long et 56 centimètres de large, ce qui en fait le plus grand crâne connu parmi tous les mammifères terrestres prédateurs. En extrapolant à partir des proportions de ses parents les plus proches, les mésonychidés et les entélodontes, les paléontologues estiment une longueur corporelle totale d'environ 3,5 à 4 mètres et une hauteur au garrot de 1,5 à 1,8 mètre. Les estimations de poids varient considérablement, allant de 400 kg à plus d'une tonne, selon le modèle corporel utilisé pour la reconstruction. La taille massive de son crâne suggère une mâchoire d'une puissance considérable, probablement capable de broyer les os de grands herbivores de l'Éocène.
Le régime alimentaire d'Andrewsarchus fait l'objet de débats scientifiques intenses en raison du manque de fossiles post-crâniens. L'analyse de sa dentition révèle des dents à la fois tranchantes et émoussées, suggérant un régime omnivore ou un mode d'alimentation de type charognard-prédateur opportuniste. Ses prémolaires robustes et ses molaires aplaties étaient capables de broyer des os et des coquillages, tandis que ses canines imposantes indiquent une capacité prédatrice. Certains paléontologues proposent qu'Andrewsarchus fréquentait les littoraux de la mer de Téthys, se nourrissant de carcasses de baleines échouées, de tortues marines et de mollusques. D'autres suggèrent un comportement de charognard terrestre, profitant des carcasses laissées par d'autres prédateurs ou chassant activement des herbivores de taille moyenne. Son apparentement aux entélodontes, eux-mêmes omnivores, renforce l'hypothèse d'un régime alimentaire varié et opportuniste.
Andrewsarchus vivait dans la formation d'Irdin Manha en Mongolie intérieure, une région qui, durant l'Éocène moyen, était couverte de forêts subtropicales et de plaines côtières bordant l'ancienne mer de Téthys. Le climat était nettement plus chaud et humide qu'aujourd'hui, avec des températures moyennes supérieures de 10 à 15 degrés aux valeurs actuelles. L'habitat probable d'Andrewsarchus comprenait des zones littorales riches en ressources marines échouées, des plaines alluviales parcourues par de grands herbivores, et des forêts ouvertes offrant un couvert pour l'embuscade. La Mongolie de l'Éocène abritait une faune diverse incluant des brontothères, des rhinocéros primitifs et des créodontes, formant un écosystème riche où un méga-prédateur opportuniste pouvait prospérer. La disparition progressive de la mer de Téthys et l'assèchement du climat asiatique ont probablement contribué à l'extinction d'Andrewsarchus.
L'anatomie d'Andrewsarchus n'est connue que par un seul crâne remarquablement complet, découvert en 1923 lors de la troisième expédition d'Asie centrale de l'American Museum of Natural History. Ce crâne massif présente un museau allongé et étroit à l'avant, s'élargissant considérablement vers l'arrière au niveau des arcades zygomatiques, indiquant des muscles masticateurs extrêmement puissants. La formule dentaire complète comprend des incisives robustes, des canines imposantes, des prémolaires adaptées au broyage et des molaires émoussées typiques d'un omnivore ou d'un broyeur d'os. La crête sagittale proéminente sur le dessus du crâne servait de point d'ancrage pour des muscles temporaux massifs, augmentant considérablement la force de morsure. L'absence de tout élément post-crânien rend la reconstruction du corps hautement spéculative, et les représentations artistiques varient énormément selon que l'on se base sur les mésonychidés, les entélodontes ou les hippopotames comme modèle.
Le comportement d'Andrewsarchus reste largement hypothétique en raison de l'absence de fossiles post-crâniens et de la découverte d'un seul individu. En s'appuyant sur ses parents les plus proches, les entélodontes et les mésonychidés, les paléontologues suggèrent un mode de vie solitaire ou en petits groupes familiaux, parcourant de vastes territoires à la recherche de nourriture. Sa dentition omnivore indique un animal hautement adaptable, capable de modifier son régime selon les saisons et la disponibilité des ressources. Comme les entélodontes, Andrewsarchus pratiquait probablement le kleptoparasitisme, volant les proies d'autres prédateurs grâce à sa taille intimidante. Sa mâchoire puissante lui permettait d'accéder à la moelle osseuse, une ressource nutritive ignorée par les prédateurs moins spécialisés. L'hypothèse d'un comportement côtier, comparable à celui de l'ours brun moderne qui pêche le saumon, est séduisante mais reste non confirmée.
L'unique fossile connu d'Andrewsarchus mongoliensis est un crâne presque complet découvert en 1923 par Kan Chuen Pao, membre de la troisième expédition d'Asie centrale organisée par l'American Museum of Natural History sous la direction de Roy Chapman Andrews. Le crâne fut trouvé dans la formation d'Irdin Manha, en Mongolie intérieure, dans des sédiments datant de l'Éocène moyen (environ 45 millions d'années). Henry Fairfield Osborn décrivit et nomma l'espèce en 1924, la dédiant à Andrews. Le spécimen holotype, catalogué sous le numéro AMNH 20135, est conservé à l'American Museum of Natural History de New York, où il reste l'un des crânes fossiles les plus impressionnants exposés au public. Malgré près d'un siècle de recherches supplémentaires en Mongolie et en Chine, aucun autre fossile n'a été attribué avec certitude à Andrewsarchus. Cette rareté extrême rend sa classification phylogénétique instable : initialement placé parmi les mésonychidés, il est aujourd'hui plus souvent rapproché des entélodontes ou considéré comme un artiodactyle basal.
| Période | Éocène moyen / Middle Eocene |
| Ère | Cénozoïque / Cenozoic |
| Âge | 45 - 36 Ma |
| Localisation | Mongolie (Asie centrale) / Mongolia (Central Asia) |
| Longueur | 3.5-4 m (estimé / estimated) |
| Hauteur | 1.5-1.8 m (au garrot / at shoulder, estimé / estimated) |
| Poids | 400 kg - 1 000 kg (estimé / estimated) |
| Régime | Omnivore |
| Découverte | 1923 |
Andrewsarchus mongoliensis n'est connu que par un crâne de 83,4 cm de long et 56 cm de large. En extrapolant à partir de ses parents (entélodontes), les paléontologues estiment une longueur de 3,5 à 4 mètres et un poids entre 400 kg et 1 tonne. Ces chiffres restent spéculatifs : aucun os du corps n'a jamais été retrouvé.
Non, Andrewsarchus mongoliensis était un mammifère de l'ordre des Artiodactyla, apparu bien après l'extinction des dinosaures non-aviens, il y a environ 45 à 36 millions d'années durant l'Éocène moyen. Il est paradoxalement plus proche des hippopotames et des baleines que des vrais carnivores.
La classification d'Andrewsarchus mongoliensis est instable parce qu'un seul crâne (spécimen AMNH 20135) a été découvert depuis 1923, malgré un siècle de fouilles en Mongolie. Initialement placé chez les mésonychidés, il est aujourd'hui rapproché des entélodontes ou considéré comme un artiodactyle basal. Sans squelette postcranien, les phylogénies restent débattues.
Les informations de cette fiche sont basées sur des publications scientifiques à comité de lecture.

Reconstitution artistique d'Andrewsarchus mongoliensis, le plus grand mammifère carnivore terrestre connu
Dmitry Bogdanov, Public domain

Crâne d'Andrewsarchus mongoliensis, le seul fossile connu de cette espèce (AMNH)
Ghedoghedo, CC BY-SA 3.0